interview

Cris d’alarme et chuchotements au festival Millenium

"Arica" ©doc

Plus de 60 documentaires seront proposés cette année, autour de thématiques urgentes comme l’environnement et la démocratie.

Millenium, c’est l’incontournable en matière de documentaires. Avec toujours l’idée de questionner notre présent. Malgré cette version en distanciel, l’idée est de créer le dialogue autour de thèmes importants comme les droits humains, les problèmes écologiques, la démocratie. Autant de thématiques qui résonnent avec l’urgence créée par la pandémie et toutes les mesures restrictives qui ont suivi. Interview avec Zlatina Rousseva, fondatrice et programmatrice du festival.

Vous proposez une vraie programmation, très large, avec toujours vos thèmes incontournables.

Pour ne pas submerger le spectateur avec nos 62 films, nous avons trois salves successives, les 5, 12 et 19 mai. Cette année, nous avons créé une compétition spéciale pour le jeune public, histoire de créer un pont, un dialogue avec cette nouvelle génération et de comprendre leur regard. Des jeunes prennent la parole, avec ce contexte, il faut les écouter. Une autre priorité, c’est soutenir le cinéma belge. Notre forum permet d’escorter les premiers pas: nous faisons le lien entre les décideurs et les jeunes talents belges. En 10 ans, on a vu les résultats.

"Un festival, ce ne sont pas que des films, c’est ce que les films provoquent sur les gens, des prises de conscience, ensuite des actes."
Zlatina Rousseva
Fondatrice et programmatrice du festival Millenium

Venons-en aux grands enjeux...

Le plus immédiat, c’est la démocratie. Nos ancêtres ont lutté des années pour ces droits. Avec la situation actuelle, nous perdons des acquis majeurs. Nous organisons plusieurs discussions, notamment avec des décideurs (ministres, parlementaires européens...) qui vont nous dire comment ils vont gérer la crise et ses suites. Un festival, ce ne sont pas que des films, c’est ce que les films provoquent sur les gens, des prises de conscience, ensuite des actes. Économie circulaire, transition, libertés individuelles, emplois: il y a du pain sur la planche.

"Quand va-t-on comprendre l’interactivité de notre monde, que les problèmes doivent être réglés à l’échelle de la planète, et non par les pays dominants?"
Zlatina Rousseva

Si vous deviez épingler quelques films?

Un film qui marque, c’est "Story of Plastic" qui pointe du doigt les responsables de la dégradation de notre environnement. Il n’y a pas que le citoyen à culpabiliser. Le film nous montre le poids du plastique, qui est partout dans nos vies, et pose la question du recyclage et d’une pollution inévitable vu la nature même du produit.

Bande-annonce "Story of Plastic"

"Wood: Game-changers undercover", lui, fait froid dans le dos, avec son ton de thriller d’investigation, filmé en caméra cachée. Toute la mafia de la déforestation, enfin mise à nue.

Bande-annonce "Wood: Game-changers undercover"

"Arica" raconte comment une mine suédoise envoie tous ses déchets vers des pays plus pauvres. Va-t-on enfin considérer l’écocide comme un crime contre l’humanité? Quand va-t-on comprendre l’interactivité de notre monde, que les problèmes doivent être réglés à l’échelle de la planète, et non par les pays dominants?

Bande-annonce "Arica"

Pour finir avec les droits humains et la liberté d’expression, on pourrait citer "Les yeux carrés" dans la section "Jeunes talents belges", qui dénonce l’invasion des caméras de surveillance. À Marseille, on ne sait même plus qui les gère, à part des algorithmes. Une compagnie de danse entre en scène, pour "provoquer" le système, qui considère comme suspect toute personne qui s’arrête brusquement de marcher. Ou qui chuchote. Le film montre que le chuchotement est une arme. C’est d'ailleurs ce que nous pensons aussi.

Bande-annonce du festival

Festival Millenium, du 5 au 30 mai.
Plus d'infos sur festivalmillenium.org

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