Pas d'automne sans festivals

"Braguino", filmé au milieu de la taïga sibérienne, ouvre "Filmer à tout prix" ©SEPPIA

Qu’il est gâté, le cinéphile belge! Alors que les frimas pointent le bout du nez, les occasions de se calfeutrer dans les salles obscures se multiplient, avec pléthore de festivals en vue. Et il y en aura pour tous les goûts!

Bien sûr, il y a les internationaux: Cannes, Toronto, Venise, Berlin… Bien sûr, il y a les incontournables belges: Gand, le festival d’amour de Mons, Ostende, le très francophone Namur, et bien sûr la fierté nationale qu’est le fantastique BIFFF. Mais il y en a d’autres. Beaucoup d’autres. En attendant la grand-messe du film d’animation (Anima, du 8 au 19 février 2018) ou le Ramdam – le festival qui dérange – de Tournai (du 13 au 23 janvier), voici un florilège de ce qui nous attend ces prochaines semaines.

Pink Screens 

©rv doc

Toutes les préférences sexuelles sont bienvenues au festival Pink Screens, proposé par le cinéma Nova du 8 au 17 novembre. Rien de tel pour découvrir de nouveaux horizons que de plonger dans le bain de jouvence créatif proposé par le mouvement LGBT (pour lesbien, gay, bisexuel, transsexuel).

L’ASBL Genres d’à côté, qui coorganise le festival, va plus loin et définit Pink Screens comme un festival de films queer. Ce mouvement ne se contente pas de vivre son homosexualité, il revendique, comme le féminisme, un changement dans la société et/ou dans le regard de l’autre, jusqu’à l’effacement espéré des frontières. C’est donc dans une énergie un peu révolutionnaire que nous sommes invités à questionner notre monde, par exemple grâce au focus "Get Naked     Oh My God!". La nudité non comme simple absence de vêtements, mais comme arme de destruction massive: la destruction de nos antiques cloisonnements mentaux, bien entendu… Notons que le festival se dédouble, avec des projections aux cinémas Aventure et Galerie. Sans oublier, en décembre un cycle "Sida" à la Cinémathèque: "120 battements et plus"…

Festival de Comédie de Liège

Le jeune mais très dynamique Festival de Comédie de Liège se déroulera du 7 au 10 décembre dans différents lieux de la Cité ardente. L’idée était de combler un vide: le grand public est fan de comédies, mais aucun festival n’existait en Belgique! Cette deuxième édition risque de supplanter la première, qui avait déjà attiré beaucoup d’attention grâce à la présence de Daniel Prévost, Eric Judor, Renaud Rutten ou Dominique Pinon. Cette année, le jeune directeur de 26 ans, Adrien François, attend la venue de Michèle Laroque, de Gérard Darmon (en invité d’honneur) et de nombreux autres. Si vous voulez muscler vos zygomatiques, direction la Cité ardente…

Festival du Cinéma Méditerranéen

©rv doc

Le (déjà) 17e  Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, se tiendra du 1er  au 8 décembre. L’occasion de découvrir des films issus de tout le pourtour de la  Mare Nostrum. La spécificité de cette édition: un jury entièrement féminin, pour une sélection qui, elle aussi, donne la part belle à la femme.

Parmi les avant-premières proposées: "La belle et la meute", un film tunisien qui suit la folle nuit d’une jeune femme violée, qui se demande si elle doit oser réclamer Justice. Mais aussi le nouveau film de Tony Gatlif, "Djam", que le réalisateur tsigane viendra présenter en personne.

Filmer à tout prix

Le festival "Filmer à tout prix" ©fatp

Dans la famille "documentaires", il ne faudrait pas oublier le documentaire dit "de création". C’est là que l’auteur s’exprime sous la forme d’un regard personnel qui questionne le réel. C’est là aussi que les sujets les plus politiques, idéologiques et engagés trouvent leur exutoire.

Le temple belge, et bisannuel, du documentaire de création répond au doux nom de FATP, pour "Filmer à tout prix". Autant vous dire qu’on n’est pas ici pour se tourner les pouces, mais bien pour "appeler le monde à l’action". Ici on ne vous parle pas d’esthétique mais de "tentative formelle". L’une des sections est baptisée "cinéma à charge". Et le prix du public est attribué par un "jury populaire"  constitué de  "citoyens qui se sont formés pendant deux mois à l’analyse cinématographique"  auprès du Gsara, l’un des organisateurs. La radicalité de la démarche n’enlève rien à la qualité des œuvres présentées, à commencer par le film d’ouverture: l’étourdissant "Braguino", qui nous embarque en pleine Sibérie, où deux familles devenues ennemies vivent à 500 km du plus proche village…

Du 23/11 au 2/12: www.gsara.be

The Extraordinary Film Festival

Voici la 4e  édition de ce festival pas comme les autres. 42 films inédits proposés dans 6 villes belges, jusqu’au 12 novembre. Leur point commun: le handicap. Mais pas le handicap comme sujet d’apitoiement, surtout. Partant du principe qu’un bon film se base sur un héros qui doit surmonter les obstacles, les organisateurs dressent le parallèle entre le dépassement de soi au cinéma et dans la vraie vie des personnes en situation de handicap. L’invitée d’honneur est la réalisatrice australienne Geneviève Clay Smith: son court-métrage "The interviewer", où un cadre trisomique effectue un entretien d’embauche, a fait le tour du monde…

Bande annonce The Extraordinary Film Festival 2017

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