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"Nous sommes déçus par les options financières actuelles."

Nouveaux modèles d'avenir

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Xavier Lombard, CEO de Seraphin, et son équipe. © Christophe Ketels

De nouveaux venus dans le monde des banques et des assurances ébranlent des modèles classiques, voire dépassés.

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“Pourquoi est-il impossible, en Belgique, de gérer ses assurances aussi aisément qu’un compte bancaire?”, se demandait Xavier Lombard il y a quelques années. “Il est déjà possible de réaliser une simulation en ligne sur le site de l’assureur, mais il faut attendre que les documents arrivent par la poste pour les signer.” Cet étonnement a incité le CEO de Seraphin à créer le premier courtier numérique de Belgique. Xavier Lombard veut ainsi apporter plus de clarté sur un marché qu’il juge opaque: “Pour le commun des mortels, il est presque impossible de comparer les tarifs et la couverture des différents contrats d’assurance.

Il est tout aussi difficile de faire la distinction entre assurance indispensable, utile et superflue.” Il donne l’exemple de l’assistance juridique, en option pour de nombreux produits d’assurance. “Non seulement il est plus intéressant financièrement de souscrire une assurance assistance juridique générale, mais celle-ci sera en plus véritablement indépendante”, soulignet- il. “Dans les autres cas, l’assureur est souvent juge et partie.” En fonction du profil du visiteur, le site de Seraphin analyse toute une série d’assurances en quelques minutes. Le courtier cherche les meilleures options parmi 16 compagnies qui font partie de son panel, dont Bâloise et PMV.

"Pour le commun des mortels, il est presque impossible de comparer les tarifs et la couverture des différents contrats."
Xavier Lombard CEO de Seraphin

 “Nous ne nous contentons pas de comparer les tarifs car cela nous ferait perdre l’élément de qualité”, précise Xavier Lombard. Via un tableau de bord personnalisé, les clients sont informés en permanence des assurances qu’ils détiennent. Dans la mesure où la start-up tire ses revenus des commissions des compagnies d’assurances, aucun supplément de frais n’est facturé aux utilisateurs par rapport aux autres canaux par lesquels ils pourraient souscrire à ces produits. La vente numérique débutera réellement à la fin de l’année. “Dans une première phase, les assurances proposées ne seront pas particulièrement complexes”, indique Xavier Lombard.

“Nous nous attaquons à cette numérisation par degré de complexité croissant. Pour l’instant, notre offre se compose exclusivement de nonvie (dénomination courante des assurances couvrant l’incendie, les accidents et les risques divers, NDLR). Nous comptons néanmoins proposer des assurances-vie d’ici un à deux ans.” En cas de dommages, c’est Seraphin qui est l’interlocuteur du client, et non l’assureur. “En tant que courtier, nous apportons réellement une valeur ajoutée dans ce domaine.

En cas de sinistre, les clients établissent souvent une déclaration erronée, ce qui a des conséquences directes sur l’indemnisation. Nous les aidons à remplir une déclaration correcte et désignons, si nécessaire, un expert pour défendre leurs intérêts.” Pour l’instant, le site n’est disponible qu’en français, mais une version en néerlandais est prévue pour bientôt. Seraphin mise sur un portefeuille de 3.500 clients d’ici la fin de l’année, et porte déjà ses regards vers l’étranger.

Nicolas Bindel, cofondateur de Swanest, et son équipe.  © SWANEST Nicolas Bindel, cofondateur de Swanest, et son équipe. © SWANEST

Idéalistes

 À l’instar du secteur des assurances, le monde des banques compte des idéalistes avides de changer les choses. “En tant qu’investisseurs particuliers, nous sommes déçus des options qui nous sont proposées aujourd’hui”, avancet- on chez les fondateurs de Swanest. “Elles sont complexes, chronophages et bien peu transparentes. Et les conseils de qualité sont réservés à une élite!” Avec sa plateforme en ligne, qui combine conseils automatiques et possibilités de simulation pour mieux informer l’investisseur, Swanest a l’ambition d’améliorer cette situation. Elle peut, pour cela, compter sur un soutien solide: créée il y a deux ans à peine, la startup, qui a ouvert des bureaux à Bruxelles et à Londres, vient de bénéficier d’une injection de capital de l’investisseur belge Philippe Gillion de 750.000 euros.

“Quiconque souhaite investir en Bourse doit répondre à des questions complexes: Swanest est là pour aider l’investisseur en tenant compte de son profil et, sur cette base, lui fournir des conseils automatisés”, résume Nicolas Bindels, cofondateur de l’entreprise. Pour le moment, il n’est possible que de composer un portefeuille et d’en vérifier les risques et les rendements attendus. “À l’avenir, nous voulons donner aux clients la possibilité de négocier des titres sur notre plateforme. Ils pourront s’y rendre pour se connecter avec leur banque ou leur courtier, comme Bolero, KBC, Keytrade et ING. Nous percevrons alors un petit pourcentage du montant investi.”

"A l’avenir, nous voulons donner aux clients la possibilité de négocier des titres sur notre plateforme."
Nicolas Bindels Cofondateur de Swanest

“Swanest va plus loin que les robots-conseillers de Betterment et Wealthfront”, insiste Nicolas Bindels. “Ces derniers élaborent une stratégie d’investissement via des algorithmes et un questionnaire pour définir le profil de l’investisseur. À une tolérance donnée pour les risques correspond un portefeuille défini. Problème: tous ceux qui présentent un risque identique obtiennent une proposition identique. Par contre, nous nous adressons aux investisseurs qui attachent de l’importance à des portefeuilles personnalisables. Ces derniers peuvent être composés d’actions, de trackers et de fonds de placement.”

Un an après l’ouverture de sa connexion avec la Bourse, Swanest espère recruter plus de 1.000 clients qui investiront activement sur sa plateforme. Aujourd’hui, l’entreprise se tourne vers le marché britannique, “Le plus mûr pour profiter d’initiatives de ce type”, conclut Nicolas Bindels. “L’objectif demeure néanmoins de passer rapidement à l’échelle européenne.” 

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