Disney nous laisse de glace

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Pauvre Reine des Neiges! Cela faisait 6 ans qu’elle attend dans son château et Disney l’embarque dans une aventure décousue, abracadabrantesque et flirtant sans cesse avec la mièvrerie…

Ils mériteraient d’être changés en statue de glace, les scénaristes et autres développeurs de chez Mickey. Bon, c’est vrai que ce n’est pas aisé de reprendre le flambeau laissé en 2013 par "La Reine des neiges", avec un happy end qui n’attendait aucune suite et le poids intimidant de 1,27 milliard de dollars de recettes mondiales à égaler ou dépasser. Et, surtout, une histoire bancale avec deux héroïnes, une "mutante" blonde qui fabrique de la glace quand elle est contrariée, et sa sœur rousse beaucoup plus classique.

"La Reine des neiges 2"

Note: 2/5

De Jennifer Lee et Chris Buck

 

Alors qu’est-ce qu’on fait? On se creuse le ciboulot, avec en tête un cahier des charges impossibles à tenir: satisfaire le grand public avide de prouesses visuelles, développer une trame dans l’air du temps (décroissance, climat…), conserver un quota d’humour via le personnage d’Olaf le bonhomme de neige maladroit, développer une histoire d’amour avec la sœur sans pouvoirs (Anna plus Kristoff égale love), le tout en parsemant le propos de chansons style "comédie musicale", potentiellement entonnables par les futures générations pour des siècles et des siècles ("Libérée! Délivrée!").

Pas malhonnête mais fadasse

Résultat des courses: tous les ingrédients sont là, mais ils peinent à proposer autre chose qu’une gentille soupe pas malhonnête mais fadasse. Elsa (reine) et Anna (sœur de reine) sont à Arendelle, le petit village sur le fjord, où tout va bien. Les rues sont proprettes et décorées: il ne manque qu’un McDo sur le coin et les boutiques de jouets, tant on se croirait… chez Disney. Mais Elsa entend des voix. Et se souvient que, petites, les parents leur racontaient l’histoire de la forêt enchantée où régnaient les quatre éléments (eau, terre, feu, air) sur un peuple paisible vêtu de peaux. Un tremblement de terre va hâter les choses: vite, il faut retrouver cette forêt!

Que faire de cette avalanche maladroite de bons sentiments, de symboles d’un équilibre écologique perdu, et de thérapie familiale où les parents morts réapparaissent pour dire qu’ils nous aiment quand même? Comme les héros, le spectateur rame pour recoller les morceaux. Les petits y trouveront leur compte grâce aux chansons, aux gags, et aux paillettes. Mais sans être traversés par cette magie qui construit, et qui escorte tant de films Disney. On sent ici la différence criante entre la philosophie Pixar ("prends le spectateur pour quelqu’un d’intelligent et il le sera") et la récente tendance Disney ("ratisse le plus largement possible, à coup de remakes, de suites, et de merveilleux – galvaudé s’il le faut"). Dommage.

La Reine des Neiges 2 - Bande-annonce officielle | Disney

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