La Palme d'or à "Winter Sleep" du Turc Nuri Bilge Ceylan

©AFP

La Palme d'or du festival de Cannes a été attribuéeà "Winter Sleep" du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan, longue dissection psychologique d'un sexagénaire qui règne en maître sur un village d'Anatolie.

La Palme d'or du festival de Cannes a été attribuée samedi à "Winter Sleep" du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan, longue dissection psychologique d'un sexagénaire qui règne en maître sur un village d'Anatolie.

"Cette année, c'est la centième année du cinéma turc, c'est une très belle coincidence", a dit le réalisateur.

La présidente du jury du 67e festival de Cannes, Jane Campion, a regretté samedi qu'il n'y ait "pas assez de prix à distribuer" pour établir le palmarès, et a assuré que "les décisions (avaient) été prises par (nous) tous, ensemble".

"Nous avons été nombreux à aimer de nombreux films, mais nous n'avions pas assez de prix à distribuer. C'est toujours un problème. Nous avons débattu plus longtemps", a ajouté la réalisatrice néo-zélandaise lors d'une conférence de presse, à l'issue de la cérémonie de remise des prix.

Dans un village perdu d'Anatolie centrale isolé par l'hiver, les passions couvent dans un petit hôtel où le riche Aydin règne en maître : c'est le décor planté par le Turc Nuri Bilge Ceylan dans "Winter Sleep", un huis clos psychologique de plus de trois heures qui a obtenu samedi la Palme d'or à Cannes.

"L'intérêt de ce film, c'est son honnêteté brute, sans pitié. Si j'avais les tripes pour être aussi honnête que ce réalisateur, je serais fière de moi", a lancé la présidente du jury Jane Campion.

"Ca m'a fait peur quand j'ai vu la durée du film. Plus de trois heures. Je me suis assise et ce film avait un rythme tellement merveilleux que j'ai été prise. C'est un film vraiment maîtrisé avec beaucoup de sophistication. C'est pour cela que ce film a reçu la Palme d'or". Pour "Winter Sleep" (sommeil d'hiver) Ceylan installe sa caméra dans un petit village de Cappadoce dont les habitations troglodytes attirent les touristes l'été.

Mais les beaux jours sont partis et l'hôtel de Aydin, ancien acteur ayant atteint la soixantaine, est quasi-désert, le laissant seul face à sa jeune femme et sa soeur divorcée.

Le film est dominé par Aydin, interprété par Haluk Bilginer, l'un des grands acteurs turcs, connu aussi des Britanniques pour avoir tourné dans le feuilleton culte Eastenders. Dans ce village, Aydin se voit comme un riche intellectuel éclairé, sorte de seigneur local bienveillant.

En 3h16, Ceylan va minutieusement démonter cette image auto-satisfaite.

Voici le palmarès du 67e Festival de Cannes:


    - Palme d'or: "Winter sleep" du Turc Nuri Bilge Ceylan
    - Grand prix: "Le meraviglie", de l'Italienne Alice Rohrwacher
    - Prix d'interprétation féminine: l'Américaine Julianne Moore, pour son rôle dans "Maps to the stars", du Canadien David Cronenberg
    - Prix d'interprétation masculine: le Britannique Timothy Spall, pour son rôle dans "Mr Turner", de Mike Leigh
    - Prix de la mise de scène: l'Américain Bennett Miller pour "Foxcatcher"
    - Prix du scénario: les Russes Andreï Zviaguintsev et Oleg Negin pour "Leviathan"
    - Prix du Jury ex aequo: "Mommy" de Xavier Dolan et "Adieu au langage" de Jean-Luc Godard
    - Caméra d'or: "Party girl", des Français Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis
    - Palme d'or du court métrage: "Leidi", du Colombien Simon Mesa Soto

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