20 millions pour la dernière demeure de Picasso

©AFP

La dernière demeure du peintre Pablo Picasso, à Mougins près de Canne, a été vendue aux enchères à un homme d'affaires néo-zélandais.

"Il y a des lieux qui cultivent les secrets", écrivait Nice Matin en 2008 alors que la fille de Pablo Picasso vendait la demeure de la côte d'Azur dans laquelle le peintre avait vécu et était mort.

La villa, qui s'appelait jadis "Notre-Dame-de-Vie", du nom de la chapelle qui surplombe la propriété, a depuis tenté de reprendre vie mais sans succès. Elle a été vendue ce jeudi aux enchères pour un peu plus de 20 millions d'euros à un homme d'affaires néo-zélandais .

Dans un premier temps, en juin, la mise à prix avait été fixée à 18,360 millions d'euros. Rayo Withanage, cet investisseur néo-zélandais d'origine sri-lankaise avait ensuite fait une surenchère de 10%, portant la mise à prix à 20,196 millions d'euros. Personne ne s'étant présentée au tribunal, il remporte la mise.

©AFP


Enième rebondissement du feuilleton immobilier

C'est en 1961 que le maître espagnol acquiert la propriété de Mougins, près de Cannes. Il y est mort 12 ans plus tard. C'était le 8 avril 1973.

Sa dernière épouse, Jacqueline Roque, est restée dans la maison jusqu'à son suicide en 1986. Sa fille, Catherine Hutin-Blay, hérite alors de la demeure qu'elle vend 10 millions d'euros.

L'avant Pablo Picasso s'écrit dans la famille Guinness, alors propriétaire. Parmi ses visiteurs réguliers, on note un certain Winston Churchill.

Pablo Picasso (à gauche) et sa femme Jacqueline sur la terrasse à Mougins ©AFP

L'après Pablo Picasso est plus mouvementé. La demeure a récemment déjà failli tomber dans l'escarcelle de Rayo Withanage. En janvier, il y annonçait de futures manifestations caritatives pour la promotion des arts et des soirées événements au profit du développement durable en collaboration avec Monaco et la ville de Mougins.

"De la poudre aux yeux", selon l'avocat Maxime Van Rolleghem, au service de la banque Achmea Bank, créancier de l'actuel propriétaire des lieux. "Le Sri-Lankais a fait campagne pour dire qu'il l'avait achetée, hors enchères et à l'amiable, mais ce n'est pas vrai. Il a fait une offre en juin à 20,196 millions d'euros, mais n'a pas rassemblé les fonds".

Aujourd'hui, Me Van Rolleghem, reconnaît: "Rayo Withanage est propriétaire à compter de ce jour mais il doit encore payer le prix dans les deux mois".  Et d'ajouter: "Depuis un an, nous étions en discussion avec lui, il essaye de s'organiser pour l'acquérir mais sans réussir à réunir la somme, espèrons qu'il va y arriver dans la dernière ligne droite"

L'actuel propriétaire néerlandais a acheté la maison à la fille de l'artiste en 2007. Rebaptisée "l'Antre du Minotaure", la demeure a été agrandie et dotée de nombreux aménagements: piscine, ascenseur, climatisation, spa, garages, tennis. Mais faute d'argent, les travaux ont été arrêtés. "Il y a fait de très gros travaux et misait sur un prix de revente de 170 millions d'euros."

Une demeure du XVIIIe avec vue 

Des visites de la villa ont eu lieu fin septembre. A cette heure, il est impossible de savoir qui enchérira. La vente aura lieu par avocat interposé obligatoire, devant un juge du tribunal de grande instance qui annoncera le nom du vainqueur.

"Il y a eu beaucoup de publicité, on a mandaté Christie's mais ça ne se vend pas comme un pot de Nutella, il y a entre 1.700 et 2.400 m² habitables et 30.000 m² de terrain. Ça peut ne pas décoller et rester entre les mains du Sri-Lankais qui aura deux mois pour payer s'il y arrive", précise Me Van Rolleghem.

S'étalant sur trois hectares, l'ancienne propriété Picasso a une très jolie vue sur la baie de Cannes et les montagnes de l'Estere. Elle souffre toutefois d'un environnement quelque peu bruyant et d'une servitude pour le passage des promeneurs.

L'habitation principale, frugale du temps de Picasso, date du XVIIIe siècle. Elle a été profondément restaurée. Des baies vitrées ont été ajoutées pour faire entrer davantage de lumière.

Pablo Picasso dans l'atelier de sa propriété de Mougins. ©Photo News

"De la période Picasso, la seule pièce originale est l'atelier. Il porte encore des traces de taches de peinture laissées par le peintre, mais la propriété ne contient aucune oeuvre", précise l'agence immobilière Michaël Zingraf. Ce réseau spécialiste des propriétés de prestige et d'exception avait été approché il y a trois ans pour revendre le bien, alors été estimé entre 20 et 25 millions d'euros dans son état de finition inachevé.

Le mandat de vente n'a jamais pu être finalisé, ni aucune visite organisée en raison des démêlés conjugaux et déboires financiers du propriétaire.

Pablo Picasso ©Roger-Viollet / Belga Image

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content