chronique

Cinémas du réel, "made in Belgium"

Une occasion en or pour nous intéresser aux enjeux de notre temps: le meilleur du documentaire belge vient à nous…

Ce 4e Week-end du Doc a de quoi donner le tournis: 81 films, 82 lieux, 105 séances, sur 4 jours (du 17 au 20 novembre), partout à Bruxelles et en Wallonie. La particularité du concept: tout est belge. Ce qui pourrait laisser présager le pire et le meilleur… Sauf que notre humble petit pays est réputé dans le monde entier pour son "cinéma du réel". Et que le menu est donc une fois encore tout à fait alléchant.

Même si la programmation 2016 fait une petite place aux grands classiques ("Déjà s’envole la fleur maigre", Paul Meyer, 1960, ou "Remember Marvin Gaye", Richard Olivier, 2002), le regard est résolument tourné vers le moment présent et les enjeux dits "de société". Avec par exemple "Gabrielle ou le saut de l’ange", diffusé sur La Trois le 17 novembre dans le cadre de la désormais traditionnelle Nuit du Doc (à partir de 21 h 15). On suit le quotidien d’une femme de 50 ans, divorcée avec deux enfants, et qui, il y a une dizaine d’années, s’appelait encore Bruno… Autre univers, mais aussi avec la féminité au cœur du débat: "Une cheffe et sa Bonne Etoile" de Delphine Lehericey s’intéresse à la cheffe Isabelle Arpin, qui reprend le restaurant Alexandre, avec en point de mire sa première étoile. Mais arrivera-t-elle à se faire une place dans un univers réputé aussi masculin?

©Gabrielle Lys

On notera la présence de Joachim Lafosse, pour un documentaire signé Luc Jabon et dédié à l’analyse des films du jeune réalisateur. "Au-delà des mots, le cinéma de J. Lafosse" constitue le sixième opus de la série Cinéastes d’aujourd’hui, après Bouli Lanners, Jaco Van Dormael ou les frères Dardenne. Au rayon sociétal, "Bureau de chômage" met en place plusieurs "duels" entre demandeurs d’emploi et membres de l’administration: une situation riche d’enseignements, que la récente sortie de la Palme d’or "I, Daniel Blake" a remis au centre des préoccupations du moment.

La particularité du Week-end du doc: tout est belge.

L’occasion également de découvrir des films sortis ces derniers mois, mais qu’on n’a pas encore réussi à se mettre sous la dent, tant la programmation des documentaires est parfois courte: l’édifiant "L’homme qui répare les femmes" de Thierry Michel, sur ce gynécologue congolais qui a soigné des centaines de victimes d’exactions sexuelles – souvent perpétrées dans un contexte militaire. Ou "Une douce révolte" de Manuel Poutte, qui creuse le sillon entamé notamment par "Demain" en explorant les différentes options économico-écologiques qui s’offrent, un peu partout, aux hommes de bonne volonté.

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