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Un rendement de plus de 900% pour le fonds audiovisuel Screen Brussels Fund

Actuellement diffusée sur la RTBF, la série policière "Unité 42" a bénéficié d’un investissement de 195.000 euros du Screen Brussels Fund ce qui a entraîné plus de 1,5 million de dépenses à Bruxelles. ©rtbf

Après deux années d’activité, le fonds d’investissement dans l’audiovisuel bruxellois a généré plus de 55 millions d’euros de retombées économiques.

Lancé au printemps 2016, le Screen Brussels Fund, le fonds bruxellois d’investissement dans les productions audiovisuelles vient d’achever sa première année complète d’activités. Ce fonds fonctionne comme Wallimage en Wallonie et Screen Flanders en Flandres. La Région bruxelloise y injecte chaque année 3 millions d’euros (5,5 en Wallonie et 4,5 en Flandre). Pour en bénéficier, le producteur doit apporter 40% du budget et s’engager à dépenser au minimum 250.000 euros dans l’industrie audiovisuelle bruxelloise. ça, ce sont les conditions pour les long métrages et les séries télévisées, qui constituent la majorité des demandes, mais pour des productions plus légères (documentaires ou web séries) les conditions sont plus souples.

Alors que deux sessions de sélection des œuvres ont été organisées l’an passé, trois l’ont été en 2017, conformément au calendrier établi. 68 dossiers ont été introduits cette année contre 74 un an plus tôt. 31 ont été reçus (6 en 2016), soit 18 longs métrages, 6 documentaires, 6 séries télé et une série d’animation. Ce qui représente un taux d’acceptation de 45%, soit un peu supérieur à 2016.

Un "roi" spectaculaire

Le Screen Brussels Fund étant un fonds économique, remplit-il son rôle? Autrement, dit génère-t-il de l’activité économique? La réponse est clairement positive, au-delà même des attentes de ses initiateurs. En 2017, les 3 millions investis ont en effet généré 26 millions de dépenses audiovisuelles dans la Région bruxelloise (réalisateurs, techniciens, comédiens, postproduction, effets spéciaux, location de matériel, de lieux de tournage, etc.), soit un retour sur investissement de près de 870%. Ceci sans compter les retombées indirectes (horeca, transports…). Avec le Screen Brussels Fund, Bruxelles redevient ainsi attractive pour le secteur audiovisuel. Au cours des deux dernières années, la Région a denouveau attiré dans son giron seize entreprises audiovisuelles dans des secteurs comme la production, la postproduction, la réalité virtuelle, la location de matériel ou encore le doublage.

Big Foot Junior (Bande annonce)

Cependant, 26 millions, c’est trois de moins que l’année dernière où il n’y avait eu que deux sessions de sélection et à l’issue de laquelle le retour avait été de près de 1000%. Décevant? Non, car les chiffres de 2016 avaient été fortement influencés par une seule grosse production, "Big foot Junior". Le Screen Brussels Fund avait investi 200.000 euros dans ce film de Ben Stassen, générant plus de 5,3 millions d’euros de dépenses à Bruxelles, soit un return de près de 3.800%! Énorme, certes, mais c’est assez logique car il s’agissait d’un film d’animation réalisé à 100% dans le studio bruxellois Nwave. "Le critère des dépenses territoriales est un des plus importants dans les décisions d’octroi de l’investissement mais ce n’est pas le seul, nuance Noël Magis directeur du Screen Brussels Fund, il y a aussi des éléments comme la qualité des dépenses, le fait de tourner dans des décors bruxellois, que le producteur ou le réalisateur soit bruxellois, etc".

3 millions €

C'est la dotation annuelle du Brussels Screen Fund

922% de "roi"

Un euro investi par la Région dans la production d’œuvres audiovisuelles génère en moyenne 9,2 euros de dépenses dans le secteur audiovisuel bruxellois.

57 productions

Depuis sa création en 2016, le fonds a soutenu 57 productions sur 142 dossiers reçus, soit un taux d’acceptation de 40% .

56% de films

Les longs-métrages constituent 56% des productions soutenues en 2016 et 2017. Suivent les documentaires (18%) les séries télé (16%) et l’animation (7%).

Ceci précisé, Noël Magis se félicite de tels retours sur investissement (plus de 900% en en combinant 2016 et 2017) mais il en minimise quelque peu l’impact. "Il y a beaucoup de demandes, puisqu’en moyenne nous avons traité 22 à 23 dossiers par session, détaille-t-il. Pour être sélectionné, bon nombre de producteurs ont tendance à être peu gourmands, ce qui explique que le ratio entre l’investissement consenti par le fonds et les dépenses effectuées en région soit si important."

D’autres chiffres lui font également plaisir. "25% des productions soutenues par le Screen Brussels Fund sont des films d’initiative étrangère, cela veut dire que Bruxelles est attractive pour les producteurs étrangers", indique-t-il en épinglant des réalisations de cinéastes phares comme "Convoi exceptionnel" de Bertrand Blier ou "Kursk" de Thomas Vinterberg, dont la sortie est attendue dans le courant 2018. Inspiré de la disparition du célèbre sous-marin nucléaire russe, cette production Europacorp, la société de Besson, coproduite en Belgique avec Belga Films, a effectué près de 2,4 millions de dépenses éligibles à Bruxelles en décors (reconstitution du sous-marin et d’appartements russes) et en costumes. Soit un return de près de 1.200%, le fonds y a investi 200.000 euros.

Duo gagnant

Combiné au tax shelter, dont le succès ne se dément pas malgré son extension aux arts de la scène, les fonds régionaux (Screen Brussels Fund, Wallimage et Screen Flanders) sont des machines à attirer les productions étrangères. Depuis 2016, Bruxelles a ainsi attiré des productions issues d’une douzaine de pays. Et malgré l’augmentation de son incitant fiscal, le crédit d’impôts, la France reste le principal partenaire des producteurs belges. Sur les 57 productions soutenues par le Screen Brussels Fund, 23 ont été montées avec la France.

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