Une initiative de
BNP Paribas Fortis

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"Nous sommes des pionniers et j'en suis fier"

Une initiative de BNP Paribas Fortis

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La commune d'Assesse accueillera bientôt trois éoliennes, qui ensemble produiront annuellement quelque 4.500 mégawatts-heures d'électricité. L'américain PolyOne espère ainsi réduire drastiquement sa facture d'électricité, tandis que l'acteur énergétique belge Bee poursuit sa révolution silencieuse sur le marché de l'énergie.

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Bee a vu le jour voilà six ans, lorsque trois spécialistes en énergie renouvelable ont réuni leurs connaissances et leur vision pour créer une nouvelle entreprise. Leur objectif était aussi ambitieux qu'innovant: produire de l'électricité de manière durable et décentralisée, à la mesure des besoins locaux. "Les premières années ont été assez difficiles", se souvient Christophe Surleraux, Chief Development Officer.

"Cependant, les affaires tournent assez bien à présent. Nous pouvons présenter plusieurs références désormais. Et puis, le secteur s'est profondément transformé en quelques années: l'énergie renouvelable n'a plus rien d'exotique, tout le monde veut prendre le train en marche."

Énergie pour 400 ménages

Il y a cinq ans déjà, PolyOne, multinationale américaine spécialisée dans les polymères, s’était déclarée intéressée par l'installation d'éoliennes sur son site d'Assesse, dans la région de Ciney. "D'autres entreprises avaient déjà envisagé l'implantation de quelques éoliennes dans une zone agricole toute proche, mais ces projets n'avaient pas abouti à cause d'une kyrielle de restrictions et de prescriptions environnementales", révèle Christophe Surleraux.

"Dans un petit pays à forte densité de population comme le nôtre, nous devons plutôt viser la création de parcs éoliens de taille réduite, mais en plus grand nombre."
Christophe Surleraux Chief Development Officer de Bee

"Nous avons alors proposé de construire trois éoliennes plus petites sur le site de PolyOne, chacune pouvant produire environ 1.500 mégawatts-heures par an, ce qui équivaut à la consommation d’environ 400 familles belges.

Nous finançons nous-mêmes le projet, à hauteur de près de 4 millions d'euros. En contrepartie, PolyOne paie pendant un certain nombre d'années un prix fixe pour l'énergie que nous lui fournissons. La facture énergétique de PolyOne s'élève à quelque 800.000 euros chaque année. Vous comprenez donc pourquoi elle recherchait une solution pour réduire celle-ci. Cette solution, c'est nous qui la lui avons offerte."

Un réseau de sites

Avec son modèle d’affaires révolutionnaire, Bee cible explicitement les entreprises qui disposent de l'espace nécessaire pour produire de l'énergie durable. L'électricité générée localement est dédiée à l’entreprise. Le surplus éventuel, auquel s’ajoute l'excédent issu d'autres sites de production, est injecté dans le réseau de distribution, ce qui assure à Bee des revenus supplémentaires. De ce modèle doit émerger un réseau de petits sites de production, formant ensemble un maillage (un peu à l’instar d’un nid d’abeille) de production d'énergie propre et durable. Le nom de l'entreprise n'a donc pas été choisi au hasard.

 

"Nous concluons avec nos clients des partenariats pour une durée de 15 ou 20 ans", ajoute Christophe Surleraux. "C’est pourquoi ni nos clients ni nous-mêmes ne pouvons nous permettre d’opérer à la légère. Nous créons véritablement des projets sur mesure en tenant compte de la consommation du client. Les grands acteurs sont totalement absents de cette niche, car ils ne disposent pas de cette flexibilité. Or, celle-ci s’avère indispensable dans le secteur de l'énergie renouvelable dédié à l’industrie!

Par exemple, je n'arrive même pas à me souvenir combien de changements le cadre législatif en matière d'installation d'éoliennes a connus ces six dernières années. Il en va de même de la vision des autorités relative à la production d'énergie éolienne: voici quelques années encore, leur credo était de développer un nombre restreint de parcs éoliens de grande envergure. Aujourd'hui, elles abondent de plus en plus dans notre sens: dans un petit pays à forte densité de population comme le nôtre, nous devons plutôt viser la création de parcs de taille réduite, mais en plus grand nombre."

Réglementation complexe

L’approche innovante de Bee n'était toutefois pas dénuée de risques: quelle entreprise serait prête à laisser un élément aussi crucial que son approvisionnement en énergie aux mains d'un acteur encore inconnu et qui n'a pas fait ses preuves? Un facteur d’incertitude auquel s’ajoutent une technologie parfois capricieuse, un marché énergétique en pleine mutation et des autorités qui modifient le cadre législatif à tour de bras. Pas évident, dans ce contexte, de convaincre une banque de vous prêter de l'argent…

Nous voulons donner aux entreprises la possibilité de prendre leur avenir énergétique en mains

Pourtant, cela s’est révélé plus simple que prévu. "Il nous a fallu environ trois mois pour finaliser le projet de parc éolien à Assesse", déclare Jean-Luc Pierson de BNP Paribas Fortis. "Au vu des procédures administratives à accomplir, ce n'est franchement pas long. Évidemment, nous travaillons depuis longtemps avec Bee: nous nous sommes donc rapidement retrouvés sur la même longueur d'onde. Chez BNP Paribas Fortis, nous sommes par ailleurs familiarisés avec la construction de grands parcs d'éoliennes un peu partout en Belgique.

Bee est un acteur innovant sur ce marché, précisément parce qu'elle développe des projets de petite taille, sur mesure. Cela signifie en revanche que le risque repose entièrement sur un client spécifique. Parfois, la rentabilité ne provient même que d'une seule éolienne. Le projet à Assesse est le troisième auquel nous collaborons. Je me souviens que nous avons passé beaucoup de temps ensemble dans le cadre du tout premier projet, afin de déterminer le potentiel et les risques avec un maximum de précision."

 © Filip Van Roe © Filip Van Roe
Jeunes pousses innovantes

"Par ailleurs, Bee est encore une toute jeune entreprise", poursuit Jean-Luc Pierson. "Et nous savons très bien, que les jeunes pousses innovantes consomment généralement beaucoup de liquidités, surtout les premières années. Dès que Bee aura construit un réseau important d'éoliennes et de centrales de biomasse, elle pourra vendre davantage d'énergie produite sur ses sites. Cela exige bien sûr du temps et de lourds investissements."

Sans oublier l'aspect technique: dans le secteur de l'énergie éolienne, des techniques et matériaux innovants font irruption sur le marché presque chaque jour. "Heureusement, j'ai pu faire appel en la matière à notre équipe Sustainable Energy Services ; ses spécialistes et ingénieurs parlent la même langue que nos clients. Nous gagnons donc en compréhension et en temps d’analyse", précise Jean-Luc Pierson.

"De ce modèle doit émerger un réseau de petits sites de production, formant ensemble un maillage (un peu à l’instar d’un nid d’abeilles) de production d'énergie propre et durable."
Christophe Surleraux Chief Development Officer de Bee

"Je comprends parfaitement qu'une banque agisse avec énormément de précautions pour ce genre d'investissement", complète Christophe Surleraux. "C'est dans notre intérêt également: elle nous prête de l'argent mais c'est nous qui l'investissons dans un projet déterminé. Mieux vaut donc ne pas se tromper! Si la production d'énergie renouvelable éolienne a gagné en popularité ces dernières années, le nombre de projets effectivement réalisés demeure par contre modeste. Ce constat s’explique avant tout par une réglementation extrêmement complexe, qui fait échouer bien des projets. Je vous épargne la liste des prescriptions et réglementations à suivre pour la construction d’une éolienne, mais elles se comptent par dizaines."

"Pourtant, à terme nous évoluerons vers une production énergétique sans cesse plus durable et décentralisée, d’autant que les centrales nucléaires sont vraiment en fin de vie", prédit Christophe Surleraux. "Cette tendance a connu des débuts timides, avec des consommateurs individuels subvenant à une partie de leurs propres besoins énergétiques grâce à des panneaux photovoltaïques. De petits parcs d'éoliennes et quelques grandes centrales de biomasse compléteront la donne pour arriver en fin de compte à un ‘smartgrid’, un réseau électrique intelligent. Nous sommes en quelque sorte des pionniers. Et j'en suis fier."

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