Toronto, le festival qui fait mal

©Courtesy of TIFF

Cannes, Venise et Berlin font le gros dos, alors que Toronto, qui s’ouvre ce soir, défie toutes les statistiques et rassemble grand public, films d’auteur et… stars à gogo.

Au Canada comme en Amérique, c’est bien connu, quand on décide de se donner les moyens, on se les donne. Et le gentil petit festival de Toronto qui, il y a dix ans encore, sonnait sympathiquement l’heure de la rentrée, de se gonfler. Jusqu’à l’explosion?

À Cannes, malgré la foule et l’exposition médiatique, on s’adresse aux gens du métier (journalistes, professionnels…) sur un ton plutôt élitiste… À Venise, c’est la douceur de vivre: vaporetto et films pointus, avec un zeste de vedettes sages. Pas à Toronto.

350.000: c’est le nombre de spectateurs, sur une dizaine de jours. Plus de 300 films. Un "palais des festivals" construit spécialement en plein centre-ville: le Lightbox et ses… 197 millions de dollars. Dans le milieu, Toronto ravit certains. À d’autres, il fait peur.

Si le festival se contentait de drainer le grand public grâce à des films événements ("Snowden") présentés en grande pompe plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance… Mais Toronto fait beaucoup mieux: en 2016 c’est là qu’on a pu découvrir "La La Land" (juste après Venise, certes), "Arrival" ou "Lion". Soit la crème des films intelligents, promis aux Oscars. Sans oublier une sélection encore beaucoup plus orientée "auteurs", qui présente le meilleur du cinéma de qualité. Là non plus, on ne se contente pas de montrer le "déjà couronné" (la Palme d’or de Ken Loach "I, Daniel Blake" ou l’excellent "Toni Erdmann" de Maren Ade), on dévoile le meilleur à venir: "Manchester by the Sea" (futur Oscar pour Casey Affleck) ou le "Neruda" de Pablo Larrain…

Toronto International Film Festival - Conférence de presse

Second, derrière Cannes

Alors qu’il tombe dans le calendrier juste après Venise, Toronto est bel et bien en train de se positionner comme le second plus important festival de cinéma dans le monde, derrière un Cannes qui reste indéboulonnable: les stars et les pros ne sont jamais aussi détendus que sur la Croisette, alors que Toronto, à trois heures de New York, reste un rendez-vous "officiel". N’empêche, cette année encore, ils seront nombreux à fouler le tapis rouge du Tiff: Jennifer Lawrence et Javier Bardem ("Mother!" d’Aronfsky), Emma Stone, Matt Damon ("Downsizing", le nouvel Alexander Payne), Kate Winslet et Idris Elba (perdus dans la montagne dans "The Mountain Between Us"), mais aussi Helen Mirren, Jim Carrey, Nicole Kidman, Julianne Moore ou Steve Carell. Entre autres.

Au niveau des films, sont très attendus: "Darkest Hours", le biopic de Churchill avec Gary Oldman, ou "Hostiles", un western où Christian Bale doit escorter un chef cheyenne jusqu’à la terre de ses ancêtres. Ajoutez à cela un docu incroyable sur Eric Clapton, un autre sur Lady Gaga, et bien sûr "The Final Year": un an à la Maison-Blanche avant l’arrivée de Trump. Et des films belges très attendus: "Le fidèle" (du réalisateur de "Rundskop", avec Matthias Schoenaerts), "InSyriated" (une famille face au djihad) ou le nouveau coup-de-poing signé Cattet et Forzani: "Laissez bronzer les cadavres"!

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