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'Nous voulons que le NextGen District devienne notre deuxième chez-nous'

Steven Peleman, CEO chez Triple Helix

Triple Helix fait partie du premier groupe d’entreprises qui ont posé leur candidature pour une concession au sein du NextGen District. Le projet de transformation de l’ancien site d’Opel, dans le port d’Anvers, en cluster d’entreprises engagées dans l’économie circulaire devient ainsi un peu plus concret. “Nous voulons construire la première usine au monde de recyclage à léchelle industrielle de mousses de polyuréthane et de barquettes en PET.”

Avec son usine SurePure, Triple Helix’ Molecules as a Service (THX MaaS) souhaite construire dans le port d’Anvers une usine de recyclage de produits chimiques utilisant des technologies innovantes. L’installation-pilote transformera en polyols les mousses de polyuréthane (PU) – provenant entre autres de vieux matelas, de panneaux isolants et de sièges de voiture – ainsi que les barquettes en PET usagées provenant du secteur de la grande distribution et de l’industrie alimentaire. Ces produits chimiques purs pourront ainsi être à nouveau utilisés, entre autres pour la production de nouveaux produits en polyuréthane. Cela semble complexe… et ça l’est. “Aujourd’hui, pratiquement personne n’applique cette technologie de recyclage à l’échelle industrielle”, assure Steven Peleman, CEO de Triple Helix. “Notre technologie démontre pourtant que cette forme de recyclage peut être rentable d’un point de vue tant écologique qu’économique.”

“Nous aidons le secteur chimique à se transformer.”
Steven Peleman
CEO de Triple Helix

Surplus d’électricité partagé

Le potentiel et les possibilités d’application de ce processus sont très prometteurs. Chaque année, près de 21 millions de tonnes de polyuréthane sont produites dans le monde, dont à peine 1 million de tonnes sont recyclées, principalement en mousses pour revêtements de sol et comme combustible dans l’industrie cimentière. “Le reste est incinéré lorsqu’il arrive en fin de vie”, poursuit Steven Peleman. “Il s’agit d’une quantité énorme de matériaux qui est définitivement perdue. Et je ne parle pas des émissions de CO2 provoquées par ce processus. Nous apportons une solution structurelle à ce problème.”

Grâce à la cogénération, l’usine souhaite devenir autonome sur le plan énergétique. Pour y parvenir, les déchets seront simultanément transformés en chaleur et en électricité grâce à une turbine à vapeur. “Cette installation sera entièrement fermée afin d’éviter toute nuisance sonore ou émission nocive. Et si nous disposons d’un surplus d’électricité, nous pourrons le partager avec les entreprises voisines. Sur ce plan aussi, nous travaillons de manière totalement circulaire.”

Collaborations et pollinisation croisée

Pour clore la chaîne de valeur, il est indispensable de nouer des partenariats dans le cadre de l’économie circulaire. Tout d’abord, les processus technologiques de recyclage ad hoc sont développés grâce à des échanges de connaissances entre Triple Helix, des entreprises privées, des instituts de recherche et le monde académique. “L’Université d’Anvers et VITO, l’institut flamand de recherche technologique, font partie de nos partenaires de recherche et de discussion”, illustre Steven Peleman. Le plan de financement de l’usine – pratiquement finalisé – est également le fruit d’un partenariat. L’investissement nécessaire de 50 millions d’euros viendra d’une combinaison de capitaux propres et de fonds levés auprès d’investisseurs extérieurs. 

Ensuite viennent les collaborations avec d’autres entreprises, à la fois avec celles qui fourniront leurs déchets en PU et PET, des acteurs du secteur logistique et les acquéreurs des matériaux recyclés. Les discussions sont en cours. “Dans le processus de recyclage, nous avons aussi besoin d’alcool”, poursuit Steven Peleman. “Nous tentons de le trouver dans les environs, vu que le NextGen District se situe à proximité du plus grand cluster pétrochimique d’Europe. Cela nous permettra de créer un écosystème complet et de fermer la chaîne de valeur.” 

Création d’emplois

Les plans de l’usine de recyclage de Triple Helix sont prêts. L’entreprise aura besoin d’une superficie d’un peu moins de 5 hectares. Lorsque la production tournera à plein régime, elle devrait fournir chaque année 30.000 tonnes de produits finis issus du recyclage. Ces activités devraient créer 28 emplois sur le site. “Il s’agira aussi bien de fonctions opérationnelles que techniques ou d’encadrement”, détaille Steven Peleman. “Ceci dit, le nombre d’emplois indirects est plus important encore. En règle générale, on peut dire que chaque producteur de PU génère quelque 60 emplois hors du secteur PU proprement dit.”

Solution évolutive

Dans une phase ultérieure, Triple Helix souhaite étendre cette technologie et recycler d’autres flux de PU. Ce sera possible sur le site même, en augmentant la capacité de production, ou en construisant d’autres installations sur d’autres sites, en Belgique ou ailleurs en Europe. Enfin, il est envisagé de mettre cette technologie à la disposition d’autres entreprises par le biais de licences. “Nous pourrons ainsi aider l’industrie chimique à se transformer”, conclut Steven Peleman. “Pour atteindre les objectifs de 2050, tout le monde devra sortir de sa zone de confort et oser collaborer. Les nouveaux acteurs seront appelés à jouer un rôle important. Si cela fonctionne, c’est toute une nouvelle dynamique qui verra le jour.”

Les discussions sont en cours…

Port of Antwerp et Triple Helix discutent encore des derniers détails du projet de concession. “Les prochains mois seront cruciaux”, prévient Dries Van Gheluwe, Advisor Business Development de Port of Antwerp. Il s’agit notamment d’examiner comment l’analyse de rentabilité peut être affinée. Tout devrait être clair avant la fin de l’année. “Nous créons des contacts entre les entreprises sélectionnées pour le premier tour, et nous les mettons en relation avec notre réseau d’entreprises implantées dans la zone portuaire”, ajoute Dries Van Gheluwe. “De cette manière, nous espérons créer des synergies et encourager des collaborations.”

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