Logo
Echo Connect offre aux entreprises, organisations et organismes publics l'accès au réseau de L'Echo. Le partenaire impliqué est responsable du contenu.

Faites votre plein avec de l'eau

©Shutterstock

Roulerons-nous tous bientôt à l’hydrogène? Certes, de plus en plus d’automobilistes s’intéressent aux voitures électriques classiques, mais plusieurs facteurs font clairement pencher la balance du côté de l’hydrogène.

Si l’on en croit les chercheurs de Bloomberg New Energy Finance, les coûts de production d’hydrogène 100% verte pourraient baisser de manière spectaculaire au cours des prochaines années. La facture de la production de cet hydrogène via l’électrolyse (sans CO2) pourrait même chuter de 80% à l’horizon 2030.

Une telle avancée donnerait sans aucun doute un solide coup de pouce à la popularité de la voiture à hydrogène. Aujourd’hui, on compte en Flandre tout au plus 25 voitures à hydrogène. Plus de 90% de l’hydrogène – surtout utilisé dans des applications industrielles, pour l’instant – est toujours produit à parti de gaz naturel, un carburant fossile.

“Les choses seront différentes dès que nous pourrons produire de l’hydrogène à base d’électricité verte”, avance Adwin Martens, directeur du groupe d’étude belgo-néerlandais WaterstofNet. “La chaîne de magasins Colruyt en fabrique à petite échelle dans sa station d’hydrogène à Hal, où éoliennes et panneaux solaires produisent de l’hydrogène 100% vert.”

“Le principal avantage d’une voiture à hydrogène par rapport à un véhicule électrique classique se situe au niveau de l’infrastructure. En Flandre, par exemple, nous pourrions déjà disposer d’une couverture correcte avec quelques dizaines de stations à hydrogène seulement. Pour les voitures électriques à batteries, c’est différent: si leur nombre augmente sensiblement, il faudra construire un réseau beaucoup plus dense de stations de recharge, car leur autonomie est plus limitée. En outre, cela exigera d’importants investissements dans le réseau électrique des villes et des communes.”

Deux stations à hydrogène

La Flandre compte actuellement deux stations à hydrogène publiques. L’an prochain, quatre nouvelles stations viendront s’y ajouter, mais il n’en demeure pas moins que les voitures à hydrogène sont encore marginales. De plus, le nombre de modèles disponibles pour les particuliers est très limité: seuls Toyota, Hyundai, Mercedes et Honda proposent des voitures à hydrogène. Néanmoins, plusieurs grands constructeurs comme BMW et Audi se sont lancés dans l’aventure, et Toyota a récemment annoncé qu’il souhaitait faire passer sa production annuelle de 3.000 à 30.000 voitures à hydrogène en 2020.

Le gouvernement chinois, qui a beaucoup investi ces dernières années dans le “verdissement” de son parc automobile grâce aux voitures électriques classiques, semble progressivement changer de cap. D’ici à 2025, la Chine veut se doter d’au moins 100.000 voitures à hydrogène. Parallèlement, elle réduit les mesures de soutien aux voitures électriques classiques.

D’ici à 2025, la Chine veut se doter d’au moins 100.000 voitures à hydrogène. Parallèlement, elle réduit les mesures de soutien aux voitures électriques classiques.

“Nous nous trouvons à un tournant; or, les gouvernements n’arrivent pas à se mettre d’accord sur leurs ambitions vertes”, soupire Adwin Martens. “Pour le consommateur, c’est une situation difficile. Et je crains que les discussions sur la voiture du futur ne soient pas réglées rapidement. Pourtant, nous savons que l’hydrogène dispose de nombreux atouts pour sortir gagnant de cette course.”

“Si l’hydrogène est produit à partir d’électricité verte et d’électrolyse, il s’agira d’un carburant vert à 100%. Nous disposons en Flandre d’une expertise extraordinaire et nous ne dépendons pas de matériaux polluants ni de pays susceptibles de représenter un risque sur le plan de l’approvisionnement. Par ailleurs, l’autonomie de ces véhicules se rapproche progressivement de celle des véhicules équipés de moteurs à combustion, et le plein se fait tout aussi vite. Je pense que la production massive d’électricité verte jouera un rôle-clé dans ce cadre.”

Législation

Mark Pecqueur, professeur de technologie automobile à l’école supérieure Thomas More, cite un autre facteur, crucial à ses yeux: “Le principal obstacle reste la législation. Notre pays ne dispose d’aucune réglementation nationale en matière d’implantation de stations d’hydrogène. Résultat: les règles locales et provinciales constituent fréquemment des obstacles. Il faut changer cela rapidement. Si de nouvelles stations voient le jour, les consommateurs franchiront le pas plus facilement.”

“Le principal obstacle reste la législation.”
Mark Pecqueur
école supérieure Thomas More

“Du point de vue technique, la voiture à hydrogène offre bien d’autres avantages par rapport aux voitures électriques classiques, et ce, pour un prix comparable. Et n’oublions pas que l’Europe est technologiquement plus avancée que la Chine, ce qui n’est plus le cas depuis longtemps avec les voitures électriques à batteries.”

Prime

Le constructeur d’autobus Van Hool a fabriqué l’an dernier des dizaines de véhicules à hydrogène, destinés pour la plupart aux pays voisins. “C’est très regrettable”, déplore Adwin Martens. “Le gouvernement flamand doit consentir davantage d’efforts pour créer un marché domestique. De cette façon, nous pourrons devenir une vitrine pour cette technologie. Heureusement, la note préliminaire du futur gouvernement flamand mentionne clairement cette ambition.”

Les particuliers qui achètent une voiture à hydrogène bénéficient d’une prime de 5.000 euros. “L’acquisition d’une voiture à hydrogène reste toutefois un investissement important. Ceci étant dit, dès que de nouvelles stations à hydrogène apparaîtront et que la production d’hydrogène sera moins chère, l’effet d’échelle commencera à jouer et les choses pourront s’accélérer.”

“Les autorités ont elles aussi un rôle important à jouer. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la popularité croissante des autobus et taxis à hydrogène – souvent soutenus par des mesures publiques – chez nombre de nos voisins. Et le secteur du transport routier manifeste un intérêt certain. Si l’on voulait faire rouler des camions avec des moteurs électriques classiques, ils devraient être équipés d’une quantité gigantesque de batteries. La technologie à l’hydrogène constitue donc à l’évidence la meilleure piste pour l’avenir.”

Adieu les batteries, bienvenue à l’hydrogène

Une voiture à hydrogène fait le plein sous forme de gaz. La grande différence avec une voiture classique? Le moteur à explosion est remplacé par une pile à combustible qui transforme l’hydrogène en électricité pendant la conduite. L’avantage par rapport à une voiture électrique classique, c’est que vous n’avez plus besoin d’une grosse batterie.

Par ailleurs, 5 kg d’hydrogène permettent aujourd’hui de parcourir au moins 500 km. Avec les voitures à hydrogène de dernière génération, cette autonomie ne cessera d’augmenter. Seuls inconvénients: l’hydrogène est encore un peu plus cher que le diesel ou l’essence – comptez environ 10 euros/kg – et il faut débourser au moins 70.000 euros pour le modèle à hydrogène le moins cher du marché.

Logo
Echo Connect offre aux entreprises, organisations et organismes publics l'accès au réseau de L'Echo. Le partenaire impliqué est responsable du contenu.