Netflix n'a pas raté son départ en Belgique

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Le service de streaming Netflix doit maintenant garder l’attention du public après un départ réussi. Après six mois, rien n’a fondamentalement changé dans le secteur, selon une étude du centre de recherches digitales iMinds.

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Un quart de la population internet adulte se disait intéressée par Netflix avant son lancement en Belgique.

Juste avant le lancement de Netflix, les chercheurs d’iMinds ont demandé à plus de 2.000 personnes ce qu’elles pensaient du service de streaming pour les séries et les films. Il en était ressorti que Netflix avait de belles perspectives dans notre pays, puisqu’un quart de la population internet adulte se disait intéressée, à des degrés divers d’enthousiasme.

Six mois plus tard, il semble que le service américain ait relativement bien réussi à transformer son potentiel.

• La très grande majorité de ce qu’iMinds nomme les "innovators" (lisez: la jeune garde qui veut absolument être la première à posséder les nouveaux gadgets) a au moins pris un abonnement d’essai.

• Quant aux "early adopters" (les personnes qui se veulent dans le mouvement, mais pas à n’importe quel prix), une majorité a payé immédiatement.

• Même une partie de ceux qui montraient peu ou pas d’enthousiasme lors du lancement a testé le service.

Les chercheurs estiment donc actuellement entre 60.000 et 100.000 le nombre d’abonnés payants à Netflix en Belgique.

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C'est maintenant que le défi arrive

"Ils doivent donc stimuler l’offre. Nous remarquons que beaucoup d’utilisateurs atteignent assez rapidement un point de saturation."
Lieven De Marez
Professeur à l’UGent

Le départ est donc loin d’être raté. Mais selon l’enquête, c’est maintenant que le vrai défi arrive. Les chercheurs rapportent en effet que bon nombre ne sont pas satisfaits de l’offre de Netflix, bien qu’il ajoute régulièrement de nouveaux titres. Le manque de films récents surtout en déçoit certains, qui n’ont pas hésité à se désinscrire. "Les clients choisissent Netflix pour deux raisons: le confort d’utilisation et l’offre. Le premier aspect est rempli, mais est facile à copier. Ils doivent donc stimuler l’offre. Nous remarquons que beaucoup d’utilisateurs atteignent assez rapidement un point de saturation", affirme Lieven De Marez, professeur à l’UGent, qui a mené l’enquête avec iMinds.

Par ailleurs, l’attrait pour la nouveauté Netflix n’a pas eu d’influence décisive sur le monde de la télévision, qui n’a peu ou pas été attaquée par son arrivée. Le visionnage Netflix vient donc s’ajouter au temps passé devant la télévision "normale".

Le prix comme critère décisif

"Netflix est tout de même un événement important pour l’écosystème."
Lieven De Marez
Professeur à l'UGent

Si Netflix cannibalise quelque chose, ce sont les packs payants des concurrents. Avant le lancement, la moitié des répondants intéressés par Netflix disaient en effet qu’ils opteraient pour une seule offre. De fait, une partie d’entre eux ont, après leur inscription chez Netflix, résilié leur abonnement concurrent. Critère décisif: le prix. Telenet s’en est bien sorti, relève Lieven De Marez: "En ajoutant l’option de revisionnage et en élargissant son offre de séries-HBO, il a convaincu une partie des répondants que Play More valait la différence de prix. En ce sens, Netflix est tout de même un événement important pour l’écosystème."

Selon le professeur De Marez, il est probable que le paysage de la télévision payante devienne une sorte de bus "hop-on, hop-off", ce bus pour touristes que l’on quitte et rejoint à sa guise. "La jeune génération fait un usage très intensif des médias, qu’elle consomme de manière très opportuniste. Un jour via Netflix, un autre via d’autres packs, en passant par les alternatives illégales comme Popcorn Time. Vraisemblablement, c’est là le modèle du futur."

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