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"Avec uniquement l'électricité ou l'hydrogène, nous ne nous en sortirons pas"

“Il est déjà possible de faire le plein de bio-CNG dans 20% des stations-service européennes.” - Didier Hendrickx, PA Manager chez Gas.be

Les voitures, camionnettes, bus et camions européens roulent de plus en plus au biométhane. Ce carburant respectueux de l’environnement et à faibles émissions est produit à partir de déchets organiques. “C’est une alternative idéale”, souligne Didier Hendrickx chez Gas.be.

Fin 2019, une station-service bruxelloise inaugurait la première pompe de bio-CNG de notre pays. L’extension au biométhane de la station-service du quai des Usines de Total venait à point nommé pour Sibelga. Le gestionnaire du réseau de distribution bruxellois veut en effet écologiser son parc de véhicules en faisant rouler la moitié au CNG ou à l’électricité d’ici à 2021. Des dizaines d’autres stations-service proposeront du bioCNG en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles au cours des années à venir, tandis qu’un réseau de bio-LNG – la version bio du méthane destiné aux poids lourds – se déploie peu à peu en Europe. Et c’est une bonne nouvelle pour nos émissions de CO2. Les voitures, camionnettes et bus qui roulent au bio-CNG produisent au moins 80% de CO2 de moins que celles qui roulent aux carburants classiques.

Comment le bio-CNG est-il produit?

Didier Hendrickx (PA Manager chez Gas.be): “Il existe plusieurs manières de produire du gaz vert. Une grande part de notre bio-CNG provient de la fermentation de déchets agricoles. On transforme également les excédents de lisier des fermes d’élevage et d’autres déchets biologiques. Quelque 80% de la production de bio-CNG s’effectue de cette manière. Mais elle peut également s’organiser au niveau de l’entreprise. En France, les grandes chaînes de supermarchés collectent les déchets organiques de leurs magasins pour les convertir en biométhane. Celui-ci est alors injecté dans le réseau de gaz naturel. L’entreprise réduit ainsi considérablement son empreinte écologique. On observe des initiatives comparables dans de très nombreuses communes européennes, où des services publics et des administrations locales investissent dans le bio-CNG. L’utilisation de ce carburant respectueux de l’environnement pour le parc de véhicules est une manière idéale d’atteindre une bonne part des objectifs climatiques à moindre coût.”

D’où provient le bio-CNG commercialisé dans la station-service bruxelloise?

Didier Hendrickx: “Il est injecté via le réseau de gaz naturel. Il ne faut donc pas faire appel au transport routier pour alimenter la pompe: le transport du bio-CNG est essentiellement souterrain. Il est déjà possible de faire un plein de bio-CNG dans 20% des stations-service européennes. Le biométhane de la première station belge à proposer du bio-CNG provient pour l’instant des Pays-Bas. Tout comme pour l’électricité renouvelable, l’origine écologique du gaz est garantie par des certificats. Le bio-CNG est donc assorti d’une garantie d’origine. Aux Pays-Bas, presque toutes les stations-service qui proposent du CNG disposent d’une version bio.”

“En Norvège, un centre de transformation de saumon produit du LNG à partir de déchets de poissons. Il alimente ainsi 400 camions par an.”
Didier Hendrickx
PA Manager chez Gas.be

Ne produit-on pas de biogaz dans notre pays?

Didier Hendrickx: “Si, bien sûr. La production de biogaz se met peu à peu en place en Belgique. Un site de production est opérationnel en Flandre, un second vient de démarrer en Région wallonne. On recense une vingtaine de projets belges indépendants. Par exemple, une ferme d’Houffalize deviendra le premier producteur belge de bio-CNG à base de lisier animal. Grâce à ces nombreuses initiatives, nous pourrons bientôt injecter dans le réseau de plus grandes quantités de biométhane produit chez nous. Nous franchirons ainsi une étape importante sur le plan écologique en participant à la transition vers un monde qui utilise la biomasse renouvelable comme matière première.”

Quel est le potentiel de production en Belgique?

Didier Hendrickx: “Il s’accroît. Il doit être possible de faire rouler un à deux millions de voitures au bio-CNG belge. Bien entendu, tout dépendra des choix politiques, car le biogaz n’est pas uniquement utile pour la mobilité, il l’est aussi dans l’industrie et dans le chauffage de bâtiments publics et d’habitations particulières. Mais il est essentiel que les formations politiques qui travaillent à la formation du gouvernemental tiennent compte de ce carburant.”

Pourquoi l’essor du bio-LNG est-il une bonne nouvelle pour le transport routier?

Didier Hendrickx: “Les transporteurs apprécient ce carburant parce que les moteurs qui l’utilisent sont plus propres et plus silencieux que leurs pendants au diesel, et que leur rayon d’action est équivalent à celui des versions diesel.. Le bio-LNG, c’est du gaz naturel liquide doté d’une densité énergétique beaucoup plus grande que le bio-CNG. Le terminal méthanier de Zeebruges importe déjà chaque jour du bio-LNG. Et des poids lourds circulent d’ores et déjà au bio-LNG dans notre pays.”

Quelles sont les attentes pour le bio-LNG?

Didier Hendrickx: “De manière générale, le LNG a le vent en poupe. En 2019, on a vendu deux fois plus de camions au LNG que l’année précédente. Et notre continent compte plus de 300 stations-service qui proposent du LNG, dont 15 en Belgique. Près de 12.000 camions roulent au LNG en Europe. Le bio-LNG pourrait lui aussi jouer un rôle majeur au cours des années à venir. En Norvège, par exemple, un centre de transformation de saumons produit du LNG à partir de déchets de poissons; il alimente entre 300 et 400 camions par an. Cela revient à faire d’une pierre deux coups, car il n’est plus nécessaire de stocker les déchets.”

Le CNG et le LNG dans leur version bio pourraient-ils concurrencer les motorisations alternatives respectueuses de l’environnement, comme l’électricité et l’hydrogène?

Didier Hendrickx: “Il ne faut pas se limiter à une solution énergétique. Même s’il n’existe pour le moment, en dehors du bio-LNG, aucune alternative verte rentable pour les camions sur le marché commercial. Le bio-CNG a sa place dans l’offre, comme l’hydrogène et l’électricité – ces solutions sont complémentaires. La Commission européenne en est consciente. Si nous voulons atteindre nos objectifs climatiques pour 2030 et 2040, nous aurons besoin de plusieurs solutions en matière de carburants et d’énergie en général. Avec uniquement l’électricité et l’hydrogène, nous ne nous en sortirons pas! En fin de compte, l’utilisateur doit faire un choix réfléchi. En fonction de l’utilisation de son véhicule, de l’impact sur l’environnement et du coût total (CAPEX et OPEX).”

“Notre ambition? Du CNG dans 10.000 stations-service en Europe d’ici à 2030”

La croissance du CNG comme carburant de voiture, camionnette et bus s’accélère en Europe. Aujourd’hui, l’UE compte plus de 3.800 stations-service qui proposent du CNG. “Le cap des 4.000 stations-service sera sans doute franchi à la fin de l’année”, selon Didier Hendrickx. “D’ici à 2030, 10.000 stations-service vendront du CNG sur le Vieux Continent, dont la majorité proposera du bio-CNG. C’est du moins notre ambition.” Plus tard, toutes les stations-service qui proposent du CNG pourront fournir du CNG 100% bio. Notre continent compte plus de 300 stations-service commercialisant du LNG pour les camions. Des initiatives sont lancées à grande échelle, comme BioLNG EuroNet, un projet qui vise l’adoption massive du bio-LNG et réunit de grands acteurs industriels comme Shell, Scania, IVECO et Nordsol. “Nous visons 2.000 stations proposant du LNG dans 10 ans”, conclut Didier Hendrickx. “La plupart mettront également à disposition du bio-LNG. Et nous prévoyons que les grands acteurs sur le marché belge produiront et distribueront du bio-LNG chez nous.”

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