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Millennials et voitures: une nouvelle combinaison

"Millenials et voitures: une nouvelle combinaison" ©Shutterstock

"Les millennials ne s’intéressent pas aux voitures." Faux! Ils leur portent un regard totalement différent. Et cela implique un nouveau modèle de consommation. Voici tout ce que vous devez savoir à ce sujet.

"Le principal moyen de transport du millennial? Son smartphone!"

D’ici à 2020, la clientèle mondiale de l’industrie automobile se composera pour 40% de millennials (ou membres de la génération Y, soit des jeunes nés entre 1980 et 2000). Et cette génération porte un regard complètement différent de celui de leurs parents et grands-parents sur les voitures.

Les millennials gagneront encore en influence et en pouvoir d’achat par rapport aux autres générations. Les Belges décrochent par exemple leur permis de conduire de plus en plus tard. Environ 33% des jeunes passent l’examen pratique (B) à 18 ans, contre 43% en 2009, révèlent les chiffres du GOCA, le groupement des entreprises agréées de contrôle automobile et du permis de conduire.

Annelies Develtere, chercheuse en mobilité à l’institut Vias, l’ancien Institut belge pour la sécurité routière (IBSR), confirme: "Dans les zones urbaines, la voiture est moins populaire au sein de ce groupe-cible. On observe cette tendance dans d’autres villes européennes. Les jeunes Suédois, notamment, préfèrent dépenser leur argent en voyages, en vêtements et en équipements électroniques qu’en voitures. Et si des jeunes ont le choix entre un ordinateur et un permis de conduire, ils optent pour l’ordinateur."

Utilisation et possession
Pourtant, les millennials s’intéressent aux voitures. Mais ils ne doivent pas nécessairement en posséder une, voire pouvoir en conduire une. "Le principal moyen de transport des millennials est leur smartphone", résume Annelies Develtere. "D’un simple balayage, ils commandent une course via Uber. Ou, s’ils ont leur permis de conduire, ils réservent une voiture partagée. Pour eux, la voiture est surtout un moyen de transport, et non le symbole de statut qu’en ont parfois fait leurs parents."

La technologie stimule par ailleurs la multimobilité flexible chez les millennials, surtout dans les agglomérations. Pour ce groupe-cible, la voiture n’est pas le premier ou le seul moyen de transport, poursuit Annelies Develtere. "Le transport combiné gagne en importance. Les millennials utilisent les transports en commun conjointement avec un vélo partagé, une trottinette électrique ou une voiture partagée. Ils choisissent un moyen de transport en fonction du type de déplacement. La technologie numérique a rendu cette flexibilité parfaitement possible. Et de nouvelles solutions et possibilités de mobilité apparaissent chaque jour."

Futur écologique
Il faut enfin y ajouter l’aspect écologique. À Bruxelles, une voiture partagée remplace jusqu’à huit voitures. Or, la possession d’une voiture a une influence directe sur l’utilisation. "Un Belge qui n’a pas de véhicule emploie la voiture pour 20% de ses déplacements. Avec une voiture, c’est 60%. Et pour ceux qui possèdent deux voitures, 80%. Les millennials vont certainement faire ressentir leur influence dans ce domaine au cours des années à venir."

"Pour les millennials, la voiture ne constitue qu’une solution dans un univers du transport beaucoup plus vaste"
Talitha Muusse
spécialiste des millennials

De symboles de statut à objets de consommation

Les millennials parcourent en moyenne 10% de kilomètres de moins en voiture que leurs parents. Conséquence, notamment, de la nette expansion de l’offre de mobilité ces dernières années.

Les millennials – soit les 18 à 38 ans – qui habitent en ville ou en périphérie préfèrent choisir leur moyen de transport en fonction du déplacement à effectuer. "Les marques et les modèles de voitures ont perdu en importance à leurs yeux", analyse Talitha Muusse, spécialiste des millennials et cofondatrice de De Duurzame Jonge 100, une plateforme de jeunes entrepreneurs et professionnels durables. "Auparavant, les voitures étaient des symboles de statut; désormais, elles constituent plutôt des objets de consommation pratiques."

Déplacements flexibles
Pour les millennials, les voitures ne constituent qu’une solution dans un univers des transports beaucoup plus vaste, prolonge Talitha Muusse. Elles sont adaptées aux déplacements flexibles, au même titre que les transports en commun et le vélo. "Quand les millennials ont besoin de se déplacer, ils recherchent le mode de transport le plus adapté."

Lorsqu’ils décrochent leur premier emploi, les millennials préfèrent une utilisation combinée de plusieurs moyens de transport à la voiture de société classique, remarquent un nombre croissant d’employeurs. "Au cours des années à venir, les entreprises proposeront de plus en plus une formule d’abonnement unique incluant le train, le tram, le bus, la voiture partagée et le vélo partagé", prédit Talitha Muusse.

Voiture électrique
Les millennials sont également disposés à payer un peu plus cher pour des alternatives durables. "La voiture électrique en fait assurément partie", illustre Talitha Muusse. "À ceci près qu’ils ne veulent pas vraiment payer beaucoup plus cher en échange." Pour accroître leur attrait, les constructeurs de véhicules électriques devront donc encore baisser leurs tarifs.

Les millennials ont en revanche tendance à oublier ces motivations écologiques lorsqu’ils prennent l’avion, nuance la spécialiste. "Les billets d’avion bon marché sont en contradiction complète avec leur quête de durabilité dans les autres moyens de transport. Mais cela est imputable aux offres. Pour de longues distances, l’avion est souvent l’option la plus rapide et la moins coûteuse."



Pour plaire aux millennials, la voiture de demain répondra à des critères précis

Qu'il vive en ville ou à la campagne, le millennial possédera son propre véhicule ou se contentera d’un véhicule partagé en fonction de ses besoins. C’est l’une des cinq tendances de la voiture de demain identifiées par Strategy&, l'équipe de conseil en stratégie de PwC.

Pour continuer à attirer les millennials, la voiture de demain devra répondre à leurs attentes spécifiques. "La première tendance est l'électrification", avance Fernand Dimidschstein, associé principal chez Strategy& Belgique. "D'ici 15 à 20 ans, seule les voitures qui ne produsent que peu d’émission de CO2 seront autorisées dans les centres-villes. Les millennials – et une tranche plus âgée de la population – cherchent déjà à acquérir des véhicules, si pas totalement électriques, tout au moins hybrides."

La deuxième tendance est l'automatisation. Demain, les voitures nécessiteront peu voire aucune intervention humaine. "Les premiers véhicules partiellement autonomes sont déjà sur le marché. En Belgique, il s'agit plutôt de véhicules semi-autonomes avec régulateurs de vitesse intelligents, freinage automatique, etc. Des prouesses qui iront toujours plus loin."

La troisième tendance est l'économie de partage, comme c'est déjà le cas avec les systèmes de flotte en libre-service proposés par DriveNow et Zipcar, par exemple. "Qu'il vive à la campagne ou en ville, le millennial disposera de son propre véhicule ou d'un véhicule partagé en fonction de ses besoins."

Optimiser le temps de déplacement
Vient ensuite la connectivité. "Il existe deux types de voitures connectées. Celles connectées entre elles et avec l’infrastructure afin de réduire les accidents, et celles qui offrent à l'utilisateur de pouvoir travailler pendant son trajet via les connections data. Sans oublier les aspects de sécurité qui accompagnent ce type d'automobile, comme envoyer un signal à la police en cas d'accident."

La dernière tendance est la notion de mise à jour du véhicule et du parc automobile. À l’instar de n'importe quel logiciel, un véhicule connecté nécessite une mise à jour. "À l’avenir, celle-ci pourra être réalisée depuis chez vous, sans vous rendre chez votre garagiste." Grâce à ce système, le nombre de voitures en circulation diminuera, alors même que les ventes de voitures augmenteront. "En effet, tout le monde se servira de la voiture autonome, qui parcourra donc plus de 60.000 kilomètres par an – au lieu des 25.000 kilomètres actuels – et s'usera deux fois plus vite, ce qui entraînera un renouvellement plus intensif du parc automobile."

Souvent comparé à l’abandon du téléphone filaire au profit du GSM, le passage de la voiture d'aujourd'hui à celle du futur permettra d’optimiser le temps de déplacement. Mais cela dépend aussi de critères tels que la fourniture d'électricité. "Notre gouvernement doit adopter une approche holistique de l'énergie et de la mobilité, cette dernière ne se résumant pas à se rendre du point A au point B", conclut Fernand Dimidschstein. "Nous devons essayer de réduire nos besoins de mobilité en laissant une plus grande place au télétravail et aux vidéoconférences car, en définitive, la meilleure mobilité est celle dont nous n'avons pas besoin."

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