Avec "The Queen's Gambit", Anya Taylor-Joy est la nouvelle reine de l'écran

©NETFLIX

Elle est LA révélation de cette fin d’année. La carrière d’Anya Taylor-Joy, qui jusque-là passait pour être abonnée aux films d’horreur, explose grâce à son interprétation d’une championne d’échecs dans "The Queen’s Gambit", la série qui bat tous les records sur Netflix. On lui déroule le tapis rouge. Portrait.

Jusque-là, elle figurait dans un classement de "scream queens", des reines de films d’épouvante. Cette actrice anglo-argentine de vingt-quatre ans enchaînait, depuis 2015, des rôles de premier ou de second ordre dans "The Witch", "Split" ou "The New Mutants". Une exception récente à cette liste fut le rôle-titre dans "Emma", une comédie en costumes adaptée d’un roman de Jane Austen sortie début 2020. Pour une actrice aux origines (en partie) anglaises, jouer du Jane Austen est un passage obligé. Cela permit déjà à Anya de se faire remarquer assez pour, par exemple, figurer dans une pub pour le parfum de Viktor&Rolf et surtout arriver à "The Queen’s Gambit". En français, Netflix a choisi d’intituler cette série de sept épisodes "Le Jeu de la Dame". Il s’agit d’une adaptation du roman de Walter Tevis.

"The Queen’s Gambit" (Netflix)

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Créée par Scott Frank et Allan Scott (USA|2020)

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Née à Miami, Anya a partagé sa vie entre l’Argentine et l’Angleterre. Et c’est à Londres qu’elle réside même si ces dernières années, elle était peu souvent à la maison. "En jouant vingt et un personnages, ces six dernières années, je n’ai pas eu énormément de temps pour me demander qui je suis ou ce que j’aime faire", explique-t-elle dans Marie Claire US. Enfin, ce qu’elle aime faire, c’est surtout jouer la comédie. Elle y voit même un point commun avec le personnage d’Elizabeth, dite Beth, Harmon, la championne d’échecs, complètement obsédée par ce sport cérébral au point de rejouer les parties, seule dans sa chambre en fixant le plafond...

"Ce qu’elle ressent à propos des échecs, c’est ce que je ressens à propos de mon art. Au sens littéral, je le respire, je ne pense qu’à ça et c’est ce qui m’excite le plus. J’étudie de manière intensive ce que j’ai à faire et dans tous les aspects. Je veux toujours en savoir plus", confie-t-elle à The Observer. Anya, qui ne connaissait absolument pas les échecs avant le tournage de la série, a suivi des leçons auprès de maîtres dans ce domaine et s’est appuyée aussi sur ce que ses années de cours de ballet lui avaient appris. Une façon agile, souple et rapide de bouger les doigts au-dessus de l’échiquier.

Naturellement féministe

Contrairement à Elizabeth Harmon, une orpheline confiée à un pensionnat pour filles jusqu’à son adoption à quinze ans, Anya a connu les joies d’être une enfant choyée dans une famille aisée. Sa mère est décoratrice, son père a travaillé dans la finance. Mais à l’âge de quatorze ans, elle fut victime de harcèlement à l’école et c’est, apparemment, ce qui la poussa à entamer des cours de comédie. Cependant, la solitude de son personnage dans la série est un aspect qui lui parle. Anya aime penser que nous sommes notre propre maison. "Beth a grandi en-dehors des normes de la société qui disent ce qu’une fille des années 50 est autorisée à vouloir. Elle veut ce qu’elle veut et ne s’en excuse pas. Elle est donc naturellement une féministe", épingle l’actrice dans The Observer.

Le Jeu de la Dame : L’Interview Échec & Mat d'Anya Taylor-Joy et Scott Frank | Netflix France

Outre le fait que la joueuse d’échecs soit un génie et qu’elle batte à plates coutures ses adversaires masculins les plus expérimentés et doués – y compris le champion russe qu’elle défie à Moscou –, le personnage est aussi addict aux tranquillisants (de jolies pilules vertes) et à l’alcool. À ce sujet, Anya a noté que les stéréotypes de genres apparaissent aussi quand il s’agit de désigner, dans la littérature ou au cinéma, des génies. "On ne parle jamais des génies féminins alcooliques. C’est une chose qu’on ne veut pas voir parce que ce n’est pas joli et pas intéressant. Cela me dérange. Je suis contente que la dépendance de Beth montre que c’est un problème pour tous. Et que ce n’est pas plus sexy quand il s’agit d’un homme."

«On ne parle jamais des génies féminins alcooliques. C’est une chose qu’on ne veut pas voir parce que ce n’est pas joli et pas intéressant. Cela me dérange.»
Anya Taylor-Joy
Actrice

La série décrit bien la fin des années 50, le début des sixties et de la période hippie, mais aussi les prémices de la Guerre froide. Pour interpréter cette héroïne américaine entre ses quinze et ses vingt et un ans, Anya a forcément dû modifier son apparence plus d’une fois. Et à chaque scène se demander ce qu’Elizabeth Harmon pouvait bien avoir en tête. Et bien que l’URSS était considérée avec méfiance, à cette époque, cette jeune Américaine ne cache pas sa fascination pour ce pays où les joueurs d’échecs sont respectés et considérés comme des dieux. "Son but ultime est de se rendre en Russie même si cela la terrifie", explique l’actrice.

D’autres projets fous

Maintenant que la série bat les records d’audience sur Netflix et relance l’intérêt pour le jeu d’échecs – qu’est-ce qu’on peut faire de mieux en période de confinement, d’ailleurs? –, Anya Taylor-Joy est déjà sur un autre projet. Rien de moins que "The Northman", une saga viking réalisée par Robert Eggers, dans laquelle elle donne la réplique à Nicole Kidman et Björk. Elle reprendra aussi le rôle de Charlize Theron dans le prequel de "Mad Max: Fury Road". Parce qu’aujourd’hui, Anya a rejoint la shortlist des nouvelles stars sur lesquelles Hollywood mise avant tout.

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