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"Du sur mesure pour les patients."

L'impression 3D au service du secteur de la santé

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Dans le secteur des soins de santé, l’importance de l’impression 3D ne cesse d’augmenter. Ses avantages sont légion, les prothèses et implants pouvant être produits plus rapidement et sur mesure. Quant à la technologie de bio-impression – à savoir l’impression de tissus vivants – elle n’en est encore qu’à ses balbutiements.

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Comme son nom l’indique, une imprimante 3D imprime des objets en trois dimensions par l’accumulation de couches successives. Dans le secteur médical, on recourt de plus en plus souvent aux applications que permettent ces imprimantes 3D. L’impression de prothèses standard, d’instruments et de gabarits est plus rapide, mais aussi moins chère. Autre avantage: ce processus permet de réaliser des pièces sur mesure. Et la technologie 3D est également très appréciée en chirurgie. Grâce au scan imprimé, le chirurgien peut mieux préparer son intervention, ce qui lui permet de gagner du temps et de l’argent.

L’impression 3D et la chirurgie

Dans notre pays, Melotte, 3D Systems et Materialise sont les sociétés actives dans l’impression 3D pour le secteur de la santé. “La technologie de l’impression 3D a un taux de pénétration élevé dans de nombreux domaines”, explique Fried Vancraen, CEO de Materialise. Il fait référence à la dentisterie, entre autres. “Grâce à la 3D, il est tout à fait possible de fabriquer des pièces sur mesure pour l’orthodontie (couronnes, bridges et implants). En orthopédie également, la 3D marque des points pour les modèles anatomiques, les accessoires chirurgicaux et les implants pour genoux, hanches, épaules et chevilles. D’autre part, l’imprimante 3D est un instrument important en matière d’assistance robotique pour la chirurgie du cerveau.”

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Dans certains domaines, l’impression 3D ne jouit pas du même taux de pénétration, bien que cette technologie apporte une grande valeur ajoutée. Ainsi, Materialise a développé des attelles trachéales pour les bébés souffrant de trachéomalacie (faiblesse cartilagineuse avec compression de la trachée). “Si l’on place temporairement un stent résorbable à l’extérieur de la trachée du bébé et non à l’intérieur, il n’aura pas besoin d’assistance respiratoire. Nous comptons au total quelques centaines de bébés en Europe qui en souffrent. L’application est en phase clinique et nous nous attendons à ce qu’elle soit généralisée dans les cinq ans.”

Bio-impression

La technologie des imprimantes 3D ne se limite pas à la fabrication de membres artificiels. Les recherches en matière d’impression de tissus vivants, comme une vessie ou des vaisseaux sanguins, ne sont déjà plus de la science-fiction. Les scientifiques de la Carnegie Mellon University ont développé des couches d’hydrogel permettant d’imprimer des tissus humains, comme les artères coronaires. Aux Pays-Bas, Ernst Jan Bos, chirurgien du VU Medisch Centrum, mène des recherches dans le domaine de la reconstruction faciale des grands brûlés.

Pour ces patients, il reconstitue de nouvelles oreilles en fabriquant en 3D le moule d’une oreille et en le remplissant de gel, de cartilages et de cellules souches du patient pour permettre au cartilage de se reformer. Cette technologie n’en est encore qu’à ses balbutiements. Parfois, les implants fonctionnent correctement, mais les choses se compliquent lors de la transplantation in vivo. Materialise émet donc des réserves envers ces premières applications de bioimpression.

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L’entreprise envisage les implants résorbables pour un rôle de soutien temporaire, tout en laissant au corps le soin de reconstituer l’organe. “Pour le moment, le corps reste le meilleur bio-réacteur”, souligne Vancraen. “Bien entendu, c’est spectaculaire de faire croître des parties du corps en laboratoire, mais l’implantation provoque souvent plus de problèmes que quand on laisse le potentiel régénérateur du corps humain prendre le relais. La question est de savoir si c’est encore du domaine de l’impression 3D. La prudence est de mise.”  

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