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"I feel good"... ou pas

©doc

Énorme plantage, "I feel good" laissera sur le bord de la route aussi bien les amateurs d’humour décalé que les inconditionnels de Jean Dujardin.

Comédie

"I feel good"

Note: 1/5

De Gustave Kervern et Benoît Delépine.

Avec Jean Dujardin, Yolande Moreau

Comme l’a si bien dit Coluche, l’humour, c’est mieux quand c’est drôle. Le rire est le seul critère qui permette de jauger une comédie. Le rire est personnel, subjectif, et inconstant, direz-vous. N’empêche. Il est des cas où l’absence d’exercice zygomatique est totale. Presque jusqu’à la gêne…

Et pourtant, le tandem iconoclaste Kervern-Delépine nous avait déjà mené au pinacle du rire intelligent, poétique, décalé. Grâce à leur compère Depardieu ("Mammuth"), ou leur autre compère Poelvoorde ("Le grand soir", "Saint Amour"…) ou avec la complicité de toute une bande de joyeux convives toujours prêts à pratiquer l’art de la folie douce (Bouli Lanners, Noël Godin, Michel Houellebecq, Albert Dupontel, ou Yolande Moreau)… À leur tableau de chasse manquait Jean Dujardin, qui les rejoint pour faire le portrait d’un bon à rien qui se rêve chef d’entreprise. Et bardaf, c’est l’embardée.

Jacques (Dujardin) débarque chez sa sœur (Moreau), laquelle gère un gigantesque site Emmaüs. Il n’a plus donné signe de vie depuis des années car il était à la recherche d’une grande idée: celle qui va le rendre (très) riche. Et il n’a pas perdu espoir. En attendant, on le met à l’atelier bois pour ne pas qu’il reste inactif. Grâce à son incroyable sens de la tchatche (autoproclamé) Jacques arrivera-t-il à convaincre les membres de la communauté Emmaüs de le rejoindre dans son audacieux projet: la chirurgie esthétique pour les pauvres?

Bande-Annonce

Rejet épidermique

Faire se rencontrer le monde du capitalisme triomphant (vénéré par un profond paresseux) et celui d’une décroissance assumée (prônée par de vrais travailleurs), l’idée était excellente. Hélas. Pas une seconde la sauce ne prend. Deux présupposés viennent d’emblée décrédibiliser le propos:

→ le personnage de Jacques, écrit comme un nouveau Candide rempli de bonne volonté, est interprété par Jean Dujardin comme un roublard.
→ les travailleurs d’Emmaüs, sous prétexte de pauvreté et de "tronches", sont systématiquement présentés comme des débiles profonds, d’abord raz-du-bonnet, puis subitement sensibles aux propositions aberrantes de Jacques.

©doc

Le sentiment qui se glisse chez le spectateur n’est pas seulement celui d’un manque de connivence avec le film, c’est celui d’un rejet épidermique face à un propos qui dérape. Les bonnes idées comme l’arrivée du protagoniste en peignoir et sandales de thalasso ou l’incroyable richesse comme décor d’un (vrai) centre de tri, sont partiellement gâchées par des formules chocs proposées au kilo, et des gags visuels dignes d’un Benny Hill mal inspiré.

Reste notre chère Yolande Moreau, qui sauve certaines séquences comme l’hilarant dialogue du "petit nez" – où son frère s’improvise chirurgien esthétique pour lui dessiner un nouveau visage. Une scène qui nous laisse entrevoir quelle réussite aurait pu être ce film. Sous d’autres auspices…

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