chronique

Le renouveau du Civa

Le Civa devient fondation, un nouveau mode de fonctionnement dont l’objectif est de mettre encore davantage en exergue toute la valeur de l’architecture et du paysage bruxellois. Pour commencer, un voyage floral au cœur de l’Art nouveau.

C’est effectif, la nouvelle Fondation Civa a officiellement débuté ses activités avec, en guise d’événement public inaugural, une exposition sur le motif floral dans l’Art nouveau intitulée "Flora’s Feast". Autrement dit, une exploration très colorée (et bien de saison) du lien étroit entre le monde végétal et l’Art nouveau et de ses divers développements. L’événement, dont l’entrée est gratuite, se tient entre les murs du 55, rue de l’Ermitage, bâtiment acquis en 2013, soit l’adresse du "nouveau Civa" transformé en fondation en mars. Mais revenons un tout petit peu en amont afin de comprendre la raison du récent changement de statut du Civa.

Une fondation pour les Bruxellois

Pour ceux qui l’ignorent, Civa est l’acronyme de Centre international pour la ville, l’architecture et le paysage. Depuis sa création en 1999, le centre officie comme un musée de l’architecture et du paysage bruxellois. Depuis 17 ans, il proposait au grand public, outre des expositions, de beaux ouvrages thématiques, des conférences, des animations… autour des spécialités des quatre ASBL distinctes que la structure regroupait, c’est-à-dire les Archives de l’architecture moderne, la Bibliothèque René Pechère sur les jardins, le centre Paul Duvignaud et le Fonds pour l’architecture. Aujourd’hui, ces quatre associations sont rassemblées dans une fondation, la toute nouvelle structure que le Civa a décidé d’adopter suite à des complications d’ordre juridique et budgétaire. Pour être clair, trop endetté, le Civa a vu son contrat programme annulé par l’ancienne ministre de la Culture, Joëlle Milquet, et a dû être mis en liquidation. Alors qu’auparavant, le centre dépendait de la Cocof et de la Communauté française, aujourd’hui, il est pris en charge en totalité par la Région bruxelloise avec un subside annuel de 2 millions d’euros et est devenu une fondation d’utilité publique en date du 8 mars 2016. Le ministre-président Rudi Vervoort évoque ainsi "un projet d’une grande ambition pour ces richesses bruxelloises qui ne cherchent qu’à s’exprimer".

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Concrètement, les changements se manifestent par une plus grande centralisation et rationalisation sous l’égide d’un directeur général administratif et financier (Pieter Van Damme), et par la création de 5 départements. Les 3 premiers sont déjà d’actualité: le département architecture moderne, le département jardin, paysage et écologie urbaine et le département pédagogique. Dans les mois à venir, la Fondation Civa abritera également un département architecture contemporaine et un second autour des équipements biculturels d’intérêt régional.

La nouvelle Fondation Civa a officiellement débuté ses activités avec une exposition sur le motif floral dans l’Art nouveau intitulée "Flora’s Feast".

Yves Goldstein, chef de cabinet de Rudi Vervoort et nouveau président du Civa, parle "d’une fondation pour une seule vision", mais également "d’une fondation comme un aiguillon vers une réflexion sur l’avenir de la ville et de l’urbanisme, d’un outil pour les Bruxellois". Il ajoute que le Civa va s’ouvrir toujours davantage vers les habitants de la capitale et avance un plan d’action en septembre ou octobre qui présentera les actions prévues dans ce sens. D’ici là, on en saura peut-être davantage sur la faisabilité du projet de la fondation de déménager à terme dans le "Garage Citroën", place de l’Yser, destiné à devenir un musée. L’étude débutera cet été.

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Pour le public, cela signifie l’accès à différents services tels des expositions temporaires et permanentes, des conférences, des ateliers et stages pédagogiques, mais aussi la mise à disposition de fonds exceptionnels d’archives (plans, maquettes, photos, objets et meubles d’architecte, des dizaines de milliers d’ouvrages et revues internationales sur l’urbanisme et son histoire, sur les arts appliqués, sur les jardins et paysages urbains, sur l’écologie…).

La nature stylisée

Jusqu’au 9 octobre, l’exposition "Flora’s Feast" présente sur deux étages des exemples des multiples interprétations plastiques que l’Art nouveau a élaborées en s’inspirant des plantes et des fleurs. Autour de l’orchidée mise en évidence en raison de la fascination qu’elle a éveillée chez de nombreux artistes et scientifiques, on retrouve des évocations plastiques, dont certaines inédites (céramiques, peintures, dessins, mobilier, affiches, bijoux…) du tournesol, du pavot, du lys blanc, du nénuphar, de l’anémone, etc. Une exposition toute en grâce et légèreté.

"Flora’s Feast. Le motif floral dans l’Art nouveau", jusqu’au 9 octobre à la Fondation Civa à Bruxelles, 02 642 24 50, www.fondationciva.brussels

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