Casablanca, théâtre de destins qui se cherchent

Maryam Touzani, la compagne du réalisateur, est à la fois co-scénariste et l'interprête de Salima, une jeune femme qui assume sa féminité. ©doc

La splendide Casablanca cache bien son jeu. Sous la surface grouillent la frustration et les questionnements. La population marocaine aspire à bien des changements… Portraits.

On se souvient de Nabil Ayouch pour la polémique qui avait accompagné la sortie de son dernier film, présenté à Cannes, "Much Loved". L’actrice principale, Loubna Abidar, avait été prise à partie pour avoir osé interpréter une jeune prostituée et le film avait été classé comme pornographique. Éternelle confusion entre le rôle et la réalité… Le réalisateur franco-marocain revient avec un intéressant portrait de groupe, qui nous permet d’observer différentes facettes de la réalité marocaine.

"Razzia"

Note: 3/5

De Nabil Ayouch.

Avec Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Amine Ennaji, Abdelilah Rachid, Dounia Binebine,…

Identité et liberté sont au cœur du film, qui touche malgré des moments qui flirtent parfois avec le pathos et les bons sentiments. Qu’ont en commun Inès, une jeune fille d’un bon milieu qui ne parle que le français; Jo, un cuisinier juif obsédé par le classique de Michael Curtiz, "Casablanca"; Hakim, un jeune homme qui cherche sa sexualité; et Salima, une splendide jeune femme qui assume sa féminité? Un besoin d’émancipation, bien évidemment.

Dans ce film-kaléidoscope, la ville de Casablanca joue un rôle déterminant, en tant que matrice et caisse de résonance de tous ces destins qui se cherchent, et qui se croisent.

Jamais "carte postale"

Parmi les qualités incontestables du film, il faut souligner la lumière exceptionnelle de notre compatriote Virginie Surdej, récemment couronnée aux Magritte pour son travail sur "Insyriated". Des images spectaculaires mais jamais "carte postale", toujours au service d’un propos qui se veut épique dans le traitement tout autant qu’intime dans les aspirations des protagonistes.

Malgré ces bonnes intentions, on n’évite pas toujours une certaine emphase dans la mise en scène et les effets qui viennent parfois surligner le propos. Un propos que l’on devine cependant honnête et sincère, et qui nous éclaire sur les réalités post-Printemps arabe.

Bande-Annonce

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