"Ça", le clown à un milliard de dollars de Stephen King revient te hanter

©WARNER BROS

La suite du film sorti en 2017 boucle l’adaptation du roman de Stephen King. Elle en préserve l’émotion, même si le spectateur n’a plus droit à la surprise et à l’impact visuel du premier volet. Qu’importe, les recettes pourraient frôler le milliard de dollars…

Vingt-sept ans après les événements de l’été 1989, le Club des Losers se retrouve à Derry, à l’initiative de Mike Hanlon. Le seul de la petite bande qui n’a jamais quitté les lieux. Mike s’est rendu compte que Ça hante à nouveau la ville sous ses oripeaux de clown dansant, que les disparitions ont repris et que, contrairement à ce qu’ils pensaient, ils n’avaient donc pas réussi à faire disparaître l’entité plus vieille que notre civilisation. Alors, c’est au nom de leur promesse d’enfants qu’il les presse de revenir. Pour achever définitivement la créature. Beverly, Bill, Richie, Eddie, Ben et Stanley ont changé et ne font plus forcément face aux mêmes préoccupations. Mais Derry, "cette petite ville infectée, comme la décrit Stephen King, où les adultes, quelque part, savent ce qui se trame parce que ça fait partie du pacte diabolique qu’ils ont passé", les rappelle peu à peu à leurs éprouvants souvenirs…

"Quand vous vous affublez d’un costume de clown et d’un nez rouge, personne ne peut deviner à quoi vous ressemblez à l’intérieur."

Si ce deuxième chapitre débute sur un mode peut-être encore plus violent que le premier, on en vient assez vite à l’idée que ce second film ne devait pas nécessairement être aussi long (169 minutes, quand même). Tout comme Peter Jackson au temps de ses trois Hobbit, Andy Muschietti et son scénariste, Gary Dauberman, auraient peut-être gagné à ramasser leur propos.

D’autant qu’ici, l’effet de surprise est évidemment passé (même si le jeu de Bill "Pennywise" Skarsgård reste étonnant), et qu’on a l’impression de vivre quelques redondances narratives, entre les deux films et au sein même de ce second opus.

Bande-annonce

Deux périodes, donc deux longs-métrages, le second étant parsemé de flash-back: c’est néanmoins logique. Emportez votre antihistaminique si vous êtes allergique aux effets numériques et aux "jump scares", ces changements brutaux de physionomies qui tétanisent le spectateur: ils abondent! On peut par contre se réjouir de retrouver Bill Hader derrière les grosses lunettes de Richie adulte: cet acteur est juste énorme!

©FAMEFLYNET / BESTIMAGE

Et puis, Muschietti, qui aime décidément le look des films de genre des années 80, a préservé l’essentiel du roman de Stephen King: cette sorte de récit initiatique, "coming of age" comme disent les Anglo-saxons, où l’émotion (quitte à un peu trop la souligner au violon) naît des relations d’amitié entre ses protagonistes, où entrer dans l’âge adulte veut aussi dire cesser de croire aux contes, où sortir de l’enfance coûte toujours quelque chose.

L’horreur, Ça paie

©Syfy

De toutes les adaptations de Stephen King au cinéma, avec son budget de 35 millions de dollars, "Ça" est le film qui a engrangé le plus de bénéfices, aux États-Unis comme au box-office mondial. Parmi les quelques records établis l’année de sa sortie, en 2017, notons celui d’être le film d’horreur ayant le plus rapporté à ce jour, dépassant largement le cap des 700 millions de dollars de recette! Chez New Line Cinema, filiale de Warner Media où se cultivent des franchises d’horreur comme "Conjuring" et "Annabelle", on se frotte les mains.

Avec un budget (estimé) de 60 à 80 millions de dollars, trois jours après sa sortie le 6 septembre dernier, ce deuxième volet a déjà ramassé plus de 185 millions de dollars! Et il est bien parti pour manger les records du précédent… qui figurait déjà, avec les trilogies du "Seigneur des anneaux" et du "Hobbit", parmi les films les plus rentables de la maison.

Horreur

"Ça: chapitre 2"

Note: 3/5

D’Andrés Muschietti. Avec Bill Skarsgård, Jessica Chastain, James McAvoy, Bill Hader, Xavier Dolan,…

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