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Le Banad révèle les joyaux Art nouveau et Art déco de Bruxelles

Hotel Solvay; (c) Voituron

Pour sa 4e édition, durant trois week-ends, du 14 au 29 mars, le Brussels Art Nouveau et Art Déco Festival (BANAD) invite à pousser les portes d’intérieurs choyées par leurs occupants: 57 lieux dont 8 nouveautés, 42 parcours guidés, etc.

Le festival Art nouveau et Art déco
BANAD Festival

Les 14 et 15, 21 et 22, 28 et 29 mars 2020

www.banad.brussels

 

À la fin du XIXe siècle, portée par une soif de progrès, la bourgeoisie industrielle de Bruxelles aspire à une nouvelle architecture et se détourne des styles glorieux du passé – éclectisme, néoroman, néogothique ou néoclassicisme. Ainsi naît l’engouement pour l’Art Nouveau avec ses décors intégrés à la structure, son usage novateur du fer et du verre. Un art total où fusionnent architecture et arts décoratifs. En 1893, avec l’hôtel particulier qu’il édifie pour l’ingénieur Tassel, Vicror Horta en signe la première manifestation architecturale et lance le mouvement.

La même année et non loin de là, Paul Hankar dépose les plans de sa demeure personnelle. Le style nouveau prendra deux directions : sinueuse et végétale avec Horta, plus géométrique avec Hankar et le liégeois Gustave Serrurier-Bovy dans le mobilier. Très ouverte à la modernité, Bruxelles, avec plus de 500 édifices encore debout, deviendra l’une des capitales européennes de l’Art nouveau avec Barcelone, Vienne, Nancy ou Glasgow.

Après la Première Guerre mondiale, l’architecture se veut plus sobre, plus fonctionnelle et plus géométrique, se dépouillant des ornementations passées. C’est l’heure de l’Art Déco et du modernisme, dont le palais Stoclet, réalisé entre 1905 et 1911, marque les esprits. Les architectes bruxellois se convertissent à ce nouveau style, à commencer par Horta dès 1919.

Outre des maisons et hôtels particuliers, les architectes Art Nouveau et Art Déco se sont illustrés dans les bâtiments publics que le festival permet d’appréhender: cafés et restaurants, Cinémas du centre, Bibliothèque Solvay, Joaillerie Wolfers (Bruxelles-ville), église Art déco Saint-Augustin et son panorama (Forest), ou encore l’école communale n°1 de Schaerbeek, bâtie par Henri Jacobs. Ce disciple de Horta s’était fait des écoles Art nouveau une spécialité. À ne pas manquer non plus: les ascenseurs historiques – patrimoine hélas en danger –, prouesses techniques qui contribua au développement des immeubles à appartements.

Hôtel Ciamberlani. (c) Doc | Banad

Sensibiliser à un riche patrimoine encore menacé

Aux côtés des classiques – la maison Autrique de Victor Horta (qui accueille l’exposition " Horta en Amérique "), la villa Empain, l’hôtel Solvay (avec ses 23 marbres et 17 essences de bois), la maison Van Buuren (objet d’une rénovation toute récente),… –, cette édition ouvre les portes à de nouveaux lieux: la villa Pelseneer (Uccle), marquée par le mouvement Arts and Crafts, étourdit par ses jeux de symétries et d’asymétries – le père de l’architecte, l’ébéniste Henri Pelseneer, dirigeait une menuiserie de 250 ouvriers collaborant aux projets de Victor Horta; la maison Deboodt (Art Déco, Saint-Gilles) avec ses remarquables vitraux; les anciens établissements Blum, avec leur fonctionnalisme typique, en plein cœur de Bruxelles; ou encore la villa Beau-Site (Forest), l’une des maisons les plus emblématiques de l’Art Nouveau bruxellois.

Et pour la première fois, le festival accorde une attention toute particulière à Saint-Josse: "La belle époque" avec ses vitraux et ses mosaïques; les bains Art Déco enfin réouverts au public après une fidèle restauration; la Maison Govaerts; ou encore le restaurant De Ultieme Hallucinatie (ancien hôtel Cohn-Donnay), qui vient de rouvrir ses portes et qui a conservé la plupart de ses décors de 1904.

Dans la riche diversité des événements épinglons, outre une soirée jazz au Résidence Palace en ouverture du festival: la visite des documents d’archives au CIVA, l’exposition "La fabrique de l’ornement" au Musée Horta mais aussi des conférences (dont l’une consacrée à l’histoire traumatisante de la Maison du Peuple), des activités pour enfants, familles, écoles…

Le BANAD offre une occasion unique de visiter des intérieurs privés fermés au public. Une sensibilisation plus que nécessaire à un héritage architectural encore peu ou mal connu des Bruxellois comme des échevins de l’urbanisme et qui, pour cette raison, reste menacé. Loin d’être muséifé, un patrimoine toujours vivant grâce à la passion de ses occupants. Le BANAD s’impose toujours plus comme un événement incontournable, convivial et de portée internationale, pour aller à la découverte des joyaux de l’architecture bruxelloise.

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