Le départ du populiste Lieberman fragilise le gouvernement Netanyahou

L'ultranationaliste Avigdor Lieberman. ©© EPA

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, à la tête du petit parti ultranationaliste Israël Beiteinou, a démissionné mercredi, après qu'un accord de cessez-le-feu a été conclu la veille entre Israël et les groupes palestiniens de Gaza. L'annonce est tombée lors d'une conférence de presse surprise.

LE RÉSUMÉ

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a remis sa démission mercredi, dénonçant l'accord de cessez-le-feu conclu entre les Palestiniens et le gouvernement Netanyahou.

La coalition, en place depuis 2015, est fragilisée. Les élections, prévues en novembre 2019, pourraient avoir lieu avant.

La situation reste explosive dans la région.

Le leader populiste n'a pas apprécié que le gouvernement mette fin aux hostilités déclenchées dimanche à la suite d'une incursion de militaires israéliens dans la bande de Gaza, estimant que cet accord est une "capitulation face à la terreur".

"Cela nuira gravement à notre sécurité à long terme", a-t-il affirmé. Avigdor Lieberman a appelé à des élections anticipées "le plus vite possible" et espère qu'"une date sera fixée dimanche prochain". "Il n'existe aucune voie vers un accord avec le Hamas", avait-il affirmé quelques semaines auparavant.

Avigdor Lieberman dénonce aussi l'injection "de millions" à Gaza par les Qataris, avec l'autorisation du gouvernement israélien, pour payer les fonctionnaires de Gaza. Sa démission n'est pas une première, en 2012 Lieberman avait remis son portefeuille des Affaires étrangères après avoir été inculpé pour fraude.

Le gouvernement Netanyahou fragilisé

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou n'a pas l'intention de jeter l'éponge. Des élections sont prévues pour novembre 2019, et il entend tenir jusque-là. Selon certaines sources, il pourrait reprendre le ministère de la Défense, alors qu'il détient aussi celui des Affaires étrangères.

Le départ de Lieberman fragilise tout le gouvernement en place depuis 2015. Sans Israël Beiteinou, "Bibi" ne détient plus la majorité parlementaire qu'à un siège sur 120. Déjà, d'autres partis de la coalition réclament le portefeuille de la Défense, comme le ministre de l'Enseignement Naftali Bennett, membre du parti nationaliste religieux Foyer juif.

Le cessez-le-feu entre Palestiniens et Israéliens a été négocié par l'entremise de l'Egypte, pour être ensuite approuvée par l'exécutif israélien. Le texte prévoirait un retour aux dispositions de l'accord qui avait mis fin au conflit de 2014. Quatre ministres du gouvernement Netanyahou auraient refusé de donner leur accord, selon plusieurs sources. En plus d'Avigdor Lieberman, il faudrait compter, parmi les frondeurs, le ministre des Affaires de Jérusalem Ze'ev Elkin (Likoud), Naftali Bennett et le ministre de la Justice Ayelet Shaked (Foyer juif).

Gaza sous haute tension

Une confrontation sans pareille depuis la guerre de 2014 a éclaté lundi et mardi, après qu'une équipe des Forces spéciales israéliennes a passé la barrière de sécurité entre les deux zones, à hauteur de Khan Yunis, au sud de Gaza.

L'opération, découverte, a provoqué un déluge de 460 roquettes tirées par le Hamas et le djihad islamique sur le territoire israélien, faisant un mort et des dizaines de blessés. L'armée israélienne a répliqué par des tirs nourris à partir de tanks et d'avions en direction de positions des terroristes. Au moins sept Palestiniens ont été tués par la riposte et 26 autres blessés. Ces échanges ont fait craindre une escalade et le déclenchement d'une quatrième guerre dans la région.

En dépit du cessez-le-feu, la situation reste explosive à Gaza même si, des deux côtés de la barrière, les écoles ont été rouvertes. Dans la cité soumise à un blocus, le Hamas criait victoire après la démission du ministre de la Défense, des manifestants brûlant des images à l'effigie d'Avigdor Lieberman.

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