L'Astoria va retrouver ses ors

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Global Hotels & Resorts ambitionne de restaurer l’Astoria pour en faire l’hôtel de luxe le plus prestigieux de la capitale.

Il fut un temps où parmi les hôtels qui font rêver - l’Hôtel Sacher de Vienne, le Ritz de Paris ou le Danieli à Venise - figurait en bonne place l’Hôtel Astoria de Bruxelles. Mais le poids des ans et, surtout, les différentes transformations/détériorations qu’il a subies lui ont largement fait perdre sa superbe. Fermé depuis fin 2007, l’Astoria est au coeur d’un projet qui vise à lui rendre la place qui est la sienne au sein des palaces de légende.

Construit en 1910 à l’initiative de Léopold II qui souhaitait y loger des têtes couronnées à l’occasion de l’Exposition universelle, l’Astoria ambitionnait d’égaler le prestige du Waldorf Astoria de New York. Oeuvre de Henri van Dievoet (1869-1931), petit neveu de Joseph Poelaert et architecte notamment de l’Arsenal de Charroi, l’hôtel bénéficia des matériaux les plus nobles: marbres, ferronneries, bronzes, éléments décoratifs en feuilles d’or, vitraux,… Il était également à la pointe du progrès avec l’électricité, l’eau chaude dans les chambres et deux ascenseurs.

Si aujourd’hui, l’Astoria est un "animal blessé" pour reprendre les termes de l’architecte Francis Metzger qui préside à sa "réhabilitation", il n’en a pas moins conservé son cachet. "L’essentiel y est, mais on a perdu ce qui faisait sa saveur, constate l’architecte. En 1910, l’hôtel était extraordinaire, c’était une oeuvre totale et au fil du temps, on a perdu sa signature. Notre ambition est de rétablir l’Astoria dans sa vieille grandeur." Mais il ne s’agit pas uniquement de rendre sa majesté au bâtiment, le projet vise également à le doter de tout le confort et le standing d’un 5 étoiles. "L’Astoria nous oblige à rétablir l’établissement au top des hôtels de Bruxelles et parmi les plus grands d’Europe, explique Urs Gassmann, CEO de Global Hotels & Resorts qui a acquis l’hôtel en 2008. C’est un lieu de mémoire chargé d’histoire qui n’a pas d’équivalent à Bruxelles." La sociétédu cheik Mohammed Youssef El-Khereiji détient déjà des intérêts dans des hôtels de prestige et des hôtels d’affaires en Europe. Le groupe est notamment propriétaire du Château Hotel Mont Royal, un château de style XVIIIe niché au coeur de la forêt de Chantilly près de Paris. Pas moins de 68 à 70 millions d’euros seront investis (achat compris) pour intégrer l’Astoria à cette niche de lieux de prestige.

Entre authenticité et modernité, l’hôtel passera de 108 chambres à 140, de taille plus grande. Le groupe est en effet propriétaire de 5 bâtiments contigus, dont deux rue Royale, ce qui permettra de porter la surface totale de l’hôtel à 15.000 m2. Rénovée à l’identique, la façade néoclassique historique sera prolongée par une façade contemporaine constituée de tôles mobiles d’inox perforé et embouti. En version ouverte (de jour), elle évoquera la façade d’origine et pourra s’ouvrir ou se fermer en fonction de l’occupation des chambres en jouant sur le rapport plein/vide. Le grand hall retrouvera sa verrière tandis que l’ancien lanterneau, mesurant deux étages de haut sur 15 mètres de long, détruit après la guerre sera reconstitué avec des vitraux colorés d’après les photos d’époque. L’hôtel sera en outre doté d’une piscine et d’un espace "wellness". Ce nouveau joyau devrait s’ouvrir fin 2012.

Didier Béclard

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