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Le crowdfunding, une option sérieuse pour le financement des starters

Pierre Buffet, Domobios. ©Thomas De Boever

Le crowdfunding semblait réservé aux créateurs. Cependant, grâce à la professionnalisation des structures et à l’utilisation de financements groupés, de plus en plus d’hommes d’affaires l’envisagent. D’autant plus que le crowdfunding a aussi un effet marketing non négligeable. Témoignages.

Pierre Buffet et Anne-Catherine Mailleux travaillent sur l’analyse biologique du comportement des acariens depuis 2005. Ces acariens sont, entre autres, sources d’allergies pour 15% des Européens. Les chercheurs ont imaginé un produit écologique pour les combattre, Acar’Up. En 2013, ils ont créé l’entreprise Domobios, une spin-off de l’ULB et de l’UCL. " Nous avons cherché des actionnaires qui apportent une plus-value par leur connaissance du monde pharmaceutique. Roch Deliveux, ex-CEO d’UCB, a investi 50.000 euros via Caring for Entrepreneurship Fund et le fonds de capital-risque Inventures de José Zurstrassen, 280.000 euros. Le crowdfunding nous a permis de collecter 100.000 euros. Avec notre propre apport, nous avons rassemblé un important capital de départ ", calcule le CEO Pierre Buffet.

Pour le volet crowdfunding, Pierre Buffet s’est adressé à MyMicroInvest. Le CEO est heureux de constater que le montant visé a rapidement été atteint. Mieux : " Plus qu’un outil financier, c’est un instrument marketing car ces petits investisseurs deviennent également des ambassadeurs de notre produit en constituant un réseau en dehors du nôtre. Nous les informons et elles réagissent. "

La procédure de collecte de fonds ressemble à celle qu’il a suivie avec le fournisseur de capital-risque Inventures. Pierre Buffet commente : " Vous avez également besoin d’un examen des comptes et vous devez apprendre les modalités. Il est important de fixer les tranches d’investissement adéquates. Nous avons divisé le montant visé en deux tranches de 50.000 euros. La première était réservée aux investisseurs souhaitant nous apporter entre 100 euros et 1.000 euros, l’autre entre 1.000 à 10.000 euros, pour regrouper, d’une part, ceux qui voulaient s’investir pleinement et, d’autre part, ceux qui seraient nos ambassadeurs-investisseurs. Le montant a été collecté en 19 jours. "

Jeunes citadins actifs

Il y a quelques années, Stephan De Brabandere a racheté Woké, une petite entreprise qui a développé un concept de fast food sain. Après l’avoir redressée, il s’est mis en quête d’un nouveau financement. " Le crowdfunding était l’option idéale pour une chaîne qui s’adresse aux jeunes citadins actifs. À l’époque où je me suis adressé à MyMicroInvest, le montant collecté par crowdfunding devait être cumulé au même montant qui était, lui, fourni par un crédit classique. Ce n’est plus le cas. Ce financement s’est déroulé relativement rapidement : une année s’est écoulée entre la première rencontre et l’accord avec le premier investisseur. Notre capital se compose d’un quart de crowdfunding, d’un quart d’anciens actionnaires et d’une moitié de nouveaux actionnaires. Leurs investissements sont interdépendants : l’un est prêt à en faire plus si l’autre suit. "

Woké ne voulait collecter que 100.000 euros par crowdfunding. " Il est possible d’obtenir plus, mais alors, vous êtes confronté à des règles beaucoup plus complexes et les frais de dossiers augmentent. Aujourd’hui, ils s’élèvent à 3.000 euros, mais pour un montant plus important, ils peuvent varier entre 15.000 et 20 000 euros, car MyMicroInvest prend une commission de 12% sur le montant collecté. "

Le changement apporté par le crowdfunding a surpris Stephan De Brabandere. " Être exposé, c’est assez stressant. Mais cela m’a apporté du feed-back. Je pourrais limiter la communication, mais je n’exploiterais pas le rôle d’ambassadeur que peuvent jouer mes 200 crowdfunders. Ceux-ci constituent un nouveau réseau, ce qui nous a permis d’impliquer d’autres personnes, qui portent un regard différent sur notre business-plan. "

Percée

MyMicroInvest (MMI) est une société belge qui soutient les nouveaux modes d’investissement. " Pour les starters, nous recherchons des fonds par le biais de crowdfunders associés à un investisseur professionnel. Les conditions financières sont identiques pour les deux parties. Pour chaque crowdfunding, nous rédigeons un document conforme aux règles instituées par la FSMA, l’organe de contrôle ", explique Guillaume Desclée (MMI). " En Belgique, nous sommes leaders sur le marché du crowdfunding; en Europe, nous sommes dans le Top 5. Nous avons 18.000 crowdfunders. Fin 2013, nous avions investi 4,2 millions d’euros dans 13 entreprises, avec 350.000 euros en moyenne par entreprise. En 2014, 11 opérations s’y ajouteront. En 2015, nous prendrons une nouvelle entreprise par semaine et nous nous ouvrirons à l’international. "

Fin juin, MyMicroInvest a mené une enquête parmi ses membres crowdfunders. " Ils ne souhaitent pas investir dans des biens de grande consommation, plutôt dans la science et la santé. Ils sont plus motivés par des valeurs que par le rendement. Les premières entreprises qui en ont bénéficié sont actives dans des domaines variés : technologie, médecine nucléaire, pharmacie, médias et horeca. Ces entrepreneurs comprennent l’avantage d’avoir un contact spécifique avec leurs partenaires financiers qui deviennent également leurs clients, leurs ambassadeurs et leurs conseillers ", explique Guillaume Desclée. " Ils ouvrent leur capital à des personnes avec lesquelles ils peuvent se lier alors qu’ils ne les auraient jamais rencontrées sans ce contexte. Certains crowdfunders mettent à disposition leurs compétences et leurs contacts. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de cette communauté d’intérêts bien compris. "

Selon Guillaume Desclée, les mentalités sont mûres pour ce type de financement groupé. " La crise bancaire a sensibilisé une partie du public à tout ce qui a un impact financier. Ces personnes veulent se réapproprier le contrôle de leurs ressources. Le crowdfunding reste un phénomène marginal dans le financement des entreprises, mais la disponibilité de l’épargne et la technologie en favorisent l’essor. C’est une forme de diversification pour les investisseurs et pour les organisations financées. Il ne faut pas y voir un financement mal structuré de projets qui n’auraient aucune chance ailleurs. Nous associons le financement groupé à l’apport d’un investisseur professionnel qui a épluché le dossier. L’entreprise ne doit pas craindre d’être confrontée à une multitude d’actionnaires qui exigeraient trop d’attention, car nous regroupons les crowdfunders en un seul lot d’actions détenues par MMI Finance. C’est donc le seul actionnaire auquel est confrontée l’entreprise. Il représente tous les crowdfunders réunis en un bloc. "

Investisseurs informés

L’entreprise qui s’adresse à MyMicroInvest recherche 400.000 euros en moyenne, dont généralement un tiers provient du crowdfunding et le reste d’un business angel, d’un fonds d’investissement et/ou d’un prêt bancaire. " Nous accordons également des prêts aux entreprises plus mûres. En fait, nous créons un écosystème financier qui présente une grande complémentarité et où le grand public a un rôle à jouer. Ainsi nous démocratisons la finance et sensibilisons les particuliers au fait d’entreprendre. " 0

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