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Fantastique… et éclectique

Le Bifff présente notamment "La isla minima", un thriller espagnol multirécompensé que tout le monde s’arrache. ©doc

Du 7 au 19 avril, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles accueille le Bifff, notre Festival du Film Fantastique national, avec plus de 100 films… qui ne sont pas réservés seulement aux férus du genre.

Il y a encore 20 ans, le fantastique était un genre mineur, souvent confondu avec l’horreur, voire le gore. Aujourd’hui, le fantastique est partout, et il a conquis un public très nombreux, qui n’est même pas toujours conscient de son amour pour le genre. Que ce soit "Avatar", "Le seigneur des anneaux" et son prequel "Le Hobbit", ou la saga "Twilight", tous les mégasuccès de ces dernières années appartiennent de près ou de loin au plus débridé des genres cinématographiques. Sans parler du gentil petit sorcier britannique aux lunettes rondes, ou des phénomènes plus récents que sont "Divergente", "Hunger Games" ou "Le Labyrinthe".

©doc

Avec le Brussels International Fantastic Film Festival (Bifff), Bruxelles peut s’enorgueillir de posséder l’un des plus importants festivals de cinéma fantastique au monde. Depuis 33 ans, il attire un public toujours plus nombreux (plus de 60 000 tickets vendus l’année dernière). Sans doute les blockbusters précités n’y trouveront pas leur place, les distributeurs préférant tabler sur une sortie "à eux". Mais c’est l’occasion pour tous les fans de découvrir en avant-première de petits bijoux, qui font partie des très nombreux sous-genres. Rencontre avec Freddy Bozzo, l’un des membres fondateurs du festival, responsable de la programmation.

On constate une diversification croissante.
Oui, l’horreur, ce n’est que quelques films, qu’on place à une heure tardive, pour les vrais mordus du genre, vers minuit, l’heure symbolique où l’imagination déborde… Sinon, ce sont des films qui ont trait au merveilleux, à la science-fiction, ou au thriller, qui fonctionnent très bien depuis quelques années. Le fantastique est plus riche qu’on ne le pense: Heroïc Fantasy, tout ce qui est mythologique… Beaucoup de grands réalisateurs tiennent à avoir au moins un film de ce genre dans leur filmographie. Sans parler des spécialistes comme John Carpenter ou Dario Argento. Nous avons d’ailleurs tenu à créer une section, le 7e Parallèle, qui permet aux grands de demain de montrer leur film. Il s’agit d’une sélection plus "art et essai", underground. Des films à la démarche dérangeante, qui ne trouvent pas toujours leur place dans d’autres festivals. C’est comme ça qu’ont commencé David Lynch ou David Cronenberg: avec de l’avant-garde.

Il y a quelques années, vous aviez eu la visite de William Friedkin ("L’exorciste").
Cette année c’est Joe Dante qui sera fait Chevalier de l’Ordre du Corbeau, tout comme Terry Gilliam en 2012. L’auteur des "Gremlins", de "Hurlements" ou de "Piranha" recevra l’accueil qu’il mérite!

"Le cinéma fantastique est plus riche qu’on ne le pense."
Freddy Bozzo
Responsable de la programmation du Bifff

Vous êtes connus pour attirer du beau monde…
On essaie, même si c’est difficile. Les gens repartent toujours enchantés de leur visite, car ils ressentent quelque chose de vrai qui passe avec le public, et avec les organisateurs. Mais il faut d’abord les faire venir: les agents, les obligations familiales, et surtout les tournages, autant d’obstacles que notre équipe doit franchir pour qu’ils arrivent jusqu’à Bruxelles.

Une de vos spécialités: immerger le festivalier par tous les moyens.
Oui, tout est prévu! Les rencontres avec les professionnels, les expositions de maquettes pour comprendre l’envers du décor, les parades de zombies, le concours de maquillage corps, et bien sûr le Bal des Vampires. Tout cela est gratuit, il n’y a que les projections qui soient payantes, car le but est de créer du plaisir et de rassembler.

Le Bifff présente notamment "La isla minima", un thriller espagnol multirécompensé que tout le monde s’arrache. ©doc

Cette année vous avez dégoté la perle rare, que tout le monde s’arrache: un film espagnol…
"La isla minima", qui a gagné pas moins de 10 Goya, les oscars espagnols. C’est un thriller, un film d’auteur, un film engagé, tout à la fois. Le cinéma espagnol est très fort, avec aussi une comédie, "Torrente", qui en est à son 5e volume. Nous proposons également un focus sur le cinéma argentin, un cinéma en pleine forme depuis quelques années. Sans oublier un focus sur Hong-Kong, avec une rétrospective Kung-Fu, et un coup de projecteur sur le très riche cinéma coréen, qui est devenu un des meilleurs au monde pour ce qui est du thriller.

Que faire pour être sûr de passer un bon festival?
Il faut venir sans a priori. Et surtout il faut venir voir plusieurs films, pour se laisser entraîner dans des univers divers. Vous pouvez tomber sur quelque chose qui ne vous correspondra pas totalement, et puis vous pouvez avoir ce frisson qui vous parcourt le jour où vous avez trouvé le film fait pour vous. C’est ce que beaucoup de personnes viennent chercher chez nous: le frisson. Avant, il y avait de la place dans les salles pour toutes les sortes de films. Aujourd’hui, vous avez beaucoup de films "calibrés" qui trustent la majeure partie des salles. Le Bifff, c’est l’occasion de voir ces films différents, souvent excellents, en grand, avec un public, et toute l’ambiance qui va avec.

Le programme complet est disponible ici

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