Égalité? Disons plutôt: 40 partout…

©Twentieth Century Fox France

L’argument? Dans les années 70, les tenniswomen qui gagnent des tournois du Grand Chelem sont moins bien payées que les hommes. Dix fois moins bien… Les réalisateur et réalisatrice de "Little Miss Sunshine" s’emparent d’une histoire vraie pour agiter les drapeaux "féminisme" et "combat gay": le duel qui opposa l’ancien n°1 mondial Bobby Riggs à la championne du moment Billie Jean King.

L’année dernière, la polémique a failli refaire surface: les femmes étaient-elles l’égal des hommes? A fortiori, les femmes qui jouent au tennis? Lorsque John McEnroe déclara à un journaliste que selon lui le 700e joueur mondial serait encore capable de battre la n°1 féminine (alors Serena Williams), le petit monde tennistique s’enflamma. Serena déclara qu’elle ne "discuterait" la question qu’avec un joueur "jouant" et non un vulgaire "retraité". C’est un autre ex-champion, et non des moindres, Mats Wilander en personne, qui apaisa la tension en expliquant qu’il ne fallait pas comparer, et en rappelant le plaisir des tournois de doubles mixtes, où les complémentarités peuvent opérer…

"The Battle of the Sexes"

Note: 3/5

De Jonathan Dayton et Valerie Faris

Avec Emma Stone, Steve Carell, Andrea Riseborough…

Pour revenir au film, il faut sans doute l’apprécier pour ce qu’il est: une sorte de pantalonnade, qui permet au spectateur de se replonger dans une époque. Pas très bien réalisé, ni très finement écrit – on cherchera en vain la profondeur que les thèmes féministes auraient pu laisser supposer –, il contient cependant quelques séquences d’anthologie, celles où de grands acteurs peuvent s’exprimer.

Steve Carell s’amuse à faire le portrait d’un cabotin qu’intéresse surtout la publicité faite autour de sa personne (et qui humilie les prétentieux en les battant avec une poêle à frire en guise de raquette)… Quant à Emma Stone, elle joue de son charme naturel pour incarner une joueuse professionnelle apeurée par son statut de star grandissante, à mesure que les différentes causes s’emparent de son image pour façonner quelqu’un d’autre.

On cherchera en vain la profondeur que les thèmes féministes auraient pu laisser supposer, mais il demeure quelques scènes d’anthologie.

Cette "Bataille des Sexes" ne restera pas comme le grand film sur l’émancipation féminine que d’aucuns attendaient, mais il constitue néanmoins un pamphlet intéressant dans son genre: celui du "feel good movie" sans prétention.

Battle of the Sexes - Bande Annonce

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