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"Blackbird" | La meilleure façon de mourir

Lindsay Duncan dans le rôle de Liz et Susan Sarandon dans celui de Lily dans "Blackbird". ©KFD

Sans être larmoyant, "Blackbird", de Roger Michell, décrit le choix d’une femme atteinte d’une maladie neurodégénérative de s’en aller le jour où elle sera entourée par tous les siens.

"Blackbird", qui en anglais signifie "merle", est, en fait, un remake américain du film danois "Stille hjerte" ("Silent Heart") de Bille August sorti en 2014 et qui, chez nous, était passé inaperçu. Le scénario semble pratiquement le même mais la version qu’en donne Roger Michell passe pour moins austère. Il est vrai que Michell n’est autre que le réalisateur de "Nothing Hill" et "Morning Glory", des films au succès international et que le scénario du Danois Christian Torpe a été adapté pour une audience américaine.

Dans une splendide propriété du Connecticut, en bordure de l’océan Atlantique, Lily et Paul (Susan Sarandon et Sam Neill) se préparent à accueillir pour le week-end leurs deux filles et leurs proches. De prime abord, ce couple, dans la soixantaine, semble n’avoir aucun souci. Mais rapidement, on comprend qu’elle est atteinte de la maladie de Charcot et que lui veille sur elle à tout instant.

Lily tente encore d’accomplir seule les gestes les plus simples comme s’habiller, disposer des tulipes blanches dans un vase ou déballer un cadeau.

Cependant, Lily tente encore d’accomplir seule les gestes les plus simples comme s’habiller, disposer des tulipes blanches dans un vase ou déballer un cadeau. L’aînée des deux filles, interprétée par Kate Winslet, est la première à arriver dans la demeure. Pour la petite histoire, la star anglaise a aidé la production à trouver la maison du film dans cette région anglaise de Chicester qu’elle connaît parfaitement et qui est censée servir de doublure au Connecticut. La deuxième invitée se trouve être la meilleure amie de Lily. Joué par Lindsay Duncan, son personnage porte un tee-shirt Led Zeppelin et rappelle à Lily leur jeunesse rock’n’roll. La troisième invitée, la plus jeune fille du couple, incarnée par la bouillonnante Mia Wasikowska, débarque avec sa petite amie. Ce qui ne gêne pas les parents mais semble un peu inquiéter sa grande sœur qui lui demande: "Es-tu sûre que tu es gay?".

Le dernier week-end d’une vie

Dans cette famille moins conventionnelle qu’il n’y paraît, la mère a décidé que ce week-end serait le dernier de sa vie. Elle sait qu’il n’y a pas de guérison possible pour la maladie dont elle souffre et que son état ne fera qu’empirer. Elle tient à donner la meilleure image d’elle à ses proches. Elle veut partir en beauté et en sensibilité. Ainsi, lors d’une promenade, la mère évoque les endroits où ses filles ont été conçues. L’une l’a été dans les dunes, l’autre dans un motel miteux. Pour que cet ultime week-end familial soit parfait, la mère a décidé de célébrer Noël. Bien que ce ne soit pas Noël. C’est l’occasion pour elle d’endosser une splendide robe fourreau en velours rouge et de lever un toast à la vie merveilleuse.

Très émouvant, ce drame pose avec délicatesse et nuance la question de l’euthanasie et du suicide assisté.

Tout serait lisse sans les réactions des uns et des autres. Mais comment les filles vont-elles réagir face au choix de leur mère? Et quelle incidence cela pourrait-il avoir sur le déroulement de cette mort programmée? C’est là que "Blackbird" prend tout son intérêt. Surtout que le plan de la mère a prévu une chose à laquelle aucune de ses filles n’avait pensé et qui va doublement les chambouler. Très émouvant, ce drame pose avec délicatesse et nuance la question de l’euthanasie et du suicide assisté. Et il évite de verser dans le mélodrame. Notamment parce que la mourante a décidé d’être gaie.

Bande-annonce "Blackbird"

Drame

«Blackbird»

Par Roger Michell

Avec Susan Sarandon, Sam Neill, Kate Winslet, Mia Wasikowska et Lindsay Duncan

À voir à partir du 4 août

Note de L'Echo:

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