Festival de Cannes, une Palme d’Or rafraîchissante

"Titane", de Julia Ducourneau, a remporté la Palme d'Or de l'édition 2021 à Cannes. ©Carole Bethuel

Plus de deux ans après sa dernière édition pour cause de période trouble, le Festival de Cannes a enfin pu avoir lieu. Il s’est clôturé ce samedi par le traditionnel palmarès.

Dans l’ensemble, on peut dire que le jury a fait d’excellents choix. En conférence de presse d’après cérémonie, les jurés disaient d’ailleurs n’avoir été d’accord à l’unanimité sur rien, ce qui montre la richesse et la diversité, tant géographique que thématique et cinématographique, de la compétition.

À noter d’abord: le prix Fipresci (prix de la presse) de la section Un Certain Regard, remis la veille et remporté par le film belge "Un monde" de Laura Wandel, magnifique premier film qui fera date.

La cérémonie officielle, ensuite, fut compliquée. Spike Lee, président du jury, a entamé les festivités en annonçant la Palme d’Or. Si les jurés ont tenté de sauver le naufrage, le mal était fait, et les lauréats ont quand même dû attendre la fin pour être récompensés.

Le premier prix remis fut celui de la meilleure interprétation masculine qui est allé à Caleb Landry Jones pour "Nitram", film traitant de la vie du meurtrier coupable de la dernière grande tuerie de masse en Australie il y a 25 ans. Prix entièrement mérité qui ne faisait pas débat, non plus que celui d'interprétation féminine, remis à Renate Reinsve pour l’excellente surprise "Julie (en 12 chapitres)".

Leos Carax est logiquement reparti avec le prix de la mise en scène pour "Annette", tandis que le prix du scénario est allé au film "Drive my car", adaptation de la nouvelle du même nom de Murakami. Le prix du jury et le Grand Prix ont tous deux été remis ex aequo, ce qui est contraire aux règles du festival qui n’autorise qu’un gagnant par prix. Le décevant "Le genou d’Ahed" et l’étrange "Memoria" se sont partagé le prix du jury. Quant au Grand Prix, il a été attribué au surprenant film finlandais "Compartiment 6" et au solide "Un héros" de l’indéboulonnable Asghar Farhadi.

Le grand gagnant, lauréat de la Palme d’Or, fut "Titane" de Julia Ducournau. Ce n’est que la deuxième fois qu’une réalisatrice remporte le prix ultime, mais, cette année, c’était destiné, car les lauréats des autres prix majeurs (Caméra d’Or, prix Un Certain Regard) furent également remis à des réalisatrices.

"Titane" est un film qui divise, mais c’est une proposition de cinéma forte qui fait honneur à ses différentes inspirations, allant de Cronenberg à Ridley Scott en passant par Tsukamoto. Un très beau film de genre, viscéral et radical, qu’on n’attendait pas sur la plus haute marche. Un cinéma d'ordinaire marginalisé qu'il fait plaisir de voir honoré à Cannes.

"Titane" est un film qui divise, mais c’est une proposition de cinéma forte qui fait honneur à ses différentes inspirations, allant de Cronenberg à Ridley Scott en passant par Tsukamoto.

Un marché en demi-teinte

En 2020, le Marché du film s'était déroulé en ligne. C'était d’ailleurs le seul événement lié au festival qui avait eu lieu l'an dernier. Cette année, il s’est déroulé de façon hybride, en ligne et en présentiel. Mais la durée entre le European Film Market, marché du festival de Berlin, et Cannes étant plus importante qu’à l’accoutumée, un pré-marché s'était déjà déroulé il y a quelques semaines.

Autant dire qu’en ce début juillet, on croisait beaucoup moins de professionnels sur la Croisette. La surface du Marché a été considérablement diminuée, et l'on ne trouvait que quelques stands au lieu des longues rangées habituelles.

La formule en ligne semble bien fonctionner et satisfaire les vendeurs et acheteurs, même si, de la bouche de la plupart des participants, il est grand temps que la normalité reprenne ses droits.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés