Anima, pour faire la nique à Mickey

Avec son documentaire empathique et pas du tout emphatique, "Des Cowboys et des Indiens", Fabrice du Welz revient sur l’univers merveilleux et extravagant de Vincent Patar et Stéphane Aubier, alias Pic Pic André. ©Panique !

Avec 325 films sélectionnés et 46.000 visiteurs attendus, Anima, le festival du film d’animation de Bruxelles, présente toute la vitalité "made in Europa". Dès ce vendredi, à Flagey.

Le festival Anima s’ouvre ce vendredi avec "The breadwinner", une très belle adaptation du roman de Deborah Ellis. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Parvana 11 ans, se fait passer pour un garçon à Kaboul où sévissent les Talibans… Le film, réalisé par l’Irlandaise Nora Twoney, est nommé aux Oscars. La clôture, elle, sera coréenne, avec "The shower", là aussi une adaptation, par Jae-Hun Ahn, de "L’averse", chef-d’œuvre intemporel de la littérature au pays du matin calme.

The breadwinner

Quand on parcourt le programme de cette édition 2018, on comprend les organisateurs qui disent avoir eu l’embarras du choix pour proposer un échantillon qualitatif du meilleur de l’animation venue d’un peu partout. Alors ils ont tranché! Entre reprises ("Cro man", "Zombillénium", "Le grand méchant renard et autres contes"), et inédits, comme le très urbain "Mutafukaz", le traditionnel contingent asiatique et les 45 films de la Nuit Animée. L’Estonie, un des berceaux de l’animation, avec sa star Priit Pärn et ses ovnis hilarants comme "Manivald", mais aussi nos Picha, Patar et Aubier, les studios anglais Aardman ("Wallace & Gromit"), ainsi que la série "Last man" (au départ phénomène du manga français) feront l’objet de séances spéciales. Et le film "Loving Vincent", d’une expo.

Loving Vincent

Si le festival est ouvert au grand public, il s’adresse aussi aux professionnels par le biais de Futuranima et son programme de rencontres, conférences et autres tables rondes. Des éditeurs de BD (Casterman, Glénat, Dupuis…) viendront par exemple présenter les licences disponibles pour des adaptations.

La recette? Coproduire!

On le voit: il est loin le temps où, chez nous, le dessin animé était considéré comme une aimable distraction pour les enfants, conçue par quelques artistes farfelus, obscurs sculpteurs de plasticine et acharnés manipulateurs de marionnettes.

Anima se porte plutôt bien. En 2017, décentralisations incluses, le festival a attiré près de 46.000 personnes. Autant dire que pour certaines séances cette année, ça sent encore le sold out! Le programme rassemble des productions du monde entier (325 au total) mais compte une majorité de films européens et, bien sûr, un max de créations belges (dans les sections de courts-métrages notamment).

Au final, Anima est à l’image de cette industrie de l’animation européenne, active et porteuse. Une cinquantaine de films du genre y sont désormais produits chaque année. Et 15% des places achetées pour voir un film européen concernent l’animation! Même si un véritable plan de bataille se met actuellement en place pour optimiser cette bonne santé, celle-ci a été atteinte notamment parce l’on sait susciter de nombreuses coproductions de ce côté-ci de l’Atlantique. C’est la seule recette efficace pour tenir face aux géants américains emmenés par Pixar.

Qui dit coproductions sur le Vieux Continent dit Cartoon, Cartoon Movie pour les longs-métrages et Cartoon Forum pour les séries télé, destinés à faire se rencontrer des partenaires potentiels autour de projets pitchés à différents stades d’avancement du travail. Le Cartoon Movie, qui démarre cette année le 7 mars à Bordeaux, en est à sa 20e édition et réunira plus de 830 inscrits provenant de 41 pays. L’événement, comme quelques autres, reçoit l’appui de l’Union européenne au travers de Creative Europe Media, le programme de soutien (au développement, à la promotion et à la distribution) de notre secteur audiovisuel (ciné, télé et jeux vidéo).

Un budget à 2 milliards d’euros

Les chiffres incitent à l’optimisme. Depuis sa création en 1999, Cartoon a permis le financement de 301 films, pour un budget total de presque 2 milliards d’euros! Et pour vous donner une idée de l’implication de l’Europe dans la production animée, prenons ce succès et cette réussite artistique qu’est "Ernest & Célestine", réalisé en 2012 par Vincent Patar, Stéphane Aubier et Benjamin Renner. Cette coproduction belgo-franco-luxembourgeoise, vendue dans 80 pays et nommée aux Oscars en 2014, a été aidée par l’Europe à hauteur de 134.000 euros pour son développement et sa distribution.

Ernest et Célestine - Bande annonce

Mais oui, faisons la nique à Mickey!

Du 9 au 18/2, à Flagey: www.animafestival.be.

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