Duo au soleil et à l’ombre de la Villa Caprice

Niels Arestrup et Patrick Bruel dans "Villa Caprice". ©Leny Stora

"Villa Caprice" nous propose d’explorer de l’intérieur les méandres d’un scandale politico-financier. Mais c’est surtout le face-à-face Patrick Bruel-Niels Arestrup qui captive.

Comme nous le disait Patrick Bruel, dans notre interview parue en décembre, des scandales politico-financiers, il y en a beaucoup et ce film-ci ne s’attache pas à l’un d’eux en particulier. Au contraire, "Villa Caprice" s’appuie sur un condensé de faits réels où les relations entre le pouvoir de l’argent, le pouvoir de l’État ainsi que le pouvoir judiciaire sont extrêmement intriquées. Pour ne pas dire embrouillées.

Cela se passe en France mais, bien sûr, cela pourrait se jouer ailleurs. Dans "Villa Caprice", l’homme d’affaires, incarné par Bruel, est accusé d’avoir corrompu un ministre et il cherche un bon avocat. Ce dernier, joué par Niels Arestrup, ne se hâte pas de le prendre pour client. Ce qui est intéressant ici, c’est que le scénario s’est inspiré du suicide de l’avocat Olivier Metzner, en 2013.

On ne peut éprouver aucune empathie pour l’homme d’affaires et pas davantage pour l’avocat. Mais le face-à-face Bruel-Arestrup vaut le détour.

"Comment un homme au faîte de sa carrière, riche, influent, en vient-il, sans que rien ne le laisse prévoir, à mettre fin à ses jours", s’est demandé le réalisateur Bernard Stora. S’appuyant sur un scénario, conçu entre autres par l’ancienne chroniqueuse judiciaire du Monde, Pascale Robert-Diard, le film s’intéresse à la manipulation. Comment Fontaine, l’homme d’affaires, va convaincre Germon, le maître du barreau, de le défendre. Et comment ce dernier va manœuvrer, ensuite, pour qu’il soit mis hors de cause…

Odieux personnages

Dans ce film, les personnages principaux sont complexes, quelque peu tordus et plutôt infects. On ne peut éprouver aucune empathie pour l’homme d’affaires et pas davantage pour l’avocat. Mais le face-à-face Bruel-Arestrup vaut le détour. Avec certaines scènes magistrales où le spectateur se délecte. Cependant, la partition d’Arestrup semble avoir été la mieux construite. En effet, à sa palette d’avocat incorruptible s’ajoute sa relation avec son père (interprété par le légendaire Michel Bouquet) et son attirance pour les jeunes hommes bien fichus… Ce sont ces points faibles-là qui permettent de s’intéresser davantage au personnage de l’avocat – jusqu’à la dernière scène que l’on n’avait pas vue venir.

Bande-annonce "Villa caprice"

La Villa Caprice, qui donne son titre à ce thriller, se trouve à Saint-Ferréol sur une colline face à la mer. L’homme d’affaires l’a acquise à un bon prix et c’est l’un des aspects de l’intrigue. Dans cette demeure splendide, qui aurait pu être davantage exploitée, le magnat des affaires reçoit tout le petit monde dont il tire les ficelles. C’est là aussi qu’il retrouve sa femme dépressive, incarnée par Irène Jacob. En tant que spectateur, on se demande effectivement ce que son couple a bien pu connaître comme moments heureux même si cette question n'a pas tellement d'importance. On retiendra simplement que l’on n’a rencontré aucun personnage comblé dans cette histoire.

Thriller

"Villa Caprice"

de Bernard Stora, avec Niels Arestrup, Patrick Bruel, Michel Bouquet et Irène Jacob.

Note de L'Echo: 3/5

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