reportage

La première unité scoute de réfugiés

Les activités du groupe sont expliquées en anglais et en arabe.

Basée dans le nord de la Grèce, Hope - Scouts of Katsikas est la première unité scoute de réfugiés au monde. Rencontre avec Clarisse van der Straten, à l'origine du projet.

Petite, Clarisse van der Straten rêvait déjà de travailler dans l'humanitaire. Son diplôme de l'IHECS en poche, cette jeune Nivelloise veut acquérir de l'expérience de terrain à l'étranger. Après la Flandre, elle promène son sac à dos dans les pays baltes et en Finlande, avant de le poser en Grèce en juin 2016. "Je ne pensais pas me rendre dans un camp de réfugiés, mais à force d'en entendre parler, qu'on me mette en garde…" À son arrivée à Katsikas, elle devient volontaire bénévole: "Mon seul projet était d'être utile." Côtoyer les jeunes réfugiés lui donne l'idée de fonder une unité scoute. "Les ados étaient livrés à eux-mêmes. Certains tombaient dans la délinquance.

En arrivant en Grèce, je n'avais pas de projet, hormis celui d'être utile.
Clarisse van der Straten
Initiatrice du projet
Clarisse van der Straten, Hope - Scouts of Katsikas ©DOC

 

Deux troupes de 15 scouts et une de 15 guides, âgés de 11 à 17 ans, voient le jour. Ahmad, un Kurde de 19 ans, veut faire partie de l'unité: grâce à lui, une troupe de pionniers de 18 à 25 ans est composée. Dans cette unité, les barrières tombent, les échanges se nouent. "Les activités sont expliquées en anglais et en arabe. Un peu avant mon départ, les Afghans ont commencé à intégrer l'unité. Eux qui ne parlent pas arabe se sont sentis inclus, valorisés."

Appel aux dons

Dès son arrivée au camp, Clarisse van der Straten fait un premier appel aux dons via les réseaux sociaux et par e-mail. "À cette époque, la situation des réfugiés était fort médiatisée. Beaucoup voulaient leur venir en aide. L'élan de générosité nous a permis de vivre pendant trois mois." Elle pense alors à contacter le Fonds Arnould van der Straten Waillet "Celui-ci a directement soutenu notre projet. Nous avons reçu un don de 2.000 euros; il en reste plus de la moitié aujourd’hui. Une unité scoute ne demande pas beaucoup d'argent, si ce n'est pour la nourriture ou une activité de temps à autre. C'est l'art aussi de la débrouillardise, pouvoir réaliser des choses sans avoir beaucoup d'argent." Une philosophie qui colle parfaitement avec la jeune femme qui, sans se considérer comme philanthrope, a réussi à changer la vie de ces jeunes réfugiés. Avec un projet qui potentiellement, pourrait inspirer et être reproduit à de nombreux autres endroits.

Dans quelques semaines, Clarisse sera de retour à Katsikas où le projet qu'elle a initié, continue. "J'ai lancé l'impulsion mais l'unité continue d'exister grâce à toutes ces volontés, à tous ces gens formidables."

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