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"Nous aidons les gens à visualiser leur corps sans la douleur."

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La douleur et les maladies chroniques pèsent sur la qualité de vie des patients. En faisant appel à la réalité augmentée et au télémonitoring, des start-ups innovantes permettent d’améliorer leur bien-être.

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“Il est difficile de chiffrer exactement le nombre de Belges souffrant de douleurs chroniques, mais les experts l’estiment à 9% de la population”, témoigne Martin Teller, CEO d’Arturo. “En 2010, parmi ce million de personnes, seules 400.000 étaient inscrites dans une clinique de la douleur où elles ont pu bénéficier d’un traitement.” L’objectif de la start-up Arturo, spécialisée en soins de santé, est d’améliorer la qualité de vie des patients souffrant de douleurs chroniques en les réduisant sensiblement. Ces dernières peuvent être les séquelles d’un accident de voiture, de travail, ou même d’une opération.

Prenons l’exemple du syndrome du canal carpien dû à la compression et à l’inflammation du nerf médian dans la zone du poignet. “Dans certains cas, le scanner ne décèlera aucune anomalie, alors que la douleur de ces patients est bien réelle”, explique Teller. “Elle peut être insupportable au point qu’ils ne sont plus en état de mener une vie psychologiquement équilibrée. Ils ne trouvent pas un environnement de travail adapté à leur situation et se retrouvent socialement isolés.”

Augmented reality

Le logiciel Arturo utilise la réalité augmentée. Les patients portent un masque de réalité virtuelle qui leur montre en temps réel une image réaliste d’une fausse réalité. Cela peut sembler étrange, mais c’est essentiel pour tromper le cerveau qui émet des signaux de douleur pour le reprogrammer. Prenons un exemple: un homme ressent une douleur au niveau de la main gauche. En intervertissant virtuellement la main droite et la main gauche, il voit sa main gauche bouger à travers le masque alors qu’en réalité, c’est sa main droite qui bouge.

“Voilà comment nous aidons les gens à imaginer leur corps sans la douleur: ils effectuent les mouvements avec la partie du corps qui les fait souffrir, mais sans ressentir de douleur.” De la même manière, Arturo peut réduire les douleurs fantômes en remplaçant virtuellement un membre amputé. Les premiers résultats sont impressionnants: grâce au logiciel et au masque, l’intensité de la douleur baisse de 35% sur l’échelle visuelle analogique (un instrument permettant de mesurer la douleur).

"Le télémonitoring permet de mieux suivre le patient et, donc, de mieux le soigner."

En cas de douleur aiguë, elle peut même chuter de 50%. Ces traitements sont utilisés dans les hôpitaux universitaires bruxellois de l’ULB et de la VUB, mais ce n’est pas systématique. “Nos patients demandent d’emporter des prototypes chez eux, mais ces équipements sont encore trop chers”, explique Teller. “Àterme, cela devrait être possible, après une petite formation, de leur permettre d’emporter une version plus accessible d’Arturo.”

 Télémonitoring

En cas de maladies chroniques également, les nouvelles technologies permettent d’améliorer la qualité de vie des patients. “Les maladies chroniques représentent 80% des dépenses de soins de santé en Belgique”, explique Shahram Sharif, CEO de LindaCare. “Avec le contrôle à distance, il sera possible d’assurer un meilleur suivi et donc d’améliorer la qualité des soins.”

C’est précisément ce que fait OnePulse, la plateforme logicielle de la start-up, en centralisant toutes les données des implants médicaux. Le nom de l’entreprise fait référence à l’infirmière qui a témoigné, lors d’un hackathon de Microsoft, des problèmes quotidiens qu’elle rencontrait dans son travail. Car le problème, c’est que les prestataires de soins, comme les hôpitaux, reçoivent différents signaux d’implants médicaux, de wearables et d’autres appareils utilisés chez eux par les malades chroniques. Les fabricants disposent chacun de leur propre plate-forme, ce qui complique le suivi des équipes médicales.

LindaCare compile et harmonise ces données, et transmet, via une plateforme informatique unique, un aperçu précis de l’ensemble des alertes de télésurveillance. De ce fait, tous les prestataires de soins disposent d’un aperçu clair de la santé du patient, et peuvent intervenir si les paramètres indiquent une détérioration de son état de santé, par exemple en adaptant la posologie de ses médicaments ou en demandant au patient de se présenter à l’hôpital. Les données peuvent aussi être reliées au dossier médical informatisé.

Les avantages sont nombreux. “Non seulement nous allégeons le planning des infirmières, nous les aidons également à fixer des priorités, ce qui leur permet de traiter en priorité les patients qui présentent les risques les plus importants”, explique Sharif. “Tout cela améliore la qualité des soins.” Actuellement, la start-up est en phase de commercialisation dans cinq pays et il n’y a donc pas encore d’informations sur le chiffre d’affaires et le nombre de patients bénéficiant du système.

Mais, d’après Sharif, le marché est énorme. “Nous comptons aujourd’hui, dans le monde, 10 millions de personnes ayant ce type d’implant, dont 20 à 40% sont gérés à distance. Notre objectif, c’est de faciliter ce processus afin que chaque patient puisse bénéficier de ce suivi.” Même si LindaCare se focalise principalement sur les patients souffrant d’arythmie ou de pathologies cardiaques chroniques, la start-up compte élargir la plateforme à d’autres maladies pouvant être contrôlées à distance, comme le diabète et les maladies pulmonaires obstructives chroniques (ou MPOC).  

 

Shahram Sharif (centre) et l’équipe de LindaCare: 

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