"Extase" à Bozar | Le premier orgasme du cinéma

L'actrice Hedy Lamaar

Bozar, à Bruxelles, nous propose de revenir sur un chef-d’œuvre en version restaurée: "Extase" de Gustav Machatý, avec l’inoubliable Hedy Lamarr. Un chef-d’œuvre d’érotisme suivi d’un débat sur la nudité féminine au cinéma.

Il est des jalons incontournables dans l’histoire du 7e Art, et "Extase" (1933) est bien de ceux-là. Parce qu’on y voit une femme nue – et que la censure américaine réussit à interdire le film jusqu’en 1940? Parce que cette femme nue, dans une autre séquence, se prend le front sous l’emprise de ce qui ressemble bien à un orgasme? Pas seulement…

La raison en est bien plus simple: le film est un chef-d’œuvre.

La version restaurée présentée à Bozar a été projetée au dernier festival de Venise. Un pur moment de cinéma.

Véritable tour de force de mise en scène, il combine tout – musique, découpage, recherche formelle, casting – pour nous livrer quelques séquences réellement incontournables. Des séquences qui, en matière d’érotisme et de la matérialisation de certains fantasmes féminins, restent  indétrônables après neuf décennies.

Une jeune femme épouse un monsieur âgé: l’air est connu. Mais lors d’une promenade à cheval, la jeune femme s’autorise un bain dans un lac. La jument (sur la croupe de laquelle est restée la combinaison/salopette de soie blanche!) part à l’aventure, appelée par un étalon – attention symbole. La jeune femme poursuit sa monture en tenue d’Eve, bientôt débusquée par un jeune ingénieur des chemins de fer. 

Ecstasy 1933 Hedy Lamarr +King Crimson Easy Money from Live in U S A

"L’une des plus belles femmes du monde"

La séquence est restée dans la mémoire collective: Hedy Lamarr, à peine 18 ans, n’est pas encore estampillée "l’une des plus belles femmes du monde", elle n’est pas encore une star internationale sur l’égide de la M.G.M., mais elle déploie déjà toute sa présence hypnotique de femme forte, qui aura le dernier mot.

Dans une autre séquence elle retrouve l’ingénieur et se laisse aller à une extase toute spirituelle, spéculative – d’ailleurs elle est habillée. Les gros plans s’enchaînent: sa main abandonnée près du tapis, son front, ses yeux perdus dans le vague… et que dire de ce plan magistral, où son profil se détache d’elle et entre dans le visage de son amant pour indiquer, au-delà des corps, l’union des âmes?

La version restaurée présentée à Bozar a été projetée au dernier festival de Venise. Un pur moment de cinéma, à compléter par la vision du récent documentaire: "Hedy Lamarr – from Extase to Wifi", où l’on nous rappelle que l’actrice ne se contenta pas d’être une icône: elle fut aussi une pionnière des codages complexes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Le 20/2/20 (19h), à Bozar (Bruxelles).

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect