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L’usine de Nyrstar comme batterie virtuelle

Henk Leendertse, General Manager de Nyrstar Budel

Nyrstar envisage d’utiliser son hall d'électrolyse comme une batterie virtuelle. La fonderie de zinc veut ainsi compenser les fortes fluctuations de l’approvisionnement en électricité verte et contribuer à la stabilité du réseau à haute tension belge. Quant à savoir comment, c’est ce que nous explique Henk Leendertse, General Manager de Nyrstar Budel (Pays-Bas).

À quoi ressemble cette batterie virtuelle? “Ce n’est évidemment pas comparable à une vraie batterie”, sourit Henk Leendertse. “L’idée est que le hall d’électrolyse de la fonderie se dote d’une capacité de traitement supplémentaire afin de pouvoir immédiatement convertir en zinc un pic d’électricité verte – lors des journées très venteuses ou ensoleillées.”

“Et lorsqu’il n’y a pas ou pas beaucoup d’électricité verte disponible, nous réduisons la production de zinc. Dans l’ensemble, la production totale de zinc demeure identique mais le processus de production s’adapte aux circonstances. Grâce à la flexibilité du processus d’électrolyse, nos fonderies sont idéales pour servir de batterie virtuelle.”

Notre batterie virtuelle permet de transformer l’excédent d’électricité verte de manière flexible.
Henk Leendertse
General Manager de Nyrstar Budel

L’énergie verte est par définition volatile, cependant. Même si Nyrstar puise déjà de l’énergie de parcs solaires et éoliens, l’énergie solaire n’est disponible qu’en journée et nul ne peut contrôler le vent. Cette variabilité n’engendre pas seulement de l’incertitude sur le réseau à haute tension, elle freine de facto le développement futur de la production d’électricité verte. Le projet de batterie virtuelle de Nyrstar apporte une solution à ces deux problèmes.

Plus d’investissements

“À l’heure actuelle, des montants et des moyens importants sont consacrés à la recherche sur les possibilités de constituer des réserves d’énergie verte”, indique Henk Leendertse. “Notre batterie virtuelle permet de transformer l’excédent d'électricité verte de manière flexible, directement sous la forme de zinc et donc sans recours à des tampons.”

Nyrstar analyse la faisabilité de ce projet de batterie virtuelle sur tous ses sites européens. “Cela nécessite des investissements, car pour pouvoir traiter et ‘stocker’ davantage d’électricité, il faut augmenter la capacité.”

Nyrstar envisage d’utiliser son hall d'électrolyse comme une batterie virtuelle.

La création de cette capacité d’électrolyse supplémentaire exige un investissement considérable. “On dépasse vite les 150 millions d’euros. D’un point de vue purement économique, nous ne sommes pas en mesure de financer seuls ce montant. Trois éléments détermineront la faisabilité de ce projet: les subsides des pouvoirs publics, nationaux ou européens, les crédits d’investissement et le renforcement du réseau à haute tension.”

Cinq ans

Nyrstar compte qu’il faudra quatre à cinq ans pour venir à bout de ce projet. “Au regard des objectifs de développement durable que l’Europe s’est fixés pour 2030, il est grand temps que l’on puisse s’atteler à la tâche”, conclut Henk Leendertse.

“Toutes les parties prenantes doivent impérativement collaborer dans ce sens, responsables politiques, autorités et gestionnaires de réseau. Chacun fait preuve d’enthousiasme face à nos projets; à présent, il faut l’adhésion de tous pour donner vie à cette idée géniale.”

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