La première bourse de l'histoire renaît à Anvers

Le Handelsbeurs rouvre ses portes 20 ans après. ©Tim Fisher

Le Handelsbeurs (bourse du commerce) d’Anvers, joyau néogothique entièrement rénové, a été officiellement inauguré et rendu au public.

Dans le cœur de la ville, les Anversois retrouvent enfin un lieu emblématique de rencontres et d’activités économiques et culturelles. Vacante depuis 1997 suite au transfert des activités boursières à Bruxelles, fermée au public en 2003, c’est après une inoccupation de vingt ans, dont quatre ans d’un chantier hors-norme, que la bourse retrouve ses couleurs et son éclat. C’est en 1531 qu’est érigée ici la première bourse d’échanges de l'histoire, qui servira de modèle à d’autres édifices.

En 1858, un incendie la ravage. Le peu qui reste debout doit être démoli, à l’exception d’une tour du XVIe siècle, rénovée elle aussi. Une colonne d’origine, marquée par l’incendie, est conservée dans le jardin de l’Académie d’Anvers.

©Tim Fisher

En 1872, sur le plan d’origine, l’architecte Jos Schadde achève la reconstruction de style néogothique de la bourse. Il choisit d’élever le bâtiment et de ne pas actualiser la vaste coupole avant-gardiste que l’industriel liégeois Charles Marcellis, né à Anvers et passionné de fonte et de fer, avait conçue en 1854 pour couvrir l’édifice. Jos Schadde lui préfère une délicate ossature métallique – correspondante à une charpente en bois – dont les parties ouvertes sont remplies d’éléments floraux également néo-gothiques. Il ne s’agit d’ailleurs pas encore d’Art nouveau puisque l’élément floral n’y a pas de fonction structurelle.

En 1894, l’édifice fait l’objet d’une extension du même style, le Schippersbeurs ("Bourse des bateliers"). Outre ces deux édifices, un dernier complexe, l’Hôtel du Bois, intégrant un noyau du XVIe siècle et pourvu à partir du XVIIIe siècle de façades rococo puis néo-rococo, fait également partie du projet global de restauration.

Ce riche patrimoine présente de multiples éléments de valeur: plafonds en stuc, manteaux de cheminée ornés, parquets, vitraux…

©Tim Fisher

Hôtel de luxe et parking sous-terrain

Le Handelsbeurs, avec son espace ouvert ceintré, est considéré comme une œuvre d’art totale. Le défi consistait à lui rendre sa beauté originelle, dans un scrupuleux respect de ses qualités, et de le doter des équipements technologiques actuels, tout en l’adaptant aux exigences urbanistiques.

©Tim Fisher

Il pourra ainsi remplir ses trois fonctions principales: le hall central, ouvert au public de 9h à 17h, permet aux citadins, en le traversant, de passer à nouveau d’un quartier à l’autre. Cette vaste salle d’une capacité de 1.600 personnes servira également à divers types d’événements: concerts, congrès, foires, défilés de mode,… Le premier étage offrira de nombreuses salles multifonctionnelles tout confort, pouvant accueillir de 30 à 120 personnes.

La Schippersbeurs sera, elle, affectée à l’horeca. Quant à l’Hôtel du Bois et ses 18.000 m2, il sera transformé, sous la bannière de la chaîne Marriott, en un boutique hôtel de luxe de 139 chambres. Tout en rendant son aura à l’édifice de 1872, ce projet de rénovation, démarré en 2016, a réussi l’exploit d’intégrer un parking sous-terrain de trois niveaux sous le hall: pour le construire, il a fallu enlever la dalle d’origine et l’ensemble du complexe boursier a dû être placé sur une structure de pieux temporaire. Une spectaculaire réaffectation esthétique et technique rendue possible, sous la houlette de la Handelsbeurs Antwerpen NV et ses divers actionnaires, par le travail du bureau d’architecture eld, le bureau Origin et l’entrepreneur Denys.

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