reportage

"Le buy-out était essentiel pour notre croissance"

©Filip Van Roe

Opérer comme une PME, mais sous l’aile protectrice d’une multinationale: le rêve de bien des entrepreneurs. Pourtant, Dirk Battig et l’équipe de direction de Chemogas, souhaitaient plus pour leur entreprise. Ensemble, il y a quatre mois, ils ont réalisé le management buy-out auquel ils aspiraient depuis longtemps.

Chemogas, qui emploie 35 personnes, est située à Grimbergen, le long du canal de Willebroek. Des centaines de bouteilles et fûts de gaz, d’une capacité variant de trois à plusieurs centaines de litres, sont soigneusement entreposées sur le site de la société. "Nous sommes une entreprise Seveso II", explique Dirk Battig, CEO, tandis qu’il nous guide vers une station de remplissage équipée d’une balance située un peu plus loin."Autrement dit, nous ne badinons pas avec la sécurité et travaillons de manière hautement sécurisée. Différents types de gaz sont livrés ici en vrac, après quoi nous les mélangeons et les conditionnons dans de plus petites bouteilles, cylindres ou fûts, selon les spécifications de nos clients. Ceux-ci sont ensuite acheminés vers plus de soixante pays."

Chemogas est active dans le remplissage, la commercialisation et la distribution de gaz chimiques au niveau mondial. Un marché relativement méconnu, mais qui se révèle être une niche à forte croissance. Depuis son site de Grimbergen, elle conditionne et transporte notamment de l’oxyde d’éthylène, un gaz utilisé partout dans le monde pour stériliser le matériel médical.

"La demande de gaz destinés à la stérilisation médicale ne fera qu’augmenter. Cela représente un fabuleux marché de croissance pour nous. Essentiellement en Asie et en Amérique pour l’instant, mais aussi en Afrique à plus long terme."
Dirk Battig
CEO de Chemogas

Parmi les autres gaz traités par l’entreprise, on retiendra également l’oxyde de propylène, utilisé dans l’industrie papetière, et l’ammoniac, un gaz de refroidissement naturel, indispensable dans de nombreuses industries et dont l’utilisation est en progression. En outre, Chemogas conçoit et construit des installations de remplissage, et se spécialise dans les activités durables de traitement des déchets et de recyclage des gaz, activités dans lesquelles elle a acquis une position unique en Belgique.

Prendre les rênes en mains

Dirk Battig est entré chez Chemogas en 1994 et peut se targuer d’être à l’origine de la forte croissance de l’entreprise. En juillet dernier, ensemble avec l’équipe dirigeante, il a réalisé une vieille ambition: détacher Chemogas de la multinationale allemande Linde (65.000 collaborateurs) via un management buy-out. "Linde est une excellente entreprise, un des leaders mondiaux dans son secteur. Là n’était pas la question.

Pendant de nombreuses années, nous avons pu nous développer sous ses ailes solides comme une PME tout en bénéficiant des avantages qu’offre une multinationale. Ces dernières années toutefois, la direction et moi-même étions de plus en plus convaincus que le potentiel d’avenir de Chemogas serait plus important si nous suivions notre propre chemin", confie le CEO. Pourtant, chaque fois que le sujet du buy-out était évoqué auprès de Linde, ils se heurtaient à un refus. Jusqu’à l’an dernier. "Les multinationales tentent actuellement de se recentrer sur leur core business. Nos activités en Belgique sont à ce point spécialisées que la maison mère a finalement accepté de nous laisser partir." 


Une demande en croissance

L’évolution démographique mondiale est une des raisons pour lesquelles la direction de Chemogas est profondément convaincue du potentiel de croissance de l’entreprise. L’oxyde d’éthylène est en effet indispensable pour la stérilisation médicale, par exemple pour désinfecter les aiguilles, les cathéters et les pansements. Partout au monde, l’espérance de vie augmente, parallèlement au bien-être. Les gens ont davantage de moyens à consacrer aux soins de santé, mais ils développent dans le même temps des maladies typiques de la société de consommation.

"Par conséquent, la demande de gaz destinés à la stérilisation médicale ne fera qu’augmenter", affirme Dirk Battig. "Cela représente un fabuleux marché de croissance pour nous. Essentiellement en Asie et en Amérique pour l’instant, mais aussi en Afrique à plus long terme."

Ambition internationale

Gilde Equity Management, le partenaire financier de cette opération de buy-out, peut également aider Chemogas à réaliser des acquisitions à l’étranger, voire à terme, y créer des implantations. "Gilde dispose des moyens et de l’expertise nécessaires à cet effet. Lorsque nous nous sommes mis en quête de capital à risque en vue de cofinancer le buy-out, nous nous sommes engagés avec eux parce que le courant est immédiatement bien passé. Ce qui, à mes yeux, est le plus important", confie Dirk Battig.

Nous étions de plus en plus convaincus que le potentiel d’avenir de Chemogas serait plus important si nous suivions notre propre chemin.

"Gilde partage notre vision, est prêt à nous aider à poursuivre notre internationalisation et voit, tout comme nous, un solide potentiel dans le développement des services liés à nos activités, tels que le traitement de gaz résiduels et de cylindres de gaz. A cet égard, nous sommes la seule entreprise belge à avoir obtenu de l’OVAM (Openbare Vlaamse Afvalstoffenmaatschappij, la Société publique des Déchets de la Région flamande) un agrément pour le traitement de ce genre de cylindres."

Bien entourés

C’est également Gilde qui a mis Chemogas en contact avec BNP Paribas Fortis. Cet acteur du Private Equity entretenait déjà d’excellentes relations avec la banque. Dirk Battig: "Nous avons bien mené des discussions avec plusieurs banques, mais le savoir-faire et la relation de confiance qui s’était construite entre Gilde et BNP Paribas Fortis, ainsi que la grande confiance de la banque dans notre vision d’avenir ont été déterminants." Aussi est-ce BNP Paribas Fortis qui s’est chargé d’élaborer un financement sur mesure, lequel a permis à Chemogas de réaliser l’opération de management buy-out avec succès.

Dirk Battig, CEO de Chemogas ©Filip Van Roe

"Le soutien de partenaires stratégiques forts est vraiment essentiel lorsqu’une équipe de cinq dirigeants décide tout à coup de prendre les rênes de leur entreprise en mains et qu’elle nourrit de surcroît des ambitions internationales", poursuit Dirk Battig.

Une entreprise qui a de l’avenir

"A travers cette transaction, nous sommes devenus le partenaire financier d’une PME particulièrement prometteuse", ajoute Karolien De Neve de BNP Paribas Fortis. "Ces dernières années, Chemogas a réalisé une croissance annuelle continue de quelque 6 %. Ce développement remarquable démontre tout le potentiel que recèle cette entreprise et qu’elle est promise à un bel avenir.

"Le savoir-faire de Gilde, la relation de confiance qui existait déjà entre elle et BNP Paribas Fortis, ainsi que la grande confiance de la banque dans notre vision d’avenir ont été déterminants."
Dirk Battig
CEO de Chemogas

Par ailleurs, le fait que Gilde entrait dans le capital de Chemogas nous a confortés dans l’idée que cette entreprise avait les reins suffisamment solides pour suivre son propre cheming. Nous sommes heureux de participer à sa croissance et à la réalisation de ses ambitions."

"Nous disposions bien sûr de plusieurs arguments solides ", poursuit Dirk Battig. "C’est vrai que pendant 25 ans, Chemogas a réalisé une belle croissance et que l’équipe de direction avait déjà largement gagné ses galons." Karolien De Neve le confirme: "Dirk et le CFO peuvent se targuer chacun d’une expérience d’au moins 20 ans au sein de l’entreprise, ce qui est rare de nos jours. Comme nous avions foi en ce projet, nous avons tout mis en œuvre pour accorder le financement nécessaire le plus rapidement possible."

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