Documentaire | Menace chimique sur Knokke-le-Zoute

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Ce jeudi sur la Une, un documentaire choc: les obus de gaz moutarde déversés le long de nos côtes en 1919 auraient atteint le point critique de la contamination.

Documentaire

"Menaces en mers du Nord"

Note: 4/5

De Jacques Lœuillle.

Notre chère mer du Nord ne sera bientôt plus qu’un cimetière. C’est la thèse soutenue par "Menaces en mers du Nord". À 800 mètres à peine de la côte, juste en face de Knokke: une terrible bombe à retardement. Le banc de sable de Paardenmarkt abrite non pas quelques tonnes de bombes chimiques mais… 35.000 tonnes. Suite à un terrible naufrage? Non: ces bombes ont été volontairement immergées par l’homme en 1919, pour se débarrasser des millions d’obus au chlore, phosphore et autre gaz moutarde, reliquats de la Grande Guerre.

Aujourd’hui, la corrosion a atteint le stade critique du dispersement. Plus inquiétant: ce cas est loin d’être isolé. Partout dans la Manche, en mer du Nord et en Baltique les immersions se sont succédé. Notamment entre 1946 et 1948, cette fois pour les bombes aux gaz neurotoxiques allemands, jusqu’à 1.000 fois plus puissants que ceux de 14-18. On pensait aux fosses de plus de 1.000 mètres de l’Atlantique, mais finalement nos eaux européennes très peu profondes furent choisies… à raison de dizaines de vaisseaux de guerre, et de 300.000 tonnes de bombes. Il suffirait qu’un sixième se disperse pour faire de la Baltique et de la mer du Nord un désert complet.

"Secret défense"

Faut-il au plus vite constituer une fondation internationale, appuyée par un traité? Une voix majeure reste muette: celle de l’État français, sans doute terrifié face à sa responsabilité et aux milliards qu’elle pourrait lui coûter. Résultat: "Secret défense"…

Loin de tout manichéisme et de tout effet sensationnaliste, le film nous invite à rassembler les pièces d’un puzzle de plus en plus terrifiant. De la petite île paradisiaque de Bornholm au Danemark (600 accidents ces dernières années) jusqu’aux terribles ambitions chimiques – jamais mises en œuvre – de l’armée nazie, nous voguons en eaux troubles. Des pistes se dessinent pourtant, assorties de budgets colossaux. Garder la planète viable sera le plus grand chantier entrepris par l’homme: ce pharaonique projet devrait-il en faire partie?

D’autres questions se dessinent, encore plus glaçantes: qu’avons-nous fait des arsenaux nucléaires obsolètes des années 70, 80, 90? Sont-ils en train de se répandre massivement quelque part, nous condamnant à moyen terme en tant qu’espèce en polluant le cycle mondial de l’eau?

Diffusion sur La Une, ce jeudi 27 septembre, à 22h15.

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