L'amour au bout des doigts

©rv

Plusieurs conditions sont préalables à la bonne appréciation du film. Si le spectateur accepte d'entrer dans ce triple pacte, le film pourra lui réserver la surprise d'une parenthèse enchantée. 3/5

Une femme ne va pas bien. Enceinte, elle a été abandonnée par son mari magicien, qui a disparu à l’issue d’un tour un peu trop bien exécuté. La voici prisonnière d’une chambre. Mais lui vient un fils, celui du disparu. Il sera invisible, comme il se doit. "Mon Ange", comme l’appelle sa mère, se lie d’amitié avec la voisine, une jolie rousse pianiste, mais aveugle. Pour elle, le garçon invisible existe au moins autant que les autres. Si pas plus… Entre ces deux êtres à part, des sentiments de plus en plus forts vont se développer.

Mon Ange - trailer OV STNL

Plusieurs conditions sont préalables à la bonne appréciation de "Mon Ange". Premièrement, il faut se donner le temps. On n’est pas là pour amortir son passage dans la salle obscure par des rires dus à des gags, ou par des frissons dus à des effets. Ici, on vient pour ressentir, et pour cela il faut savoir se laisser aller… Deuxième condition: être sensible à l’univers onirico-sensuello-métaphysique du couple Jaco Van Dormael/Thomas Gunzig. Cette fois, c’est le premier qui produit et le second qui coécrit, mais on retrouve ce décalage qui rappelle les contes de fée, et qu’on avait apprécié déjà dans "Le Tout Nouveau Testament".
Même si, dans la relecture de la Bible, le décalage était mêlé aux trivialités du quotidien. Pas de ça ici, et c’est la troisième condition: se laisser embarquer dans l’esthétique mise au point par Harry Cleven et sa cheffe op’ Juliette Van Dormael. Un rythme envoûtant, une douceur omniprésente, beaucoup de plans subjectifs où l’on partage le point de vue du héros (pour incarner un être invisible, on nous montre ce qu’il voit)… Beaucoup de plans aussi où les protagonistes (sa mère, son amie Madeleine…) le touchent, le caressent, l’effleurent.
Si le spectateur accepte d’entrer dans ce triple pacte, "Mon Ange" pourra lui réserver la surprise d’une parenthèse enchantée.

"Mon Ange", De Harry Cleven, avec Fleur Geffier, Elina Löwensohn, Maya Dory...

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