Hippocrate face à la réalité de l'hôpital

©Photo News

Un premier film français très simple et très juste sur le milieu médical et tous les enjeux émotionnels qui s’y mélangent. David Roux, lui-même issu d'une famille de médecins, dirige un Jérémie Renier en grande forme.

"L’ordre des médecins"

Note : 3/5

De David Roux.

Avec Jérémy Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot…

Simon, 37 ans, est pneumologue dans un grand hôpital parisien. Ses journées sont bien rodées, entre les visites aux malades, les réunions d’équipe avec les autres spécialistes, le retour chez soi où on n’a l’impression de ne passer que de très brefs moments. Les patients défilent, jusqu’au jour où sa sœur lui téléphone, paniquée. Le lendemain, c’est sa mère qui est admise dans ce couloir où Simon passe presque toute sa vie. C’est une récidive de cancer, et les choses ne se présentent pas très bien. Simon va alors hanter les corridors, entre sa famille, qu’il faut encadrer, et les collègues chez qui il va collecter un maximum d’informations. Collègues qu’il faudra bientôt motiver: le chirurgien un peu frileux à l’idée d’opérer, mais aussi l’oncologue qui a peur de "charger la barque" avec des séances de chimiothérapie trop lourdes. Simon arrive à mettre un peu d’air dans tout cela grâce à Agathe, la jolie interne dont il supervise le stage. À moins que cela aussi ne vienne tout compliquer?

L'ORDRE DES MEDECINS Bande Annonce (2019) Drame

Distance émotionnelle

Ce premier film n’essaie pas de révolutionner notre perception du milieu hospitalier. Et tant mieux. Ici, l’idée est plutôt de nous immerger, jusqu’au cou, dans le quotidien d’un milieu extrêmement dur émotionnellement, à tel point que tout, pour des questions de survie affective, est mis à distance. Sauf que si le médecin en a le devoir, pour garder la tête froide, le fils, lui, est censé pouvoir céder à ses émotions… D’où une certaine schizophrénie, très bien observée ici.

Un milieu extrêmement dur émotionnellement, à tel point que tout, pour des questions de survie affective, est mis à distance.
Le réalisateur est lui-même issu d’une famille de médecins et s’est inspiré de son expérience familiale pour imaginer ce (presque) huis clos. Il en ressort une impression de vérité de tous les gestes, et de claustrophobie. Physiquement, mais aussi psychologiquement, le spectateur se sent otage, comme le médecin, de ce lieu tant redouté. Car si c’est ici qu’on vous soigne et qu’on vous guérit, c’est aussi ici qu’on vous apprend les pires nouvelles, et que certains devront " refermer leur parapluie".

Au milieu de la trivialité de la maladie, des séquences très pures qui viennent vous cueillir comme à l’improviste: le frère et la sœur qui se retrouvent dans l’appartement familial, la chorale klezmer qui s’invite à l’hôpital parce que la maman "avait envie de chanter", les soirs où les corps s’aimantent après une fête entre médecins – après tout, il faut aussi vivre sa vie…

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