Henri de Gerlache, l'aventure en héritage

Henri de Gerlache a réalisé deux documentaires sur Vincent Van Gogh: "Le choix de peindre" et "Hollywood au pied du terril". ©Alizé Production

Henri de Gerlache, réalisateur de documentaires, n’est pas n’importe qui.

Sans doute est-ce réducteur de résumer les hommes à leur ascendance, mais dans ce cas-ci, il y a certainement un atavisme dans le goût de l’aventure. Son grand-père, Gaston de Gerlache, a multiplié au cours d’une vie bien remplie les expéditions en Antarctique, avec notamment l’installation de la station d’observation Roi Baudouin. Sans parler de son engagement comme pilote dans la Royal Air Force au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Henri eut d’ailleurs l’occasion d’interviewer son grand-père quelque temps avant sa disparition en 2006, dans le cadre de la réalisation d’un documentaire, "L’Antarctique en héritage". Car le vrai fondateur de la dynastie est à chercher une génération plus haut. Adrien de Gerlache se place tout en haut de la hiérarchie des découvreurs du continent blanc, aux côtés de Roald Amundsen, de Frederick Cook ou de Robert Peary. En 1898, de Gerlache réussissait le premier hivernage en Antarctique. Son navire, le Belgica, restait prisonnier des glaces pendant 13 mois avant de pouvoir se libérer et regagner la Belgique. Avec dans ses bagages d’inestimables données scientifiques, mais aussi le frisson rétroactif des risques encourus…

Henri de Gerlache a lui aussi pris part à de nombreuses expéditions, caméra au poing. Comme celle qui le conduisit, au début des années 2000, sur les toits du monde. L’idée était de couvrir le point culminant de chaque continent. "Les Regards de Sagarmatha" nous narre, par exemple, l’ascension de l’Everest. Mais l’homme s’est aussi fait une spécialité des films sur l’art, avec notamment un docu fiction qui fut rediffusé dans le cadre de l’ouverture du Musée Magritte, "Magritte, le jour et la nuit", en 2008.

Le projet Van Gogh

Aujourd’hui, il nous propose de partir à la découverte des jeunes années de Vincent Van Gogh, grâce à un film qui s’attache surtout à sa vie de jeune homme, et à son séjour en Belgique entre 1878 et 1880 (voir article précédent). "Je voulais savoir ce qui avait pu déboucher sur les années que tout le monde connaît: Auvers-sur-Oise, Saint-Rémi de Provence… Ces moments où il a choisi d’être évangéliste en Belgique. Sa période de transformation… Comment devient-on un génie de la peinture? C’est la métamorphose d’un homme que j’ai voulu raconter."

Outre son travail comme réalisateur, Henri de Gerlache est aussi administrateur d’un cinéma d’art et essai dans le centre de Bruxelles: le cinéma Galeries, dans les Galeries de la Reine. Un engagement qu’il a vu comme "obligatoire" le jour où il a su que ce temple où il avait découvert tant de chefs-d’œuvre était menacé.

Aujourd’hui Henri de Gerlache écrit le scénario de ce qui sera un jour son premier film de fiction. Mais il continue aussi à s’intéresser au documentaire, avec une série sur les arbres remarquables, qui sera visible sur Arte à la fin de l’année, "Histoires d’arbres". "Il ne s’agit pas simplement de filmer les arbres, mais bien le rapport des gens à la nature. Ce ne sont pas des films botaniques, mais des films sur les légendes, et sur ce que ses arbres, souvent votifs, ont à nous transmettre." Rendez-vous est pris.

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