Sauvage comme une femme

©Entertainment One

C’est le film de l’été: de la musique, de la résilience, et de l’Écosse par-dessus le marché. Sans oublier d’excellentes actrices en pleine forme.

Elle sort de prison, Rose-Lynn. Elle boit son coup. Et elle se bat avec des hommes. Mais elle a aussi un rêve: devenir une star de la musique country. Et quand on a Nashville dans le sang, mon bon monsieur, il n’y a rien à faire… Mais Rose-Lynn va d’abord devoir passer par chez sa mère. Là, elle retrouve ses deux enfants. Rose-Lynn soupire. La route vers Nashville risque de se révéler un peu longuette. Entre elle et la gloire, il y a un océan à traverser. Et bien plus: le poids du quotidien.

Drame
  • "Wild Rose"
  • Cote: 4/5
  • De Tom Harper
  • Avec Jessie Buckley, Julie Walters, Sophie Okonedo…

L’affiche le dit (avec pas mal de culot): "Vous pouvez oublier ‘A Star Is Born’"… Et le pire, c’est que c’est vrai. Si vous aimez la musique qui emporte, les gens qui hésitent, et les acteurs qui chantent eux-mêmes leur partition, alors vous serez servis. Avec bien sûr des séquences attendues, dites "obligatoires du genre": Rose-Lynn qui doit accepter un travail de femme de ménage… Rose-Lynn qui monte à Londres pour rencontrer un DJ-star finalement assez foireux… Rose-Lynn et sa meilleure amie qui croit en elle…

Mais qu’importe. Le spectateur a un plaisir fou à regarder vivre cette femme. Ce qui rappelle la phrase de Truffaut: "Suivez un homme 24 heures et vous aurez 24 heures de la vie d’un homme; suivez une femme et vous aurez un film…" Rose-Lynn n’est autre que la révélation de l’année: Jessie Buckley. Vous pouvez d’ores et déjà retenir son nom: elle est au générique de la série-choc à découvrir de toute urgence, "Chernobyl" (bientôt sur BeTV). Et l’année prochaine, elle partagera l’affiche avec rien de moins que Renée Zellweger dans le biopic de Judy Garland. Avec aussi Benedict Cumberbatch pour un film de guerre froide, ou Keira Knightley dans une comédie années 70 autour des Miss Monde…

À ses côtés, sous les traits de sa mère, on reconnaît l’incroyable actrice anglaise Julie Walters, qui était déjà la prof de danse de "Billy Elliot". Ou la copine de Meryl Streep dans "Mamma Mia". Sans oublier la Mrs Weasley de la franchise "Harry Potter"… Ici, elle offre le contrepoint nécessaire à la furie et à la fièvre de Rose-Lynn.

Bande-annonce

Femme triomphante

Derrière le divertissement, "Wild Rose" est une ode à la liberté.

Parce que derrière le divertissement, "Wild Rose" est une ode à la liberté. Oui, on a le droit d’être une femme enfant. Et une femme violente. Et une grande gueule. Et féminine jusqu’au bout des ongles. Oui. "Wild Rose" revendique cette virilité chère à la Virginie Despentes de "King Kong Théorie" (Grasset, 2006). Dans ce manifeste pour un nouveau féminisme – à l’opposé d’un mouvement #MeToo qui constate la femme en victime permanente -, Despentes revendiquait une place de choix pour les oubliées du système.

"Est-ce qu’il faut renoncer à ses rêves pour trouver enfin qui on est, ou par respect pour ses enfants? Ou faut-il les poursuivre jusqu’au bout, pour les exactes mêmes raisons?" Ce sont les questions que pose ce film, inspiré par l’histoire vraie d’une candidate d’un show à la "The Voice", surdouée et mère de cinq enfants, dont deux placés en institution. La réponse, vous la connaissez déjà. Mais c’est si bon de la découvrir sur grand écran.

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