Danielle Darrieux, 100 ans de grâce à la Cinémathèque

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Pour fêter le centenaire de l’actrice, la Cinémathèque Royale lui rend un vibrant hommage, en 25 films…

Un rôle va marquer le public et lui donner un nouveau statut: "Mayerling" (1936), où elle interprète Marie Vetsera, la compagne de l’archiduc d’Autriche.

86 ans de carrière…! C’est en effet à 14 ans, en 1931, que Danielle Darrieux décroche son premier rôle, dans "Le bal". Celui d’une jeune effrontée, déjà. Les années 30 s’emparent de sa silhouette, de son énergie, et de ses qualités vocales, et la voici qui multiplie les "têtes en l’air", ce qu’elle n’est pas du tout dans la vraie vie, où elle est connue pour sa forte tête.

Un rôle va marquer le public et lui donner un nouveau statut: "Mayerling" (1936), où elle interprète Marie Vetsera, la compagne de l’archiduc d’Autriche. Elle épouse ensuite le réalisateur Henri Decoin, puis part pour Hollywood en 1938, pour en revenir la même année: elle s’y ennuyait.

À l’affiche | FLORILÈGE
  • 1934: "Mauvaise Graine". Presque néoréaliste grâce à ses décors naturels – un choix dû au manque de budget! –, il s’agit aussi du premier film d’un certain Billy Wilder.
  • 1949: "Occupe-toi d’Amélie". Le cultissime vaudeville signé Feydeau, adapté par Claude Autan-Lara. La comédie française à son paroxysme.
  • 1957: "Le septième ciel". D.D. incarne une sorte de Landru au féminin, qui assassine ses amants pour alimenter les bonnes œuvres de sa paroisse. Cynique et jubilant.
  • 1959: "Marie-Octobre". Ce Duvivier méconnu est un huis clos oppressant avec Paul Meurisse, Bernard Blier, Lino Ventura…
  • 1968: "Vingt-quatre heures de la vie d’une femme". L’adaptation de la célèbre nouvelle de Stefan Zweig trouve son interprète idéale.

Après la guerre, Danielle Darrieux fait une rencontre fondamentale: en l’espace de quelques années seulement, Max Ophüls lui offre trois de ses plus beaux rôles: "La Ronde" (1951), d’après Arthur Schnitzler; "Le Plaisir", adapté de Maupassant; et surtout "Madame de…" d’après Louise de Vilmorin. Danielle Darrieux double son statut d’actrice populaire dont tout le monde reconnaît le visage et connaît les chansons, d’une véritable aura de star internationale, grâce à "L’affaire Cicéron", où elle donne la réplique à James Mason sous la direction de Joseph Mankiewicz. Mais une carrière américaine ne l’intéresse qu’à moitié: à la gloire internationale, elle préfère de bons films… français. La voici qui enchaîne les succès: "Le rouge et le noir" (Autan-Lara, 54), "Pot Bouille" (Duvivier, 57)… Dans les années 50 elle est l’actrice préférée du public. Mais D.D. laisse peu à peu la place à B.B…

En 82, Darrieux surprend son monde et revient en alcoolique vieillissante avec "Une chambre en ville" de Jacques Demy, drame ouvrier chanté et dansé, où elle peut montrer ses aptitudes pour ses premières amours musicales. Danièle Darrieux ne raccroche pas: les années 2000 la voient triompher sur scène dans "Oscar et la Dame rose". Puis dans "Huit Femmes" de François Ozon, où elle joue la mère de Catherine Deneuve pour la troisième fois. Et ce n’est pas fini: la centenaire prête encore sa voix à des dessins animés…

"Initiales: D.D." Du 1er septembre au 26 novembre, Cinematek. www.cinematek.be

Danielle Darrieux en 1931! Chanson de la Poupée, du film "Le Bal"


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