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 © Diego Franssens
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Premières mondiales belges au bloc opératoire

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Des chirurgiens belges ont récemment développé des techniques opératoires particulièrement innovantes. Celles-ci constituent une avancée significative pour de nombreuses opérations courantes ou chirurgies lourdes.

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La chirurgie cardiaque peu invasive existe depuis la fin du siècle dernier. “Grâce à ces techniques, on touche aussi peu que possible au corps du patient, tout en obtenant d’aussi bons résultats sur le plan chirurgical. De plus, la convalescence est plus courte”, explique le docteur Alaaddin Yilmaz, chirurgien cardiaque à l’hôpital Virga Jesse de Hasselt. “Dans le cas d’une chirurgie cardiaque classique, on ouvre la cage thoracique et la convalescence dure six mois.

Avec la nouvelle technique, la guérison prend de deux à trois semaines, voire un mois maximum pour les patients âgés de plus de 80 ans.” Longtemps, ces techniques mini-invasives ont été principalement réservées au remplacement de la valve mitrale entre l’oreillette gauche et le ventricule gauche, intervention qui représente de 20 à 30% des chirurgies cardiaques. Il y a quelques années, le docteur Yilmaz a développé une nouvelle technique permettant de réaliser des interventions au niveau des artères coronaires de manière aussi peu invasive que possible, une première mondiale.

"Grâce à la robotique, la durée de la convalescence est passée de trois mois à trois semaines."

“Ces opérations représentent 60% des opérations du coeur. Elles n’exigent plus l’ouverture de la cage thoracique”, explique-t-il. “Et elles permettent de réaliser un ou plusieurs pontages. La période de convalescence est passée de trois à six mois à deux à trois semaines actuellement.” C’est, et de loin, la principale innovation de ces dernières années en chirurgie cardiaque. L’impact de cette technique sur le coût des soins de santé n’a pas encore été étudié, mais Alaaddin Yilmaz peut déjà en observer les conséquences au centre de cardiologie où il travaille.

“Les patients restent hospitalisés quatre à cinq jours de moins et la convalescence est beaucoup plus rapide. Les analyses des coûts doivent encore être réalisées, mais les économies promettent d’être spectaculaires.”

Chirurgie assistée par robot

 L’urologue Alexandre Mottrie de l’hôpital Onze-Lieve-Vrouw d’Alost est un spécialiste du traitement du cancer de la prostate. Il utilise une technique de chirurgie assistée par robot qu’il a développée. “Enlever une tumeur cancéreuse au niveau de la prostate est particulièrement délicat. Il faut pratiquer une incision près de la vessie, du nerf érecteur et d’autres tissus fragiles, au millimètre près. Faite à la main, cette opération est extrêmement difficile, d’autant que la visibilité est très limitée”, explique le docteur Mottrie.

“Grâce à un robot équipé d’une caméra, on a une visibilité parfaite sur l’organe dans la cavité abdominale. En tenant compte du fait que ce que l’on voit est inversé comme dans un miroir, on peut alors faire ‘virtuellement’ avec les mains les mouvements que le robot reproduira minutieusement”, poursuit-il. Cette technique de chirurgie assistée par robot permet d’accélérer la guérison, mais aussi de réduire les risques d’incontinence et d’impuissance en plus de limiter la douleur.

"Les économies pourraient être spectaculaires."
Alaaddin Yilmaz Virga Jesse Ziekenhuis, Hasselt

Le docteur Mottrie nous parle d’une situation comparable concernant le recours aux robots lors de l’ablation d’une tumeur au rein. “C’était également une opération particulièrement difficile. La moitié des patients l’ayant subie se retrouvaient sous dialyse permanente dans les dix ans, souffraient d’insuffisance cardiaque ou décédaient. Aujourd’hui, ils souffrent moins, ils perdent moins de sang et ils peuvent reprendre leur travail plus rapidement. Avant, la convalescence durait de six semaines à trois mois; maintenant les patients sont sur pied environ trois semaines après l’intervention.”

Budgétairement positif

Actuellement, la technique du docteur Mottrie est utilisée dans plus de trente hôpitaux belges. Dans le monde entier, on compte près de 3.500 robots actifs dans les blocs opératoires. Une étude britannique révèle que l’investissement requis par cette technique devient rentable à partir de 150 interventions par an. Cela s’explique par la réduction du recours aux analgésiques et aux protections externes, ainsi que par la rapidité de la convalescence.  

 


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