L'astre Brad Pitt ne pâlit pas

©@20thCenturyFox

Depuis le succès de "Once Upon A Time In Hollywood", Brad Pitt a retrouvé sa superbe coolitude. En lice pour un Oscar, il pourrait également l’avoir pour ce rôle d’astronaute à la recherche de son père dans "Ad Astra" de James Gray.

"Par des sentiers ardus, jusqu’aux étoiles", c’est de cette devise que vient le titre de la nouvelle œuvre du cinéaste. Connu, notamment pour ses précédents films dans l’univers new-yorkais, Gray signe son premier film de science-fiction. À vrai dire, ce n’est pas à 100% de la SF. L’espace, la conquête spatiale et les enjeux de celle-ci sont, certes présents et soulignés, ils sont surtout le décor mobile, vertigineux aussi, pour une quête humaine. Celle de Roy McBride (Brad Pitt), un astronaute surdoué dont les mérites ont été quelque peu sous-estimés tant la légende de son père, Clifford McBride, authentique héros de la conquête spatiale, était grande et envahissante.

"Ad Astra"

Note: 3/5 | De James Gray. Avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga,…

Mais le père – incarné par Tommy Lee Jones – a disparu des radars depuis seize ans. Roy, son fils, le croit mort. Une mission top secrète amènera le fils "par des sentiers ardus, jusqu’aux étoiles" à la recherche de son père. Il prendra une navette jusqu’à la Lune, puis de la Lune vers Mars et enfin, après des jours et des nuits entiers de pilotage – où il finit seul à bord – vers Neptune. Le seul élément que l’on trouve réaliste et plausible, c’est cette quête du père et au final, cette quête de soi que mène Roy. Un homme, divorcé, sans enfants, qui, régulièrement, passe des évaluations psychologiques, ne se laisse pas déborder par ses émotions et admet qu’il ne parvient pas à s’attacher vraiment aux gens. Un homme dont la voix intérieure passe par une voix off…

Une odyssée humaine

Le périple de l’astronaute l’entraîne donc, d’une étoile à l’autre, et l’amène à croiser des pirates en buggys sur la face cachée de la Lune et des singes fous dans un vaisseau transformé en labo d’expérimentation animale. Ce héros, qui n’a peur de rien, redoute autant qu’il l’espère le face-à-face avec son père. Mais tient-il réellement à le retrouver ou cherche-t-il à s’en affranchir? Et quel pourrait être l’enseignement que Roy tirera de sa rencontre avec ce patriarche égaré et hagard dans l’espace? Voilà bien les questions qui touchent et font mouche dans cette odyssée humaine.

Le jeu de Brad Pitt, tout en retenue et en souplesse, impressionne et montre une autre facette de son talent que dans "Once Upon A Time In Hollywood". On le rapprochera quelque peu de ce qu’il avait proposé dans "Tree Of Life" de Terrence Malick. Le reproche que l’on pourrait faire à "Ad Astra" est la place extrêmement minime laissée aux personnages féminins. Liv Tyler, en ex-épouse de l’astronaute Roy McBride, n’a quasiment pas une ligne de texte et ses deux ou trois apparitions sont presque floutées. Quant à Ruth Negga, en alliée imprévue du héros Roy, elle aurait, elle aussi, mérité d’avoir quelques minutes d’attention de plus.

AD ASTRA - Bande Annonce

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect