Bruxelles a attiré moins de tournages en 2017

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Screen Brussels, la plateforme bruxelloise visant à soutenir le secteur audiovisuel tire un bilan positif de sa deuxième année d’activités. Elle a investi dans une trentaine de productions qui ont généré un retour sur investissement de près de 870%. Le nombre de tournages a sensiblement diminué. La plateforme accompagne aussi les entreprises pour développer des métiers en pénurie de main-d’œuvre.

Lancée fin 2015 par la Région bruxelloise pour doper son industrie audiovisuelle, la plateforme Screen Brussels dresse un bilan globalement positif de sa deuxième année d’activités. Screen Brussels s’est doté de quatre missions: investir dans des productions (comme Wallimage le fait en Wallonie), attirer des tournages, financer des entreprises et accompagner (conseils, formation, réseautage…) des sociétés du secteur.

Une offre qualifiée de "claire et cohérente" par le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS), même si elles ne sont pas organisées par une seule et même structure. Les tournages dépendent de Visit Brussels (l’office de tourisme bruxellois), le financement de la SRIB alors que l’accompagnement dépend du Hub Brussels, la nouvelle entité qui réunit Atrium, Impulse et Bruxelles Invest & Export. On a connu plus simple. Le ministre bruxellois de l’Économie Didier Gosuin (DéFI) se félicite néanmoins de cette nouvelle structure puisque, selon lui, 23 entreprises audiovisuelles ont décidé de (re)venir s’installer à Bruxelles. L’idée est, en effet, de développer un cercle vertueux: un film tourné à Bruxelles permet d’attirer des entreprises audiovisuelles, ce qui génère de l’emploi, le tout dopé par le Tax shelter fédéral.

Un retour sur investissement de près de 870%

239 tournages
En 2017, Bruxelles a accueilli 239 tournages dont 24 longs métrages et 16 séries télévisées. Soit un total de 673 jours de tournage.

Le fonds d’investissement dans les productions audiovisuelles Screen Brussels Fund a ainsi connu une année particulièrement faste. Pour rappel (L’Echo du 1er décembre), en 2017, la région a investi 3 millions dans 31 productions (longs métrages, documentaires, séries, animation…) qui ont généré 26 millions d’euros de retombées économiques pour le secteur audiovisuel bruxellois (techniciens, postproduction, effets spéciaux), soit un retour sur investissement de près de 870%. "70% de ce montant a permis de financer des salaires, le solde des services (matériel postproduction…)", précise Noël Magis, directeur du Brussels Screen Fund.

La Screen Brussels Film Commission (ex Bruxelles Tournage, créé il y a 12 ans), qui aide les producteurs à trouver les lieux de tournage et à obtenir les autorisations nécessaires auprès des autorités communales, a quant à elle vu son activité sensiblement reculer. Elle a accueilli 239 tournages (films, séries, documentaires, spots publicitaires, émissions de télévision, films d’étudiants, clips musicaux…), soit 31 de moins qu’en 2016 et 92 de moins qu’en 2015. Cela se ressent dans le nombre de jours de tournage: 673 contre 1.029 en 2016 et 952 en 2015. "Ces deux années avaient été exceptionnelles, indique Pierrette Baillot, directrice de la Brussels Film Commission. L’an dernier, nous avons ressenti les effets de l’augmentation du crédit d’impôt français qui rend la Belgique moins attractive pour les producteurs hexagonaux, si bien que nous avons accueilli 20% de tournages français en moins." Les innombrables travaux à Bruxelles ont aussi freiné le nombre de tournages, ajoute la directrice.

Au total, quelque 24 longs métrages ont été tournés ainsi que 16 séries. Pour ces dernières, c’est moins qu’en 2016, mais deux fois plus qu’en 2015, le genre étant notamment porté par la vogue des séries belges.

La ligne de financement Screen Brussels Business a investi dans trois nouvelles entreprises actives dans le doublage (Screen#Brussels) la postproduction (Charbon Cinema) et la location de matériel (Twylite) sous forme de prêts pour un montant de 236.000 euros. Depuis sa création, Screen Brussels Business a investi 1,669 million d’euros dans une douzaine de sociétés. Cette ligne est un peu comparable à Wallimage Entreprises mais elle n’investit que sous forme de prêt, ne prenant pas de participation dans les entreprises. En 2018, l’accent sera mis sur des projets audiovisuels en économie sociale ou à l’exportation.

Enfin, le Screen Brussels Cluster, qui accompagne le développement des entreprises audiovisuelles, compte aujourd’hui 160 membres. En 2017, le cluster a soutenu près de septante projets destinés à structurer le secteur audiovisuel, comme des ateliers, des rencontres et des conférences (séries télé, nouvelles formes de diffusion et technologies innovantes, réalité virtuelle, gaming), ainsi que le lancement d’une formation de six mois en effets spéciaux, un secteur en manque criant de main-d’œuvre, et la création de douze sociétés (dix dans la réalité virtuelle et deux dans le jeu vidéo).

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