"Nous produisons trop de films flamands"

"Alabama Monroe", du producteur flamand Dirk Impens. ©rv

Après trente ans de production cinématographique et deux nominations aux Oscars, Dirk Impens ferme sa maison de production et pousse un cri d'alarme: "Ne faut-il pas revoir le système?"

Pourquoi avez-vous décidé que c’en était assez?

Dirk Impens: "If it’s worth to be done, it’s worth to be done good." C’est ainsi que je vois les choses. Cela laissera des traces. Certainement si les choses se gâtent sur le plan économique, comme c’est le cas aujourd’hui dans le cinéma flamand. Les gens vont de moins en moins au cinéma.

Netflix, Amazon, TV-on-demand...les gens veulent tout, ici et maintenant. C’est l’époque qui veut cela. Je le comprends, et pourtant, j’ai du mal à l’accepter. (Il sourit). Dans les années ’80, personne n’allait voir les films flamands, tout simplement parce que la plupart d’entre eux n’étaient pas bons.

Daens (extrait)

Et lorsqu’il y avait une stratégie cinématographique, elle était fortement politisée. J’ai produit "Daens" en 1992. J’ai dû puiser très profond dans les caisses, mais ça ne me gênait pas.

Même si peu de personnes croyaient dans ce film, je devais le faire, en tant que fan de Boon. Les films ont commencé à s’améliorer.

Il y a 15 ans, l’arrivée du Vlaams Audiovisueel Fonds (VAF) fut un tournant. Depuis, on a produit plus de films, et de meilleure qualité, et le cinéma flamand a retrouvé la confiance du public. Mais ces deux ou trois dernières années furent moroses. Nous n’arrivons plus à convaincre les gens.

Quelles seraient les solutions?

"Cela a bien marché par le passé mais est-ce encore suffisant maintenant que les gens ne vont plus au cinéma?"

Ne faut-il pas revoir le système? Nous produisons trop de films flamands et le public est trop restreint. La commission cinématographique se comporte comme un dieu et décide. Ce film-là, oui, celui-là, non. Cela a bien marché par le passé mais est-ce encore suffisant maintenant que les gens ne vont plus au cinéma? N’avons-nous pas trop d’écoles de cinéma en Flandre? Ne devrions-nous pas envisager de travailler avec un numerus clausus?

Qu’allons-nous dire à tous ces talents qui piaffent d’impatience? "Vous avez le droit de faire un long-métrage, mais ensuite, vous feriez mieux de changer de métier, parce que personne n’ira voir votre film?"

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