Espace infini du rêve... en pleine banlieue

Gagarine propose précisément de mettre à bas les présupposés, et de tendre tous ensemble le cou vers les étoiles, à la recherche d’une beauté cachée, et d’un sens rendu.

Voici un rafraîchissant premier film, qui nous propose une version onirique de la réalité des cités…

Youri, 16 ans, vit seul dans un appartement de la cité Gagarine, inaugurée en 1961 à Ivry-sur-Seine, par le célèbre astronome russe. Le but avoué de Youri: réparer l’immense bâtiment croulant avant l’arrivée de l’experte qui va ordonner sa démolition…

Voici le genre de film qui demande qu’on laisse au vestiaire tous ses a priori. Quoi? Un film de banlieue onirique, poétique, décalé? Une sorte de conte philosophique naïf, référencé, et presque apprêté, pour nous dire la fin d’une "banlieue rouge"? Absolument. Parce que le cinéma est aussi le lieu de toutes les libertés. Le contre-pied est bienvenu, dans un contexte où on attendait du réalisme social à la "Les misérables". Ici, les couleurs répondent aux symétries, et la musique aux effets d’optique.

Parce que le cinéma est aussi le lieu de toutes les libertés... Le contre-pied est bienvenu, dans un contexte où on attendait du réalisme social à la "Les misérables".

Résultat: le film a divisé lors de sa sortie en France à la fin juin, entre salut d’une esthétique innovante et "trahison" d’un duo de réalisatrice/réalisateur qui ne sont "même pas du bon milieu". Mais Gagarine propose précisément de mettre à bas les présupposés, et de tendre tous ensemble le cou vers les étoiles, à la recherche d’une beauté cachée, et d’un sens rendu.

Le camp de gitans, l’histoire d’amour si romantique, les trafics de drogue, les allusions aux films d’espace... tous les clichés sont désamorcés par des pirouettes de mise en scène et, comme on partage depuis le début un point de vue presque obsessionnel, la sauce prend. Mention spéciale à la jeune actrice Lyna Khoudri, repérée en jeune étudiante algérienne dans l’un des meilleurs films de 2019 : "Papicha" – rôle qui lui valut le César du meilleur espoir féminin.

"Gagarine"

De Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, avec Alseni Bathily, Lyna Khoudri, Jamil McRaven…

Note de L'Echo: 3/5

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