La Berlinale a bien lieu (en streaming), en attendant mieux…

Jérémie Renie dans "Albatros". ©doc

Cette année, la Berlinale a dû se résoudre à une édition virtuelle, réservée aux professionnels. Elle sera complétée début juin par un événement en plein air. En attendant l’annonce imminente d’une réouverture, le monde du cinéma prépare le terrain.

La profession ne pouvait pas se résoudre à attendre: il faut en effet dévoiler quels seront les films du printemps à un secteur qui a besoin de carburant pour alimenter la machine (en espérant que les métiers à l’arrêt n’aient pas tous fait faillite d’ici là). Un festival majeur comme la Berlinale est en effet l’occasion pour certains (exploitants de salles, distributeurs…) de faire leur marché, et pour d’autres (vendeurs internationaux et producteurs), de dévoiler leurs pépites. Car n’oublions pas que si les salles sont fermées chez nous depuis le 29 octobre, ce n’est pas le cas partout, contrairement à ce que pourrait faire croire le marasme ambiant (voir encadré). Dans certains pays comme l’Espagne, si les salles sont fermées, ce n’est pas tant à cause du Covid que d’un cruel manque de films à programmer .

Vers un nouveau modèle?

L’idée de cette édition est donc de voir si le nouveau modèle tient la route. Le nouveau modèle? Celui qui fait la part belle aux films européens, pardi. Les grosses pointures américaines, elles, ont besoin de promo, et de salles remplissables selon la jauge maximum, afin d'atteindre leurs objectifs. Pas de ça pour le moment. Et le milieu de se dire qu’un bon petit film européen bien ficelé peut lui aussi occuper le terrain, toucher son public, éviter la faillite à bien des gens, voire décrocher la timbale ("Antoinette dans les Cévennes" et ses 750.000 spectateurs en France, "Corpus Christi" et son million en Pologne…).

Au niveau de la Sélection Officielle, nous voici donc face à 12 premiers films sur 15! Leur point commun: avoir été, pour tout ou partie, réalisés pendant la pandémie. Parmi les identifiés, deux films francophones: "Petite Maman" de Céline Sciamma ("Portrait de la jeune fille en feu"), l’histoire d’une petite fille dont la mère disparaît et qui trouve un alter ego dans les bois. Également "Albatros" de Xavier Beauvois ("Des hommes et des dieux"), avec Jérémie Renier en commandant de gendarmerie qui va accidentellement tuer un candidat au suicide en voulant lui sauver la vie.

Un bon petit film européen bien ficelé peut lui aussi occuper le terrain, toucher son public, éviter la faillite à bien des gens, voire décrocher la timbale.

C’est Hors-Compétition qu’il faudra chercher les stars (présentes donc virtuellement): Jodie Foster (récompensée par un Golden Globe dimanche) et Tahar Rahim dans "Désigné Coupable" ("The Mauritanian"), mais aussi le toujours fantastique Michaël Caine en écrivain ronchon dans "Best Sellers", ou Michelle Pfeiffer de retour et en pleine forme dans "French Exit" – où une riche New-Yorkaise décide de s’installer à Paris avec son grand fils et son petit chat.

Les autres festivals reportés

La suite du programme? Tous les regards sont bien sûr tournés vers Cannes, qui a pris les devants dès le mois de janvier, pour annoncer une édition estivale, du 6 au 17 juillet. Et si le virus ne veut pas, Thierry Frémaux a prévenu: il a des plans B jusqu’en novembre – mais il n’y aura pas deux années de suite sans festival de Cannes, qu’on se le dise.

Plus près de chez nous, le Festival international du Film de Mons (traditionnellement en mars) aura lieu du 21 au 28 mai. Le déjà très décalé Offscreen (Cinéma Nova et Cinematek) aura lui lieu du 2 au 20 juin. Si on ajoute le Brussels International Film Festival prévu depuis toujours du 26 juin au 3 juillet, ça nous fait un joli programme pré-estival…

Bande-annonce "French Exit"

"Entrez, c’est ouvert!"

On a du mal à l’imaginer vu d’ici, mais les États n’ont pas tous adopté des mesures aussi drastiques que chez nous. Voici une liste non exhaustive des pays où les cinémas ont déjà rouvert, avec la date de reprise: Bosnie-Herzégovine (sans interruption depuis le 22/6/20), Bulgarie (5/2/21), Croatie (20/8/20), Espagne (variable selon les régions mais à 40% à cause du manque de films disponibles), Estonie (6/20), Finlande (certaines régions, avec une jauge maximale de… 10 spectateurs!), Hongrie, Kosovo, Luxembourg (13/1/21, avec restrictions d’usage), Malte (22/6/20), Norvège (3/2/21, selon les régions), Pologne (12/2/21, selon les exploitants et les régions), Roumanie (25/1/21, à 30%), Russie (96% des cinémas en activité depuis début 21), Serbie (1/9/20, avec 4 m2 par personne).

En ce qui concerne les gros marchés, la Chine fonctionne, ainsi que la Corée. Aux États-Unis, les règles s’appliquent par état, avec des limites de capacité de salles à respecter. Une vingtaine d’états sont limités à 30%, les autres entre 50 et 69%. Seul le Nouveau-Mexique a actuellement fermé ses salles.

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