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Le climat philanthropique le plus favorable depuis 2011

Quelque 80% des personnes interrogées reconnaissent l’importance sociétale de la philanthropie et une même proportion estime que les dons contribuent à rendre notre monde meilleur. ©Shutterstock

L’année 2016 fut un grand cru pour la philanthropie belge. Depuis 2011, sa perception par le public n’a jamais été aussi positive. Et les activités philanthropiques ont atteint de nouveaux sommets.

Quel est le poids du secteur philanthropique en Belgique? Et qu’en est-il de la générosité de nos concitoyens? Voici les principales questions auxquelles la Fondation Roi Baudouin et le groupe de réflexion Itinera tentent d’apporter une réponse via leur indice de la philanthropie (activités philanthropiques) et leur baromètre de la philanthropie (perception de la philanthropie). Les résultats de 2016 sont encourageants pour celles et ceux qui souhaitent contribuer à rendre notre monde meilleur.

Commençons par l’indice de la philanthropie. Il prend en compte des données objectives très variées, provenant de nombreuses institutions publiques ou privées. Quelle conclusion pouvons-nous en tirer? Le nombre d’associations à but non lucratif continue de croître en Belgique, ainsi que les dons et legs qui en constituent la base financière. Les fondations philanthropiques ont elles aussi le vent en poupe, et l’on dénombre de plus en plus de citoyens faisant des dons à des œuvres caritatives.

Base sociétale

"Pratiquement tous les chiffres montrent la même tendance: le secteur philanthropique est en plein développement et jouit d’une importance économique croissante", analyse Ivan Van de Cloot chez Itinera. Il y voit deux explications: "Tout d’abord, le secteur philanthropique se professionnalise, ce qui a beaucoup augmenté son efficacité. Parallèlement, les citoyens se sentent de plus en plus concernés par la philanthropie. Ils remarquent des lacunes dans notre société et estiment crucial de ne pas rester les bras croisés." Cette tendance est confirmée par le baromètre de la philanthropie, qui repose sur une enquête réalisée auprès de 1.000 Belges par Ipsos.

Quelque 80% des personnes interrogées reconnaissent l’importance sociétale de la philanthropie et une même proportion estime que les dons contribuent à rendre notre monde meilleur. Plus significatif encore: pour 54% des personnes interrogées, il s’agit d’une obligation morale. Et plus de six Belges sur dix ont effectivement fait un don au cours de l’année écoulée. Par comparaison, ce chiffre ne dépassait pas 50% en 2013. "Le baromètre de la philanthropie affiche les meilleurs résultats des quatre sondages réalisés depuis 2011 et ce, dans pratiquement tous les domaines", remarque Ivan Van de Cloot. "Il est indéniable qu’il existe en Belgique une base sociétale pour la philanthropie, dont la popularité a beaucoup augmenté depuis l’an dernier. De plus, tout indique que cette tendance devrait se poursuivre cette année encore." Heureusement, car les besoins restent bien présents.

Fondations

La perception des fondations philanthropiques est elle aussi au beau fixe. "À cause des restrictions budgétaires, les pouvoirs publics ont dû réduire leur soutien à bon nombre de projets", explique Luc Luyten, président de la Fédération belge des fondations philanthropiques. "La population prend pleinement conscience que l’État ne peut pas tout assumer. On trouve davantage de personnes prêtes à faire des dons en espèces, à condition bien sûr que cet argent soit investi à bon escient."

 

On constate également un rajeunissement du secteur. "Auparavant, les donateurs avaient tendance à attendre la fin de leur vie pour soutenir des œuvres de bienfaisance", poursuit Luc Luyten. "Aujourd’hui, on constate que beaucoup de jeunes créent leur fondation: ils se sentent responsables au plan sociétal et sont prêts à donner de leur temps."

Confiance

Les fondations belges font cependant face à plusieurs défis. "Tout d’abord, il est nécessaire d’augmenter le professionnalisme et la transparence", détaille Luc Luyten. "C’est la seule façon de conserver la confiance des donateurs. Personne ne souhaite entendre que la moitié de ses dons s’est envolée en frais administratifs en lieu et place d’une aide concrète sur le terrain." Ici aussi, les choses évoluent. C’est le constat de Virginie Xhauflair, professeure à la HEC Management School de l’Université de Liège, et auteure d’une étude qui cartographie les fondations belges: "De plus en plus de personnes s’associent pour créer une fondation. C’est une bonne chose: les partenariats – y compris entre fondations – augmentent l’expertise et le professionnalisme. Et finalement, cela permet d’améliorer l’impact social des initiatives."

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